ET CHEZ TOUS LES MARCHANDS DE NOUVEAUTES
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INTRODUCTION
L’ouvrage que je publie aujourd’hui est le fruit des rares loisirs que me laissent les occupations de mon magasin. Selon moi, ce n’est point assez de remplir scrupuleusement les devoirs de sa profession, on doit encore chaque jour réfléchir aux moyens de la perfectionner; tout homme qui n’essaie pas d’élever sa profession, quelle qu’elle soit, à la dignité et à la hauteur de l’art, est au-dessous de celte profession, il est en dehors de la loi de progrès qui régit la nature humaine et qui
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nous commande de tendre sans cesse vers le mieux, vers la perfection en toute chose.
Aucun fleuriste encore, que je sache, n’avait eu l’idée de publier un manuel de son art. Aujourd’hui que le goût des fleurs naturelles se répand et se généralise de plus en plus, il m’a semblé nécessaire de donner aux dames françaises un guide dans l’art de composer les parures et les bouquets de toute espèce. Ce guide sera utile aux dames parisiennes qui voudront composer elles-mêmes leurs parures, et il sera indispensable dans la province, où la profession de fleuriste n’est pour ainsi dire nulle part encore exercée.
J’ai divisé cet ouvrage en deux parties : la première partie traite des fleurs en général, de l’origine des jardins, et des progrès successifs de l’horticulture chez les anciens et les modernes. Puis vient une classification des fleurs chauffées, rangées d’après leur ordre d’apparition pour chaque mois;
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Je parie ensuite des couronnes et autres parures de fleurs naturelles chez les Grecs et les Romains, et parmi nous; puis je décris tous les genres divers de parures, de bou quets de corsage et bouquets à la main, etc., aujourd’hui à la mode. Des dessins faits avec un grand soin par M. Dollct servent d éclaircissement et de complément à ce qu’il pourrait y avoir d’obscur ou d’incomplet dans les explications du texte.
Un chapitre spécial traite ensuite de l’harmonie des couleurs des fleurs entre elles et avec les couleurs des étoffés de la toilette, avec la taille, le teint, etc., des personnes.
La plus douce et la plus agréable occupa tion d’une femme est la culture des fleurs :
j’ai donc cru être utile à mes aimables lectrices en leur enseignant les soins à donner aux plantes clans les appartements.
Cette première partie se termine par ufl
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chapitre sur l’art cle décorer les appartements les jours de bals et de soirées.
La seconde partie traite du langage symbolique des fleurs, généralement très-peu étudié et très-; eu connu de nos dames. J’ai donné les analogies d’un grand nombre de fleurs demeurées jusqu’ici sans symbole, et je me suis efforcé de trouver des analogies plus exactes que celles qui ont paru. J’ai surtout visé à remplacer par les fleurs que nous avons sans cesse sous la main un certain nombre de fleurs étrangères, ou même nationales, qu’il est souvent impossible de se procurer pour la composition des selams.
Maintenant il me reste à implorer l’indulgence de mes lecteurs et surtout de mes lectrices, habitués par nos écrivains à toutes les grâces, à toutes les séductions du style.
Je me suis efforcé d’être clair, concis et correct autant que peut l’être un homme qui
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n’a pas l’habitude de formuler sa pensée avec une plume. J’aurais bien voulu apporter dans la rédaction de cet ouvrage le style élégant et simple à la fois que madame Lachaume emploie dans ses bouquets, mais on excusera, je l’espère, les fautes littéraires qui auraient pu m’échapper, en considération du but utile que je me suis proposé, et surtout si l’on veut bien se rappeler qu’un fleuriste n’est point un écrivain.
Paris, le 20 février 1847.