VIGNE.* — IVRESSE
Dans le vin la vérité.
Selon les chrétiens, ce fut Noé qui le premier cultiva la vigne; ce fut Bacchus, selon les mythologistes. Nos savans antiquaires voulant concilier ces opinions et prouver en même temps que le dieu païen et le patriarche juif sont le même personnage, ont trouvé une frappante analogie entre les deux noms. De Bacchus, disent-ils, on a fait par abréviation Bac ch, puis Bach, puis en supprimant Vit , Bac. De Bac on a fait par corruption Boc , d’où est naturellement venu Noc. Or, en changeant le c en é fermé , ce qui n’exige qu’un petit trait de plume, il est clair que l’on a Noé. Donc le mot Noé dérive évidemment de Bacchus.
Et voili justement comme on écrit l’histoire.
La culture de la vigne fut apportée en Europe par les Phéniciens , depuis la plus haute antiquité. Elle se répandit d’abord dans les îles de l’Archipel, puis dans la Grèce, en Sicile, en Italie , et enfin en France par Marseille. Il semblait que la nature lui avait marqué «à Paris ses dernières limites; mais nous apprenons que depuis peu d’années on obtient quelque succès dans sa culture en Écosse et à Varsovie. Dans les environs de cette derniere ville, M.- Lerault , directeur du jardin botanique, a récolte l’année dernière, dans une vigne en plein champ , trois tonneaux d’un vin qui ne le cède guère à celui des bords du Rhin.
Plusieurs législateurs , sans doute buveurs d’eau, se sont déchaînés contre la vigne et le vin , mais nous ne rapporterons point ici leurs cruelles ordonnances, dans la crainte d’affliger le cœur des nombreux amis de la clive bouteille , comme dit Rabelais.
Dans tous les pays l’époque des vendanges est un temps de plaisirs, de fetes et de repos. Peuples , de qui la Marne aime à baigner les champs,
Et de la Côte-d'Or fortunés habitans,
Qu’aux coups de vos maillets vos tonnes retentissent.
Sur leurs flancs arrondis que les cercles s unissent;
Je vois du char vineux descendre vos trésors.
Et la rouge vendange ’eumer à pleins bords.
Castec.
VIOLETTE BLANCHE. — candeur.
La candeur est la franchise de l’innocence.
Cette violette est le symbole d’une âme pure et candide , en raison de sa couleur qui est celle de l’innocence. On la donne aussi comme emblème d’une amitié sincère et durable.
N'attends pas les succès brillans Qu’obtient la rose purpurine.
Tu n’es pas la fleur des amans Mais aussi tu n’as pas d’épines.
Partage au moins qvec ta sœur Son triomphe et notre suffrage;
L’Amour l’adopte pour sa fleur.
De l'amitié sois l’apanage.
Constant Dubos.
VIOLETTE ODORANTE*.— modestie.
Pour vivre heureux il faut être ignoré.
Cette modeste fleur, dont toute l’ambition s’était bornée jusqu’alors à décorer nos bosquets, fut un jour arrachée de sa paisible retraite pour faire allusion à de hautes destinées. De braves guerriers en firent le signe de l’honneur, l’emblème de la fidélité et l’espoir de la gloire française. Mais bientôt, victime du sort, elle fut proscrite et obligée de retourner pour
toujours sous scs buissons épineux. On dirait que la violette n’aime à cacher sa jolie fleur dans les mousses couvertes et ombragées, que pour la faire deviner par le doux parfum qu’elle exhale.
L’obscure violette, amante des gazons,
Aux pleurs de la rosée entremêlant ses dons,
Semble vouloir cacher, sous leurs voiles propices.
D’un prodigue parfum les discrètes délices :
C’est l’emblème d’un cœur qui répand en secret Sur le malheur timide un modeste bienfait.
Botsjolin.
ZÉPHYRANTE ROSE *. — douces