‹ Les Fleurs de la poésie canadienne [microforme]Chapitre 55 sur 86 · AU COLISÉE · texte numérisé non relu

AU COLISÉE

CN dit que le boa, le grand serpent d'Afrique, \1)] Quand il est bien repu de chair vive et de SUNY, 5 Sc recourbe ct s'endort d'unsommeil léthargique, En serrant les anneaux de son orbe impuissant,

Quand je te vois gisant sur ton lit de poussière, Tinimense Colisée aux arceaux surannés,

Je me dis que sans doute, Ô grand monstre de pierre, Tu cuves les festins que César t'a donnés !

Hélas lil t'a servi tant de chair virginale, Versé tant de sang pur pour apaiser ta faim, Que tu n'as pu survivre à l'orgie infernale, Et que ton lourd sommeil n'aura junais de tin:

Eternel monument de haine et de luxure,

Je suis à ton aspect tenté de t'exécrer :

Mais le sang des martyrs a lavé ta souillure, Et quand je viens à toi, c'est pour te vénérer :

Je le baise en pleurant ton marbre séculaire,

Et, tremblant de respect, d'amour et de terreur, Je pétrirais mon pain de ta sainte poussière,

Sûr d'y puiser un sang qui me rendrait meilleur :

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