‹ Les Fleurs de la poésie canadienne [microforme]Chapitre 78 sur 86 · NOBLESSE ET ROTURE · texte numérisé non relu

NOBLESSE ET ROTURE

TN roi lâche, oubliant nos luttes centenaires, J[ Un jour laissa tomber de glorieux enfants

2 Abandonnés ainsi que de vils me Qu'on livre sans remords aux sold

rcenaires

ats triomphants.

Quand le sang de nos preux féconde l'Amérique

Des bords de l’Orégon aux monts du Labr Ce roi, pour rajcunir

ador, sa vieillesse lubrique, Du sang de ses sujets emplit ses coupe

s d’or !

Quand le jeu des tambours et le 1 Dans nos champs étonnés promè

uit des batailles nent leurs concerts, L'orgie épouvantable, enivrant tout Versailles,

Trouble de ses clameurs l'écho du P

arc-aux-Corfs.

Malgré cet abandon, la lutte fut superbe ;

Sur l’héroïsme enfin le nombre l'emporta

Et le peuple martyr, moissonné comme l'herbe, Connut comme le Christ les pleurs du Golgotha !

Alors ceux qui craignaient la verge tyrannique Des vainqueurs insolents, s'enfuirent par milliers: Alors on vit partir la noblesse héroïque,

Les comtes, les barons et les hauts chevaliers.

On les vit S'embarquer sur les flottes anglaises,

Pour aller loin d'ici redorer leur blason,

Et fuyant l'ouragan, hôte de nos falaises,

Chercher un ciel plus doux, un moins sombre horizon,

Les malheureux fuyaient les champs pleins de leur Fatigués et vaincus, ils voulaient le repos... [oloire;

La révolution, méprisant leur histoire, Survint, versa leur sang et dispersa leurs os !

Sur ces rives du moins ils combattaient en braves. Héros, on les voyait combattre des héros,

Tandis que sans honneur, de l'anarchie esclaves, Leur tête a rencontré la hache des bourreaux.

Mais lorsqu'ils nous laissaient. ces nobles fils de France, Pour éviter le joug des Anglais détestés,

Prêts à combattre encor, forts contre la souffrance, Les humbles, les obscurs vaillamment sont restés,

be, th !

que illicrs :

a horizon.

de leur [oloire;

Aves.

VCS,

le France,

france,

restés,

Nous sonimes tous restés, nous fils de la roture, Pour cultiver ces champs noblement défendus, Pour donner à nos morts la sainte sépulture

Et recueillir partout nos vicux drapeaux perdus.

Oui, nous sommes restés pour démontrer au monde Qu'une blessure au cœur peut se cicatriser,

Que notre sang est pur, que le sol qu’i! féconde Peut enfanter des Preux sans jamais s'épuiser.

Oui, nous sommes restés, braves entre les braves, Oui, nous avons subi ln morgue du vainqueur,

Et nous avons brisé de puissantes entraves,

Une fois l'arme au bras, toujours l'espoir au cœur.

Nous nous sommes groupés tous autour de nos prêtres, Ces fidèles gardiens de la foi des aïeux,

Qui savaient affronter nos despotiques maîtres,

La croix sur la poitrine et la paix dans les yeux,

Aussi voilà Pourquoi la superbe Angleterre,

Voyant des Canadiens le sang se ranimer,

À voulu laisser croître en paix sur cette terre

Des bras pour la défendre et des cœurs pour l'aimer.

Voilà pourquoi la France À travers ses orages Salue avec orgueil ce rejeton béni,

Et reconnait enfin sur ces lointains rivages Le France régénéré, le Gaulois rajcuni,

ol ASARIN, grande est ton œuvre et sans tache est D | / Ê [ta gloire.

TS Aussi l'écho puissant d'un siècle qui finit Aux descendants des preux rappelle ta mémoire

Et, fils d'un grand passé, le présent te bénit.

Pourtant nul marbre ici ne redit ton histoire :

Mon regard cherche en vain ton nom sur le granit, Rien ne reste de toi sur ce haut promontoire

Où par surprise, un Jour, l'aigle anglais fit son nid !

Console-toi ! le temps de sa puissante griffe Attaquant sans remords le marbre pur, y bifte

Les grands noms qu'y grava le ciscau du sculpteur. Mais dans nos cœurs tu peux des ans braver l'outrage. Jusqu'aux bornes du temps, sans souci du naufrage, Laisse voguer ta nef, à grand navigateur :

FRANCOPHOBIE

MIS, entendez-vous ? Aïnsi qu'une marée Mugissant sous l'effort de ses flots révoltés,

7 Sur nous se précipite une race exécrée...

Mais ces gens-là sont effrontés !

tache est [ta gloire.

ui finit noire

re :

granit.

son nid !

Fe ifte ulpteur.

l'outrage.

naufrage,

"et À voltés,

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nacre ni ntmt go ss

[ls entament déjà notre plus cher domaine,

Ils avancent par bande ainsi que font les loups,

Sous les yeux vigilants de la louve romaine... —Mais ces gens-là sont des filous !

Prescott, Russell, Essex râlent sous leur contrôle : “

Carleton et Renfrew sont envahis par eux :

Encore une poussée et l'on nous jette au pôle... — Mais ces gens-là sont dangereux !

Comme une tache d'huile on les voit se répandre

Des bords de l'Acadie aux champs américains,

Et ce qu'on leur refuse ils savent bien le prendre... —Mais ces gens-là sont des coquins !

Voyez ces porteurs d’eau ne révant que conquêtes

Nous dire sans facon : Messieurs, déguerpissez !

Is nous faut vos prés verts et vos villes coquettes.., —Muis ces gens-là sont bien pressés !

Dévorés du souci d'être propriétaires, Ces vils envahisseurs viennent en tapinois Avec de beaux écus nous enlever nos terres.

— Mais ces gens-là sont des sournois :

Défendant un par un tous les droits qu'on leur nie, Par des œuvres de paix répondant aux affronts,

Quand nous souftlons la guerre, ils prêchent l'harmo-

[nie. ..

—Mais cos sens-là sont des poltrons !

Qu'on leur jette l'insulte, et que pour les confondre On les traite de gueux, de Chinois, d'étrangers, Il vont droit leur chemin sans môme nous ré- [pondre..

—Muis ces gens-là sont enragés !

Grâce à linique appui de nos lois arbitraires, Ils se disent amis et se font dictateurs ; Pour mieux nous dominer ils nous nomment leurs [freres .….

—Mhis ces gens-là sont des menteurs !

Et pour vous démontrer jusqu'où va leur auduce, En face des vainqueurs ils font les conquérants,

£t se croient tous issus d'une héroïque race...

—Mais ces gens-là sont ignorants !

Is ont des écrivains qui se mêlent d'écrire ;

Non contents de la prose, ils font même des vers!

En sauteux ? en français ? Je ne saurais vous dire... — Mais ils ont donc tous les travers !

[ls ont des orateurs puissants qui ne le cèdent À nul de nos meilleurs, et même, les rusés !

Notre langue et la leur également possèdent...

—Mais ces gens-là sont bien osés !

Sous la verge de Rome et sous le fouet jésuite Se courbent tous les fronts, rampent tous les partis ! Pas un seul n'a pleuré la liberté détruite...

Mais ces gens-là sont abrutis !

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nous rémdre,,

ent leurs frères...

ur's !

duce, unts,

; s vers !

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s partis !

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