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Vous partez. Et bientôt voguant vers la patrie, Vos voiles salüront cette mère chérie !
On vous demandera, là-bas, si les Français Parmi les Canadiens ont retrouvé des frères.
Dites-leur que, suivant les traces de nos pères, Nous n'oublirons jamais leur gloire et leurs bienfaits.
Car, pendant les longs jours où la France oublieuse Nous laissait à nous seuls la tâche glorieuse
De défendre son nom contre un nouveau destin, Nous avons conservé le brillant héritage
Légué par nos aïeux, pur de tout alliage,
Sans jamais rien laisser aux ronces du chemin.
Enfants abandonnés bien loin de notre mère,
On nous a vus grandir à l’ombre tutélaire
D'un pouvoir trop longtemps jaloux de sa grandeur. Unissant leurs drapeaux, ces deux reines suprèmes Chacune a maintenant une part de nous-mêmes : Albion notre foi, la France notre cœur.
Adieu, noble drapeau ! Te verrons-nous encore ? Déployant au soleil ta splendeur tricolore, Emportant avec toi nos vœux et notre amour,
Tu vas sous d’autres cieux nromener ta puissance. Ah ! du moins en partant laissez-nous l'espérance D: pouvoir, Ô Français, chanter votre retour.
Ces naïfs paysans de nos jeunes campagnes Où vous avez trouvé vos antiques Bretagnes, Au village de vous parleront bien longtemps.
Et quand viendra l'hiver et ses longues soirées, Des souvenirs français ces âmes altérées
Bien souvent rediront le retour de nos gens !
Comme ce vieux soldat qui chantait votre gloire, Et dont, barde inconnu, j'ai raconté l’histoire,
Sur ces mêmes remparts nous porterons nos pas ;
Là, jetant nos regards sur le fleuve sonore,
Vous attendant toujours, nous redirons encore : Ne paraissent-ils pas ?
PaGE 90.—Le Drapeau de Carillon.
Nous citerons ici les deux strophes qui servent d'introduction à ce poème :
Pensez-vous quelquefois à ces temps glorieux,
Où seuls, abandonnés par la France, leur mère,
Nos aïeux défendaient son nom victorieux
Et voyaient devant eux fuir l'armée étrangère ?
Regrettez-vous encor ces jours de Carillon,
Où, sur le drapeau blanc attachant la victoire,
Nos pères s2 couvraient d'un immortel renom,
Et tracaient de leur glaive une héroïque histoire ?
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Regrettez-vous ces jours où lâächement vendus
Par le faible Bourbon qui régnait sur la France, Les héros Canadiens, trahis, mais non vaincus, Contre un joug ennemi se trouvaient sans défense ? D'une grande épopée, à triste et dernier chant,
Où la voix de L'vis retentissait sonore !
Plein de hautes leçons ton souvenir touchant
Dans nos cœurs oublieux sait-il régner encore ?
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Le vieux drapeau immortalisé par les vers du poète, se conserve encore à Québec.
PAGE 672. — Myr Laval, premier évêque de Québec.
Cette pièce fut composée à l’occasion du deux-centième anniversaire de l'arrivée en Canada de Mgr Laval, anniversaire célébré avec grande pompe au Séminaire de Québec, le 16 Juin 1859.
Mgr Francois de Laval de Montmorency, abbé de Montigny, né à Laval le 30 Avril 1623, fut nommé, en 1658, évêque de Pêtrée in parlibus infidelium, et Vicaire Apos-
tolique de la Nouvelle-France. Il arriva à Québec le 16 Juin 1659. Nommé, quelques années après, Evêque de Québec, il se démit de son évêché en 1688 en faveur de Mgr de St-Valier et se retira au séminaire de Québec, qu'il avait fondé en 1665 ct auquel il avait légué tous ses biens. C’est là qu'il mourut en 1708, plein de jours et de
intro- mérites.
PAGE 68.—Caslelfidardo.
Castelfidardo est un village des Etats Pontificaux, annexé au nouveau royaume d'Italie et situé dans les Marches près de Lorette. C'est le champ de bataille où l'armée pontificale, écrasée sous le nombre, succomba le 18 Septembre 1860 pour défendre les Etats du St-Père envahis à l'improviste et sans aucune déclaration de guerre par les troupes de Victor Emmanuel, roi du Piémont.
Le marquis de Pimodan était chef d'état-major de l’armée pontificale sous le général de Lamoricière, Il tomba glorieusement à la bataille de Castellfidardo.
M. L. J. C. Fiset, né en 1827, est protonotaire de la 1e, se ville de Québec.
PAGE 81.—L'aurore boréale.
Cette brillante et heureuse description est extraite d’une méditation poétique composée pour le premier de l'an; elle sert de prélude au poète pour tracer le tableau changeant de la vie humaine,
ième annie de
PAGE 82.—La Chapelle de Tadoussac.
onti- 1658, À pos-
Cette pièce est extraite d’un poème sur Tadoussac, dont le début nous offre cette fraiche description du St-Laurent,
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Bien loin de ses gourbis, sous l'ombre des platanes, L'Arabe au blanc burnous qui suit les caravanes Sur les sables errant, Découvre, moins joyeux, son oasis humide Que les Canadiens, dans la saison torride, Leur fleuve St-Laurent.
À nous ses champs d'azur et ses fraiches retraites, Les îlots couronnés de mouvantes aigrettes, Les monts audacieux, Les arômes piquants que la mer y dépose, Et son grand horizon où votre œil se repose
Comme l'étoiie aux cieux. ,
Tadoussac est un anse située à l'embouchure du Saguenay où elle forme un havre spacieux et abrité contre les vents par une haute ceinture de rochers, Ce fut un des premiers postes fréquentés par les Français pour la traite des pelleteries. Les Jésuites y fondèrent une mis-
sion en 1641; on montre encore l'emplacement de leur ancienne chapelle.
Voici ce que le Père Charlevoix écrivait sur Tadoussac en 1720: ‘“ Ge port a été longtemps l’abord dé toutes les nations sauvages du Nord et de l'Est ; les Français s’y rendaient dès que la navigation était libre, soit de France, soit du Canada ; les Missionnaires profitaient de l’occasion et y venaient négocier pour le ciel. La traitefinie, les marchands retournaient chez eux, les sauvages reprenaient le chemin de leurs villages ou de leurs forêts, et les
ouvriers Evangéliques suivaient ces derniers pour achever de les instruire.”
M. Alfred Garneau est le fils de l'historien. Il est employé dans les bureaux du gouvernement fédéral.
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M. L. Pamphile Lemay, né en 1837, est aujourd’hui bibliothécaire de l’Assemblée Législative de Québec. Ila publié en 1865 un volume d'Essais Poéliques, dont le plus étendu est une traduction de l'Evangéline du poète Américain Longfellow.
Le Cantique du bon pauvre est extrait d'une pièce sur l'hiver, dont le début nous offre ces strophes harmonieuses :
La neige a couronné nos collines brumeuses :
De la campagne au loin l’uniforme b'ancheur Se déroule pareille aux vagues écumeuses Où l'on voit se bercer des voiles de pêcheur.
Au fond de la forêt on entend de la hache Les coups retentissants, sinistres, réguliers,
Puis on entend gémir le grand pin qui s’arrache Et tombe en écrasant un rival à ses pieds.
PAGE 101.—L'Eglise des Hurons.
La vieille église des Hurons de Lorette fut détruite par un incendie en 1862. On fit appel, pour la rebâtir, à la charité publique, et cette pièce fut “ l’obole du poète oublié de la fortune.” L'église vient d’être reconstruite.
Pace 102.—Le Chef Indien et la croix.
Ce fragment épique n’est qu'un extrait d’un long poème sur la Découverte du Canada, sujet proposé au concours de poésie de l’Université Laval en 1867. Le poème de M. Lemay a obtenu la médaille d'or.
On lit au premier voyage de Cartier :
«“ Le vingt-quatrième jour de Juillet (1534) nous fimes faire une Croix haute de trente pieds, et fut faite en pré-
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sence de plusieurs d’iceux (les Sauvages) sur la pointe de l'entrée de ce port (baic de Gaspé), au milieu de laquelle mimes un écusson relevé avec trois fleurs-de-lis, et dessus était écrit en grosses lettres entaillées en du bois: ‘ Vive le Roy de France.” Et après la plantâmes en leur présence sur la dite pointe, et la regardaient fort, tant lorsqu'on la faisait que quand on la plantait. Et l'ayans levée en haut, nous nous agenouillions tous, ayans les mains jointes, l’adorans à leur vue, et leur faisions signe, regardans et montrans le ciel, que d’icelle dépendait notre Rédemption : de laquelle chose ils s'émerveillaient beaucoup se tournans entr'eux, puis regardans cette Croix. Mais étans retournés en nos navires, leur Capitaine vint avec une barque à nous vêtu d’une vicille peau d'ours noir, avec ses troi. fils : in sien frère...et fit une longue harangue, montrans cette croix, et faisans le signe d'icelle avec deux doigts. Puis il montrait toute la terre des environs, comme s'il eût , oulu dire qu'elle était toute à lui, et que nous n’y devions planter cette croix sans son congé.” Cartier raconte ensuite comment il adoucit ce chef par quelques petits présents, et le congédia satisfait, gardant avec lui deux de ses fils pour les emmener en France.
M, A. B. Routhier, né en 1838, est avocat à Kamouraska, Les deux pièces que nous donnons ici de lui, sont extraites d'un poème sur la Découverte du Canada, l'un des poèmes couronnés au concours de poésie de 1867.
Jacques Cartier commence ainsi le récit de son second voyage: ‘ Le Dimanche, jour et fête de la Pentecôte, seizième jour de May, an mil cinq cens trente-cinq, du commandement du Capitaine et bon vouloir de tous, chacun se confessa et reçümes tous ensemble notre Créateur en l'Eglise Cathédrale du dit St-Malo ; après lequel avoir recu fûmes nous présenter au chœur de la dite Eglise
inte de aquelle dessus ‘ Vive présen- ‘squ'on vée en mains regarnotre beau- Croix, 1e vint d'ours ongue ‘icelle es enà lui, ngé."” ef par rdant
aska, raites èmes
‘cond , Seicomacun ir en voir glise
devant Révérend Père en Dieu,
Monsieur de St-Malo, lequel en son estat épiscopal nous d
Onna sa bénédiction ” PAGE 117. Le Canada au XIXème siècle,
‘ Près de trois siècles et demi se sont écoulés depuis le jour où Cartier, du sommet du Mont-Royal, examinait les Cavirons de Hochélaga ; s’il lui était aujourd’hui donné de revoir ces mêmes lieux, avec quelle surprise il centemplerait la belle et grande cité qui a remplacé la bourgade Indienne! Comme il admirerait la vallée du grand fleuve, non plus couverte de forèts, mais se déroulant devant lui
jusqu'aux limites de l'horizon, parsemée de camps, de bourgs et de villages, traversée Far des voies ferrées sur lesquelles glissent avec la vitesse de l'oiseau de long
S Convois de voitures guidés par une colonne de fumée ”
(Histoire du Canada, Ferland.)