II
Ces jours sont déjà loin dans la brume des âges Où chantoient et priaient les peuplades sauvages Dans l’anse au sable d'or !...
Leur trace a disparu dès longtemps de ces rives :
Mais on entend, le soir, leurs voix lentes, plaintives, Qui s'éveillent encor.
Elles semblent pleurer le destin de leur race
Qui recule sans bruit, s'amoindrit et s'efface Pour nous céder le pas,
Semblable à ses forêts, naguère si voisines,
Dont le feu dévorant à rongé les racines, Qui ne renaitront pas.
Phare du voyageur, seule au bord de la dune, Leur chapelle à bravé la ruine commune
Et triomphe du temps !
Comme pour annoncer que l'Église de Pierre Jusques au dernier jour bénira de la terre
Les derniers habitants !