‹ Les Fleurs de la poésie canadienne [microforme] (volume 2)Chapitre 12 sur 32 · LES LABOUREURS · texte numérisé non relu

LES LABOUREURS

Ne méprisons jamais le sol qui nous vit naitre,

Ni l’homme dont les bras pour notre seul bien-être S'usent à force de labeurs,

Ni ses robustes fils ployés sur leurs faucilles,

Ni son modeste toit, ni le chant de ses filles,

Qui reviennent le soir ave: ;2s travailleurs,

Ils moissonnent pour nous, et les fruits de leurs peines, Blonds épis, doux trésors des jaunissantes plaines, ; Blanches et soyeuses toisons,

Larges troupeaux chassés de leurs oasis vertes,

terre, Toutes ces choses-là ;,ar eux nous sont offertes,

Et c’est avec leur or que nous les leur payons.

rs !

Notre avenir est là ! nos champs gardent le germe

D'hommes propres à tout, au cœur changeant ou ferme, Prenant un bon ou mauvais pli :

Dirigeons vers le bien leur mâle intelligence, blie, | Instruisons-les : savoir, c'est narguer l'indigence,

Et peut-être sauver un peuple de l'oubli.

Il n'est que ce moyen d'atteindre un long bien-être, D’attacher à ce sol fécond qui les vit naitre, Les hommes aimant les labeurs ; De voir leurs nombreux fils ployés sur leurs faucilles, Et d'entendre, le soir, le doux chant de leurs filles naitre, Se mêler à celui des rudes travailleurs,

} bien-être

illes, | LA FENÈTRE OUVERTE lles, ; Traduit de l’Anglais de Longfellow.

lc (1858)

le leurs peines Le vieux logis, muet et sombre, de Ieurs DE na widinis Se cachait sous les tilleuls verts, es plaines,

Et le jour disputait à l'ombre

* Les sentiers de sable couverts.

, vertes,

J'allai m'asseoir sous la fenêtre, Et je dis : ‘ Où donc ètes-vous ?” Mais je n'y revis plus paraitre

D'enfants rieurs aux regards doux.

Auprès du seuil de la demeure, Un chien, gardant leur souvenir,

S'étonnait de voir passer l'heure

Sans qu'aucun d'eux püt revenir.

Son œil où brillait la tendresse,

Cherchait en vain sous les tilleuls

Ses gais compagnons d'allégresse

L'ombre y tendait ses noirs linceuls !

J'entendis gazouiller encore L'oiseau dont le chant familier Tovjours éveillait, dès l'aurore,

Ceux que je ne puis oublier!

Mais la voix des anges que j'aime, Voix qui charmait par ses doux bruits, Ne chantera, douleur suprème !

Que dans les rêves de mes nuits!

31 Ë Et, comme nous marchions ensemble, L'enfant qui suivait mon chemin

Disait : ‘ Oh ! que votre main tremble,

Qu'elle tremble en pressant ma main ?”

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