‹ Les Fleurs de la poésie canadienne [microforme]Chapitre 8 sur 86 · LES OISEAUX BLANCS · texte numérisé non relu

LES OISEAUX BLANCS

ALUT, petits oiseaux qui volez sur nos têtes,

Et de l'aile, en passant, etfleurez les frimas ; Vous qui bravant le froid, bercés par les tempêtes, Venez tous les hivers voltiger sur nos pas.

Les voyez-vous glisser en légion rapide

Dans les plaines de l'air comme un nuage blanc, Ou le brouillard léger que le soleil avide

A la cime d’un mont dissipe en se levant ?

Entendez- vous leurs cris sous l’orme sans feuillage £ De leur essaim pressé partent des chants joyeux : [ls aiment le frimas qui ceint comme un corsage Les branches du cormier, qui balancent sous eux.

Quand un faible rayon de l’astre de lumière Brille sur le cristal qui recouvre les bois,

Le doux frémissement de leur aile légère Partout frappe les airs où soupirent leurs voix.

Fuyez, petits oiseaux, dont l’épaisse feuillée

Ne peut plus recueillir l'amour comme au printemps ; Des bouleaux, pour vos nids, la branche est dépouillée, Et le froid aquilon siffle dans leurs troncs blancs,

Mais l'air est obscurci d'épais flocons de neige : Leur vol est plus rapide à l’entour de nos toits. Sur la balle de grain s’agite leur cortège

À la grange où bondit le van du villageois.

Oh !'que j'aime à les voir au sein des giboulées Mêler leur voix sonore avec le bruit du vent ! | ! Is couvrent mon jardin, inondent les allées,

Et d'arbre en arbre ils vont toujours en voltigeant,

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Quelle main à placé sur la branche qui plie : Un pertide réseau sous les traîtres appas ?

Ah! fuyez — mais hélas! j'en entends un qui crie :

Le cruel oiseleur va causer son trépus,

Poussant des cris plaintifs, ils fuient dans la plaine ; À Mes yeux les ont suivis derrière les cotcuux : ! l Mais ils avaient déjà, le soir, perdu leur haine, ' Et je les vis encor passer sous mes vitraux. | Is revinrent souvent butiner à ma porte, Mais de l'arbre pertide ils n’approchaient jamais. . À Ils repartent enfin ; l'aile qui les emporte i Semble, par son doux bruit, augmenter mes regrets. | | Adieu, petits oiseaux qui volez sur nos têtes, j Et de l'aile, en passant, effleurez les frimas : : Vous qui bravez le froid, bercés par les tempêtes, 4

Venez tous les hivers voltiger sur mes pas.

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À KeX, GARNEAU js | e : ; és, L'HIVER | (1840) $ | o1LA l'été qui fuit et la feuille qui tombe ! ! YL Pâle et morte sur les gazons.

; È - *. Le vent du nord mugit, la fleur des champs | eunt. i L'écho se tait dans les vallons. [succombe, Déjà les bois ont perdu leur feuillage ; 4 Vers la chaumière accourent les troupeaux, : Car ils ont vu l’hiver sur les nunges, crie : 4 Et le grésil bondir sur les coteaux. Adieu, charmants oiseaux, habitants des bocages, plaine ; Allez vers de plus doux climats.

Puissé-je comme vous fuir le temps des orages d Et de l'été suivre les pas !...

: Mais ils sont loin,—leur suave murmure 4 A déserté les hameaux de nos bords ; ; Seul l’autan mêle au deuil de la nature l ais. î Dans nos vallons de sauvages accords.

grets, : Là-bas, à l'horizon, conne un fantôme immense L'hiver semble couvrir les cieux ; Le vent devant son front roule avec violence | t Les flots épars de ses cheveux ; | tes,

De longs glaçons pendent à ses paupières ; Dans les airs bat sa robe de frimas :;

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Le jour pâlit sous ses regards sévères, Et la tempête enveloppe ses pas. ‘| î

Sonne, lyre fidèle, à mon âme isolée Chante le deuil de nos climats, Vois de l’orme orgueilleux la tête mutilée Qui se penche sous les verglas.

Dans l'air glacé, d'un vol lent et sinistre, Le hibou blanc erre de toits en toits, Et, de l'hiver officieux ministre, Il remplit l'air de sa funèbre voix.

Les flots ont disparu : partout la terre blanche Entoure les sombres forêts :

Du sapin, vers le sol, bus s'incline la branche Que chargent des frimas épais.

Là, la fumée en rapides nuages S'élève et fuit au-dessus des hineaux, Tandis qu'ici de pesants attelages A petits pas font gémir les coteaux.

Dans le fourneau de fonte, au sein de la chaumiere, Bourdonne l’éruble des monts :

Les airs sont obscurcis par la neige légère Qui glisse et monte en tourbillons :

Et le toit crie, et puis dans la fenêtre Le grésil vient sans cesse pétiller.… Mais le vent tombe, et sur le toit champêtre L'astre des nuits se lève et va briller,

En quel autre climat la reine du silence Montre-t-elle plus de splendeur ?

Que j'aime, 6 Canada, la nuit, ta plaine immense

Resplendissante de blancheur !

à FX, GARNEAL ï L'étoile aussi semble cmbraser les ondes :

Comme un géant, l'arbre est seul dans les champs : Non, pas un bruit dans les forêts profondes : Le calme est vaste et les cieux rayonnants, Et peut-être, pourtant, dans cette nuit si belle, Un voyageur las et glacé, Évaré sur sa route, et s'arrête et chancelle : À ses yeux tout semble effacé, Un doux sonnmeil, trahissant sa faiblesse, Vient s'emparer lentement de ses sens, Sonmeil fatal dont la pertide ivresse Dans le plaisir rompt le fil de ses ans.

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