‹ Les Fleurs de la poésie canadienne [microforme]Chapitre 2 sur 86 · TERME ROSE · texte numérisé non relu

TERME ROSE

PRÉVACE il

transfigure ; un monde nouveau se révèle, où clartés, harmonies, parfums ravissent l'âme et font déborder le chant des lèvres. Tel est le poète : il ressemble à la sibylle antique, qui n'avait de voix et d'orneles que sous le soutfle de son dieu: Deus, vece deus, (Virgile, EÉnéide.)

La poésie vient de Dieu et va à Dieu. I y à au fond de toute âme un ressort secret qui élève l'esprit et le cœur, De là les aspirations vers le vrai, les élans vers le beuu, les généreuses ardeurs pour tout ce qui est grand et sublime, Plus que tout autre, le poète est travaillé par cette force d'en haut. Toutes ses facultés, vive intelligence, ardente imagination, sensibilité exquise, voilà comme autant d'ailes qui l'enlèvent à ln réalité ct le portent vers l'idéal. Pour lui, les beautés les plus vives de la nature et de l'art ne sont qu'un point d'appui pour s'élancer plus haut. Mais où tend ce continuel essor ? Vers le ciel, vers Dieu, vers le soleil — ardens et Lucens — qui luit dans le lointain de l'infini, mais dont un seul rayon, si faible qu'il soit, suffit pour allumer ln flamme sacrée de l'inspiration. On se plaint que le poète est volage ; mais ne voit-on pas que, s'il voltige ici-bas de fleur en Heur sans pouvoir s'arrêter sur aucune, c'est qu'une force irrésistible l’attire, l'entruine plus haut, vers le meilleur et le plus parfait : il tend vers Dieu, même à son insu. Sans doute, il est faible : il peut se lais-

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