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LES OISEAUX BLANCS

Salut, petits oiseaux qui volez sur nos têtes, Et de l’aile, en passant, effleurez les frimas ; Vous qui bravez le froid, bercés par les tempêtes,

Venez tous les hivers voltiger sur mes pas.

Les voyez-vous glisser en légions rapides Dans les plaines de l’air, comme un nuage blanc, Ou le brouillard léger que le soleil avide

A la cime d’un mont dissipe en se levant ?

Entendez-vous leurs cris sur l’orme sans feuillage ? De leur essaim pressé partent des chants joyeux : Lis aiment le frimas qui ceint comme un corsage

Les branches du cormier, qui balancent sous eux.

Quand un faible rayon de l’astre de lumière

Brille sur le cristal qui recouvre les bois,

Le doux frémissement de leur aile légère

Partout frappe les airs où sup irent leurs voix. ;

Fuyez, petits oiseaux, dont l'épaisse feuillée Ne peut plus recueillir l'amour comme au printemps; ï Des bouleaux, pour vos nids, la branche est dépouillée,

Et le froid aquilon siffle dans leurs troncs blancs.

Mais l’air est obscurci d'épais flocons de neige ; Leur vol est plus rapide à l'entour de nos toits. Sur la balle du grain s’agite leur cortége

À la grange où bondit le van du villageois.

Oh ! que j'aime à les voir au sein des giboulées Mêler leur voix sonore avec le bruit du vent ! Ils couvrent mon jardin, inondeni les allées,

L Et d'arbre en arbre ils vont toujours en voltigcant.

Quelle main a placé sur la branche qui plie Un perfide réseau sous les traitres appas ?

6? Ah ! fuyez— mais hélas ! j'en entends un qui crie :

Le cruel oiseleur va causer son trépas.

Poussant des cris plaintifs, ils fuient daus la plaine ; Mes yeux les ont suivis derrière les côteaux :

Mais ils avaient déjà le soir perdu leur haine,

Et je les vis encor passer sous mes vitraux,

Ils revinrent souvent butiner à ma porte, Mais de l'arbre perfide ils n’approchaient jamais... Ils repartent enfin ; l’aile qui les emporte

Semble par son doux bruit augmenter mes regrets.

Adieu, petits oiseaux qui volez sur nos têtes, Et de l'aile, en passant, effleurez les frimas ; Vous qui bravez le froid, bercés par les tempêtes,

Venez tous les hivers voltiger sur mes pas.

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