PRÉFACE
à À poésie, disait Fénelon, est plus utile et plus sérieuse que le vulgaire ne le croit. On la con-
fond souvent avec l’art d'aligner des hémistiches et d'entrelacer des rimes: mais c'est lui faire injure. Autant l'ombre s'éloigne du corps, autant la poésie diffère de la versification. De ces deux choses, l’une est presque un jeu de mots stérile par lui-même ; l'autre est la fleur la plus exquise de l'esprit avec la forme la plus belle du langage humain. Le froid rimeur se morfond sur des mots, mais le poète a des ailes ; il vole jusqu'ax plus hautes régions de la pensée et du sentiment.
La poésie véritable est digne de tout notre respect ; car elle est chose sacrée, elle vient de Dieu. Les anciens l'avaient pensé. Les chantres épiques, dit Platon (1), ne doivent pas à l’art, mais à une flamme céleste, à un dieu les belles créations de leur génie. Cicéron dit de même des poètes qu'un souttle divin les inspire : divino spiritu afflari (2). C’est ainsi que les maîtres
(1) Dialogue de Platon : Zon, on de la poésie.
(2) Discours Pro Arehid.
ll PRÉFACE
de li sagesse antique contirmaient les gracieuses fictions qui représentaient les Muses, pendant le sommeil du poète, touchant son front d’une baguette d'or et déposant sur ses lèvres des gouttes de miel pur comme l'ambroisie, Lu vérité cachée sous ces Heurs a été proclamée par l'Esprit-Saint lui-même, quand ila dit par la bouche d'un apôtre: One datun optimum el onme donum perfect desursii est, descendens « Patre luininun. (Jacob, FE 17.)
Oui, le doux parler, ce don ravissant qui distingue le poëte, vient de Dieu. En etfet, comment se produit le phénomènc de l'inspiration poétique ? {l naît et se développe d'un vif sentiment du beau qui exalte, transporte l'âme. Or, toute beauté physique où morale n'est qu'un rayon de la beauté incréée, comme une ombre de la gloire divine. Le Verbe qui illumine par la raison tout homme venant en ee monde, reflète aussi ses splendeurs dans les merveilles de Ta nature et les beautés de lordre moral: et quand la présence divine se fait sentir de quelque manière à l'homme, il en éprouve un tressaillement que ia créature seule serait incapable de produire. C’est alors que l'âme du poète, remuée en ses fibres les plus intimes, frémit et vibre comme sous un souffle mystérieux, en méme temps qu'elle est toute pénétrée de lumière et de chaleur: le cœur se dilate, l'imagination s'échautfe et
s'élève: tout objet qui frappe le regard s'illumine, se
Rs
icuses fic- » sommeil te: d'or et ur COoMHNIC été proa dit par im el
endens (l
listingue ] produit ait et se i exalte, OÙ Hio- , COMME illumine e, reflète Aa nature présence »nnme, 1l re seule ‘une du rémit et 1 Iméme de chaaufle ct
nine, se