‹ Les Fleurs de la poésie canadienne [microforme]Chapitre 81 sur 86 · MEDITATION · texte numérisé non relu

MEDITATION

AUAND, lassé du travail, J'interroge mon être, } Je crois voir un abime et je reste éperdu :

$ À moi-même étranger, je croyais me connaître. Mon cœur vient défier mon esprit confondu.

Un problème est en moi que je ne puis résoudre. Mon esprit se fatioue à ce rude labeur.

Je puis analyser la matière et Ja foudre,

Mais je reste impuissant en face de mon cœur !

Quand mille sentiments en même temps l'agitent Comme le vent secoue un pauvre nid brisé,

Le caline et le bonheur, hôtes troublés, le quittent, Et de cruels efforts il demeure épuisé.

Qui le fait Lattre ainsi 2 Qui jette dans mon âme Cette sombre pensée où cet éclair Joyeux ?

Au foyer presque éteint qui rallume la flamme

Et qui met ce sourire ou ces pleurs dans mes yeux ?

Quelle main attentive à mes jours éphémères Ü .

Du sillon que je ercuse écarte le chardon,

Sèche mes Yeux rougis par les larmes amèores v la] Et sait me consoler aux heures d'abandon ?

Et ces jours si sereins de piété fervente,

Hélas! si tôt suivis de moments de tiédeur,

La sombre immensité dont l'esprit s'épouvante Et qui d’un ciel lointain me cache la splendeur ?

Ce besoin d’infini qui toujours me torture Et verse dans mon cœur un incurable ennui, Cet espoir d’une vie inconnue et future

Où l'être né du Verbe ira se perdre en lui ?

O mystère profond de la nature humaine !

Perpétuelle nuit d’un abîme inondé !

Sur ses bords dangereux en vain l'homme promène Son flambeau vacillant, son esprit hasardé.

En face du mystère il n’est qu'un seul refuge : Il faut remettre à Dieu le dépôt confié.

Quel que soit notre sort, lui seul est notre Juge : Je mets mon cœur aux pieds du grand Crucifié !

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Li, promène ge :

juge :

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NÉRÉE BEAUCHEMIN

NÉRÉE BEAUCHEMIN

M. NÉRÉE BEAUCHEMIX est né à Yumnach iche, Le 20 février 1851. IL « été reçu médecin en 187, et il exerce dans s& paroisse natale. IL « collaboré à plusieurs revues littéraires et doit publier pr'ochainement un volume de poésies : les Floraisons matutinales,

tchiche, le 1874, et il

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