‹ Les Flibustiers de la SonoreChapitre 33 sur 64 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

YVON, an fond, PIERRE, en sentinelle à la porte do droite,

AMANDA, SANDOVAL, Notables d'Hermosillo.

pierre, repoussant les curieux. Je vous dis qu'on ne passe pas.

SANDOVAL, suivi de notables. Le COllllC ! OÙ est le COmte ?

Nous demandons le comte, nous voulons le voir '

yvon. On vous dit que le comte n'est pas visible en ce moment ; il n'est pas encore jour chez monsieur !

sandoval. Nous sommes les notables d 'ïïermosillo.

yvon. 11 fallait vous faire inscrire hier.

sandoval. A quelle heure pourrons-nous le voir ?

yvon. Pas avant deux heures.

sandoval. Ah !

yvon. C'est comme cela! Nous avons beaucoup d'ouvrage aujourd'hui : monsieur le comte va sonner, dans vingt minutes. J'aurai l'honneur de mettre monsieur au bain; puis, je conférai monsieur, j'épilerai monsieur, je parfumerai mon sieur, je préparerai le thé à monsieur, et monsieur ie prend a en lisant les journaux de France. Vous comprenez bien qu.; nous allons meure un peu de régularité dans notre existence, n'est-ce pas? Nous ne sommes pas des sauvages, n'est-ce pas?'cpmme vous... n'est-ce pas?... des hommes jaune--, v^ris,

Dleus, t que saiS-je?... (Murmures, on entend un coup de pistolet.)

sandoval. Hein ! qu'est-ce que cela ?... qu'arrive-t-il ?

ARTHUR, entrant avec [un panier

Noël ! Largesse au peuple !

pierre. Monsieur Arthur ! Eh! lieutenant, vous ? On ne vous a pas vu depuis hier.

Arthur. Je viens de l'aire des perquisitions et voici mes prisonniers... Je les confie à notre cantinière.

amanda. Un panier de Champagne !

artiiur. Le Champagne, c'est l'avant- garde de la civilisation française !

amanda. Noce complète sur toute. la ligne ! aujourd'hui tout est gratis!

PIERRE, voulant l' embrasser. Alors...

amanda, lui allongeant un soujiiet. On donne même du retour. pierre. Aïe ! la belle main pour vous écrire en bon fronçais une paire de soufflets sur -la figure.

artiiur. Maintenant, mes enfants, buvez à ma santé, je retourne faire mes perquisitions.

pierre. Que cherchez-vous donc avec tant d'acharnement ?

arthur. Ce que je cherche ! Ah ! ça, vous croyez par hasard que j'ai pris ïïermosillo uniquement pour faire delà peine aux Mexicains !... j'ai pris ïïermosillo pour retrouver" Aid ego n de t amanda. L'ingrate Aldegonde !

artjiur. Que voulez-vous...? c'est plus fort, que moi..., je l'aime... t Cet amour-là est un rhumatisme que j'ai attrapé un soir de bal masqué, à l'Opéra.

pierre.. Pardon... lieutenant... mais sans vous offenser... arthur. Quoi ?

pierre. Vous avez pris ïïermosillo... personne n'en doute... cependant le comte y est bien pour quelque chose? arthur. Ça, c'est vrai... il faut être juste !... Ah! mes amis... celui-là... il vous prend d'assaut tout un faubourgavec autant d'aisance et de facilité que j'en mets à prendre une demi-lasse.

pierre. Vous n'étiez pas à l'attaque de l'hôtel du gouvernement... lieutenant...? Nous étions une quinzaine a peine. arthur. Oui.... mais pendant ce temps-là, j'avais cru reconnaître le Mexicain d'Aldegonde... je l'ai "poursuivi... et comme je suis un peu myope... je suis tombé dans une barricade mexicaine.

amanda. Diable !... Eh qu'avez-vous fait?

arthur. J'ai fait.,, ce que vous auriez fait à ma place... j'ai pris la barricade... Voyez-vous, ce sont de bons enfants ces Mexicains.

piiîrre. Figurez-vous... une satanée,., rue... oh ! mais longue., .ià n'en plus finir.

amanda. La rue [de Rivoli... prolongée...?

pierre. Non... ça va toujours en montant.,, ça me rappelle la rue des Martyrs î... en haut l'hôtel du gouvernement défendu par une centaine d'hommes... en bas... nous autres, quinze.., le comte à notre tête, en costume aie soirée... il n'avait pas eu le temps de changer d'habit..", le stik à la

longue..

main... ie cigare aux lèvres... nous avions l'air d'èlre-!à pour nous amuser !... Ah! ça n'a pas été long... une... deux... en avant t... prrr 1... une" volée de perdreaux !... plus personne que le concierge... qui nous a remis les clefs... voilà 1... Eh bien, c'est égal... une ville de quinze mille âmes prise par trois cents hommes... en deux heures... Ça ne manque pas de galbe... nous raconterions cela sur le boulevard qu'on ne nous croirait pas... Eh bien, c'est de l'histoire 1 tous. C'est vrai !... c'est vrai !...

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