‹ les Fleurs emblématiquesChapitre 26 sur 54 · LIS *. — MAJESTÉ · texte numérisé non relu

LIS *. — MAJESTÉ

F unité des vanités, tout n’est que vanité.

La trop grande illustration de cette fleur a été pour elle un arrêt de proscription. Cependant sa beauté, son parfum, la mettront sans doute à l’abri des événemens politiques, au

moins dans nos jardins. Nous avons figuré le lis Martagnon , une des plus jolies espèces du genre.

LISERON POURPRE. * — élévation.

Sans appui, je ramperais.

Cette plante , connue sous le nom de volubilis et d’ip>omée ; a des tiges grêles, longues, volubiles , et qui ne se soutiennent qu’à l’aide des arbrisseaux voisins; sa fleur, grande, pourpre, blanche, d’un bleu violacé ou panachées de ces diverses nuances, est belle, mais sans odeur et d’un éclat éphémère. On pourrait comparer ce liseron à certaines réputations littéraires.

LISERON DES CHAMPS. — humilité.

Le mérite modeste reste souvent caché.

La livrée de ce liseron est beaucoup moins brillante; ses tiges courtes sont couchées sur la terre et disparaissent sous les ronces et les chardons ; mais la douce odeur de ses fleurs trahit l’humble modestie de la plante , et quelquefois une main amie la produit au grand jour.

LUNAIRE. — oubli.

Vous m’avez oublié.

La lunaire, aussi nommée oublie , monnaie du pape, est peu remarquable par ses fleurs; mais ses silicules presque rondes ont leur cloison d’une couleur de nacre de perle ar-, gentée et ressemblent un peu à une large monnaie d’argent. On la cultive pour cette singularité.

MANCENILLIER. — fausseté.

Malheur a celui qui se fie a des dehors trompeurs.

Dans les terrains marécageux des pays ; chauds, croît le mancenillier, dont le feuillage,! le port et le fruit ont quelqu’analogie avec le pommier. Les Sauvages se servent de son suc laiteux pour empoisonner leurs flèches. Si un voyageur, trompé par de fausses apparences,! mange un de. ses fruits, il paye bientôt de sa vie son imyirudente hardiesse. On dit même, qu’il suffit de s’endormir sous son ombre pour passer du sommeil à la mort. Du reste, nous croyons qu’on a beaucoup exagéré ses qualités malfaisantes.

MANDRAGORE. - rareté.

Le merveilleux est toujours sur île plaire aux hommes.

Il n’est pas une plante dont on ait plus parlé que de celle-ci; il n’en est pas une que l’on ait moins connue et sur laquelle on ait débité autant de contes absurdes et de faits merveilleux. Les uns, en montrant ses racines desséchées ayant grossièrement la forme de cuisses , ont prétendu qu’elle n’était rien autre chose que le corps de petits hommes souterrains, nommés Mandragores et commis à la garde des mines par les génies. D’autres pré- [ tendaient qu’on ne la trouvait que dans un canton désert de la Chine, et qu’elle poussait des cris lorsqu’on l’arrachait, etc., etc. Enfin les sorciers l’employaientbeaucoup , disait-on, pour composer leurs philtres.

En résumé, toutes ces fadaises sont tombées en désuétude. Cette plante se trouve dans le midi , sur le bord des ruisseaux et à l’ombre des bois , où elle se plaît à étaler ses fleurs d’un blanc purpurin. Prise à l’intérieur elle cause le sommeil et excite un délire furieux.

MARGUERITE DES PRÉS. — m’aimerezvous ?

J'y songerai.

Au bon vieux temps , lorsqu’une noble dame ne voulait ni rejeter ni accepter les vœux d’un preux chevalier, elle couronnait son front de marguerites blanches, ce qui voulait dire i « J’y songerai. »

Aujourd’hui la jeune fille qui, pour la première fois, sent battre son cœur, ne rencontre jamais la marguerite sans avoir envie de la consulter en l’effeuillant. Dans sa superstition d’amour, elle avance une main timide, la cueille, et dit avec appréhension :

« Voyons : il m’aime... un peu., beaucoup...

« Passionnément, et... pas du tout ! ! »

Console-toi, jeune bergère:

La marguerite printanière,

Ainsi que le plus tendre amant Quelquefois ment.

Mais d’autres boutons vont éclore,

Et tu pourras les effeuiller encore.

Aussi ne manque-t-elle jamais de recommencer à consulter l’oracle jusqu’à ce que la dernière feuille lui dise passionnément. Heureux âge !

MARGUERITE REINE ou ASTER DE LA CHINE *. - VARIÉTÉ.

La 'variété amuse toujours , rarement elle intéresse.

On a fait de la reine marguerite le symbole delà variété, parce que, par la culture, on en obtient de mille sortes qui se panachent de toutes les nuances conduisant du blanc pur au bleu et au pourpre foncé. Néanmoins cette plante intéresse peu les grands amateurs.

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