SCÈNE III
Les Mûmes, ALDEGONDE.
aldegonde, an loin. Arthur!... Arthur !
artiiur. CelLe voix !... Aldegonde 1... aldegonde. Ah ! merci, mes amis, merci, mais délivre» m h !
tous. De quoi ?
iO
aldegonde. Je gémis dans les fers d'un affreux Mexicain. .. délivrez-moi. — Ah! — J'ai cru que c'était lui !
Arthur. Ah î ça mais, je suis bien bon, je suis là, je vous embrasse, je m'épanche, el j'oublie que vous m'avez quitté pour un million, un misérable million...
aldegonde. Mon million ! rêve !... chimère!... caprice!... illusion!... fantaisie !... fumée !... brouillard!... jeu d'esprit!
Arthur. Et votre Mexicain ?...
aldegonde. Mon Mexicain ?... réalité... affreuse réalité !... Un tigre!... une hyène !... un chacal !... un butor!... II m'enferme à triple verrous !... il me bat comme plâtre!... des coups... et pas de million !...
Arthur. C'est bien fait, femme légère.
aldegonde. Délivrez-moi !
ARTHUR. De ton mari ?
aldegonde. Mon mari, oh, il l'est si peu ! Le gueux m'a trompée !... il m J a menée dans un faux arrondissement... il paraît qu'il manque quelque formalité à notre mariage... aussi quand j'ai su que vous étiez vainqueurs... j'ai songé à vous. Arthur!... mon petit Arthur chéri !...
artiiub. Je suis redevenu sonjpetil Arthur !... ô délire!... — Continue.
aldegonde. Mes amis, je viens vous demander un service.
tous. Parlez, parlez.
aldegonde. Je sais que les Français ont l'intention de réclamer ce matin cinq otages... Eh bien, 'prenez mon Mexicain... Oh quel bel otage, ça. fera !... prenez-le !...
ahtiiur. Oui, je le prends! Il me répondra de sa fidélité à mon égard si elle me trompe, je le lui rends.
ALDEGONDE. Ah ! que tu es beau! (Elle lui tend la main.)
arthur. Alors, tu me rends ton cœur... je suis vainqueur !... nous sommes tous vainqueurs !... Vive la joie!... et en avant le Champagne !... en avant la chanson que nous avons tous chantée à San-Francisco !
ARTHUR, chantant.
Musique de M. Artus.
C'étaient tous des gars hardis De Montmartre et cle Paris J
Qu'importe où le sort îes mène?
Tout est nouveau, tout est beau, L'audace est leur capitaine, L'espuir leur porte-drapeau...
Camarades!
Voilà, comment sont partis Les ilibustiers de Paris.