LE NIAGARA
T2 ONDE majestueuse avec lenteur s'écoule :
Puis, sortant tout à coup de ce calme trompeur,
Furieux, et f 'appant les échos de stupeur,
Dans l’abime sans fond le fleuve immense croule,
«a PAST
C'est la chute ! son bruit de tonnerre fait peur Même aux oiseaux errants, qui s’éloignent en foule Da goufire formidable où l'arc-en-ciel déroule
Son écharpe de feu sur un lit de vapeur.
Tout tremble ; en un instant cette énorme avalanche D'eau verte se transforme en monts d’'écume blanche, Farouches, éperdus, bondissant, mugissant ..
Et pourtant, 5 mon Dieu, ce flot que tu déchaines, Qui brise les rochers, pulvérise les chênes, Respecte le fétu qu'il emporte en passant !
RUAND le rude Equinoxe, avec son froid cortège, ] Quitte nos horizons moins inhospitaliers, Sur nos champs de frimas s'abattent par milliers
Ces visiteurs aïlés qu'on nomme oiseaux de neige.
Des graines nulle part! nul feuillage aux halliers ! Contre la giboulée et nos vents de Norvève,
Seul le regard d'en haut les abrite, et protège
Ces courriers du soleil en butte aux oiseliers.
Chers petits voyageurs, sous le givre et lu grêle, Vous voltigez gaiment, et l’on voit sur votre aile Luire un premier rayon du printemps attardé.
Allez, tourbillonnez autour des avalanche: :
Sans peur, aux flocons blancs mêlez vos plumes blan- [ches :
Le faible que Dieu garde est toujours bien gardé !