‹ Les Fleurs de la poésie canadienne [microforme] (volume 2)Chapitre 16 sur 32 · QU'IL FAIT BON D'ÊTRE CANADIEN · texte numérisé non relu

QU'IL FAIT BON D'ÊTRE CANADIEN

O Canada ! douce patrie,

Toi, dont les flots du Saint-Laurent Disent à la rive fleurie

Le nom sonore et bienfaisant,

En voyant ta grande nature,

Pour nous la source de tout bien, Notre cœur doucement murmure :

Qu'il fait bon d'être Canadien !

La grande voix de nos montagnes Qui vibre au milieu des sapins, Et que l'écho de nos campagnes Répète aux rivages lointains ; La fleur de la verte prairie, Pareille à celles de l'Eden, Tout chante à notre âme attendrie :

Qu'il fait bon d’être Canadien !

Quand, sur les tombeaux de nos pères, La brise du soir, en passant,

De leurs vertus calmes et fières

Cueille le parfum odorant,

Elle répand, comme un dictame,

Les souvenirs du temps ancien,

Et chante, elle aussi, dans notre âme :

Qu'il fait bon d’être Canadien !

Là-bas, quand le tonnerre gronde Sur lesrives de nos aïeux,

Loin des orages du vieux monde, Sur nos bords nous vivons heureux ; Et quand nous voyons la tempête Briser monarque et citoyen,

Avec bonheur chacun répète :

Qu'il fait bon d’être Canadien!

2ASTELFIDARDO (1860)

Dans les sombres forèts de la vieille Armorique, Au milieu des dolmens du monde druidique, Avez-vous vu briller le vieux glaive breton ? Avez-vous entendu l'héroïque Vendée,

Terre par les martyrs tant de fois fécondée,

A l'appel de ses fils bondir comme un lion ?

Triste comme Israël exilé de Solyme,

Quand Rome a fait entendre une plainte sublime,

A ces récits navrants dont leur âme s’émeut,

Ces enfants des Croisés, comme autrefois leurs pères Allant des Sarrazins braver les cimeterres,

Prennent leur forte épée en criant: Dieu le veut!

La trompette a sonné l'heure de la bataille.

Au bruit des lourds canons vomissant la mitraille, Comme ces paladins que célébrait Tasso,

Ils font étinceler leur glaive formidable,

Et pendant tout un jour leur ardeur indomptable

A fait trembler le sol de Castelfidardo,

Enveloppant leur mort dans un linceul de gloire,

Ils tombent en léguant leurs grands noms à l'histoire, Comme tombait Roland aux champs de Roncevaux, La victoire, en pleurant, délaisse leurs bannières ;

Car la gloire, fidèle à ces âmes guerrières,

Refuse de la suivre et garde leurs tombeaux !

Pimodan ! à héros digne d'une épopée !

Homme des temps anciens, dont la puissante épée

Pour ceux que l’on opprime a toujours combattu :

Toi, que Rome païenne eût mis au Capitole, Les siècles salüront l’immortelle auréole

Qui couronne ton front, à glorieux vaincu !

Fille des chevaliers, Ô vieille et forte race, Comme aux Jours de Bayard, sans reproche et sans peur, Tu gardes fièrement le drapeau de l'honneur,

Sans craindre les clameurs de la foule qui passe.

Dans cette sombre nuit qui pèse sur nos têtes, Toi seule as retrouvé l'éclat des anciens jours ; Dansles cieux assombris ton nom brille toujours,

Aussi grand, aussi pur qu'au temps de tes conquêtes.

Tu n'as pas oublié les leçons immortelles

Que te donnaient les preux aux grands jours des combats,

Ni les saintes vertus qui marchaient sur leurs pas,

Belles comme la gloire, et comme elle éternelles,

Non, tu n'as pas appris ces funestes doctrines Qui faussent les esprits et flétrissent le cœur, Et qui sèment partout le doute et la douleur

Pour moissonner la mort au milieu des ruines,

Ah! qu'il nous soit permis de chanter votre gloire, O vous, dont les aïeux, en répandant leur sang Pour le nom de la France aux bords du Saint-Laurent,

Ont fait les plus grands jours de notre jeune histoire !

Car ce vieux drapeau blanc aux splendeurs séculaires, Qui vit tant de combats et brava tant de feux, A gardé, confonli1 dans ses plis glorieux,

Le sang de vos aïeux et celui de nos pères,

Ces enfants des Normands et ces fils des Bretons, Que la France a laissés aux rives canadiennes, in chantant les grandeurs de leurs luttes anciennes,

Diront avec orgueil vos exploits et vos noms.

O dix-neuvième siècle époque de mervailles !

Ton génie a créé des forces sans pareilles ; ombats, Ë ue ans ] ;

Tu prends la foudre au cielet la tiens dans ta main;

Prompte comme l'éclair, la vapeur condensée Emporte dans ses bras une foule pressée,

Et détruit pour jamais les longueurs du chemin,

La matière, ton Dieu, t'a donné sa puissance,

Les trésors de son sein et toute sa science ;

Les éléments vaincus s'inclinent devant toi;

Tes marins ont sondé la mer et ses abimes,

Sous tes pieds dévorants les monts n'ont plus de cimes,

n as Lois ’a+r ir out à 1!

urent, Et, glorieux, tu dis: L'avenir est à moi!

Eh bien ! dans l'avenir, ce qui fera ta gloire

Ce n’est pas ce progrès que l’on a peine à croire, Ni tes chemins de fer, ni leurs réseaux de feu : Ce sera la légende, immortelle et bénie,

De ces cœurs pleins de foi qui donnèrent leur vie

Pour le droit et pour Dieu,

Dans vos asiles solitaires, Vous qui priez, vous qui pleure?, Offrant l’encens de vos prières

À l'ombre des parvis sacrés,

D Poe or

Consolez-vous ; bientôt le monde Qui vient d’enfanter ces héros, Reverra dans sa nuit profonde

Resplendir les divins flambeaux.

Foyer de force et de science,

O vieille et sainte papauté,

Qui brilles comme un phare immense De gloire et d’immortalité ;

Malgré les fureurs de la haine, Malgré les peuples ameutés, Toujours ta majesté sereine

Domine les flots irrités,

Bien souvent les rois en délire Frappant la main qui les bénit, Ont voulu briser ton empire Plus solide que le granit.

Ils s'écriaient dans leur démence Renversons ce faible vieillard Qui n’a, contre notre puissance,

Que sa faiblesse pour rempart.

Mais rendus au pied de c° trône Qui brille d'un éclat divin,

Quand ils eurent sur ta couronne

Porté leur Sacrilége main, Ces fiers souverains de la terre, Eperdus, s'arrôtèrent 1à Derrière la chaire de Pierre

Ils venaient de voir Jéhova,

Et quand le vieux monde en ruines Sombrait dans les gouffres ouverts,

Debout sur les saintes collines, Ta voix bénissait l'univers,

Et dans cette nuit sans aurore

Que feront les soleils mourants,

Seule {u resteras encore

Pour former los portes du T

‘Mmps.

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