‹ Les Fleurs de la poésie canadienne [microforme]Chapitre 34 sur 86 · LA CHAPELLE DE TADOUSSAC (1864) Ï · texte numérisé non relu

LA CHAPELLE DE TADOUSSAC (1864) Ï

tALUT, Ô nuit d'été! rumeurs harmonieuses Si Qui montez de la grève aux collines poudreuses A Qu'un jour Cartier foula !

Salut, humble clocher de l'antique chapelle Qui domine les flots et dont la voix rappelle Les fils de Loyola !

Dis-moi, tandis qu'épris des soupirs de la brise,

De la vague qui pleure et se roule et se brise Au pied de ces talus,

Je crois ouir au loin comine une âme qui prie

Et, montant vers le ciel, parle à ma rôverie L Dis jours qui ne sont plus : |

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Dis-moi, que cherchaient-ils ces bons missionnaires Dont les mains ont béni tes lambris sécukhures 4 L'or ou la volupté ?

Au sivele où nous vivons cesdons plaisent aux hommes: À nous le temps suffit, aveugles que nous SONGS ! Eux ont l'éternité !

“ Longtemps, pareil au lynx à l'œil faux et pertide, “ Le mal, à notre insu, nous 1mposi ses lois ; “ Prions ! prions, enfants des bois !

“ Prions ! laissons le mal aux cruels Iroquois : « Le soleil des chrétiens nous éclaire et nous guide !

“ [] donne leur arome aux fleurs, “ Il enseigne au castor à bâtir ses cabanes ; ‘ Sa parole a séché nos pleurs, “ Sa main verse la paix autour de nos savanes.

“ Plus suave qu'un soir d'été, «“ À ses festins d'amour notre Dieu nous appelle. “ Pour nous, de nos maux attristé, & I] vient chaque matin visiter sa chapelle !

Las “ O Dieu ! c’est toi qui nous soütiens

“ Au fond de nos forûts, dans nos chasses lointaines : “ Qui fais tomber dans nos liens «“ Et les oiseaux de l'air et le gibier des plaines,

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“Toi seul, tu calmes la douleur, Quand la dent de la faim ronge notre poitrine ! “ Souffrir ! c'est encor le bonheur !

€ N'es-tu pas mort pour nous, là-bas, sur la colline ?

“Tes prêtres nous ont enseigné # A craindre des méchants la présence funeste : “ Mais pour eux ton cœur à saioné :

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Pour nous tous, à Jésus, que ton pardon nous reste.

# Pareils à la taupe sans yeux, “ [ls errent dans la nuit au fond de leur ornivre : # Par pitié, fais briller pour eux “ Le plus petit rayon de ta grande lumière !

“ Dieu, descends sur nos coteaux !

“ Viens dans ta magnificence !

“ Pour t’adorer en silence, “ Les tribus, dans leurs bateaux.

“Ont franchi l'espace immense :

“ Dieu, descends sur nos coteaux !”

Plus doux que la chanson des lointaines cascades, Qui grandit, murmure et s'enfuit,

Résonnaïent les accents des naïves peuplades, Montant sur l'aile de la nuit...

Ils s'élevaient encor : la mer impétueuse, Aplanissant son large dos,

Vint mêler sur la plage à leur note pieuse Le chant moins rave de ses flots...

EN Een ame.

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