‹ Les Flibustiers de la SonoreChapitre 50 sur 64 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Les MÊMES, CARMEN qui a repris le costume de don Luis.

carmen. Devant qui m'amenez-vous ?

tigrero. Devant vos juges.

carmen. En vérité, messieurs, m 'expliquerez- vous cette lugubre comédie?

tigrero. Vous avez pris la fuile après l'infâme attentai commis sur notre chef, le comte Horace d'Arrnaneay. On vous 'a poursuivi et l'on s'est emparé de vous sur la roule qui mène au Tépic.

carmen. Je n'ai pas, je pense, à rendre compte de mes actions ou de mes fantaisies.

tigrero. Etrange fantaisie que celle qui vous conseille la fuite le jour même où le comte...

carmen. Messieurs, je sais ce que vous voulez,, je sais pourquoi je suis ici. On a trouvé dans la coupe fatale une bague ouverte et sur celle bague on a lu le nom de Carmen d'Aguilar, avec la date de son mariage, car cette bague était son anneau conjugal. Je passe parmi vous pour être le frère de Carmen, et ma disparition le jour même des fiançailles du comte vous a paru être comme l'aveu indirect d'un crime, vous êtes ici pour me condamner si je suis coupable, je suis ici pour répondre à une accusation. J'y répondrai, mais j'ai d'abord une question à vous adresser.

tigrero. Parlez.

carmen. Le comte Horace a-l-il succombé?

tigrero. Vous savez bien que le suc de l'upas ne pardonne jamais.

CAR M EN, a part. IlÔlaS !

tigrero. Quand nous nous sommes éloignés d'Hermosillo, le comte, de l'aven même dede Sauves n'avait pas une demijournée à vivre! ,1e l'ai vu, mon noble Horace, mon frère, pâle, défiguré, muet, l'œil fixe et l'écume de l'agonie sur les lèvres. Mon frère, mon pauvre frère! Oh! mais lu seras vengé, et c'est moi qui frapperai l'assassin.

carmen. Eh bien, frappe! car je déteste mon crime aulaut que lu le hais, et je ne veux pas survivre à ma victime. FrappejTigrero,'la mort me sera douce, car ma mort expiera ma vie. Ktappe au cœur et lais vile. J'ai honle de moi-même, j'ai besoin d'oublier, j'ai hâte de ne plus souffrir, j'ai soif du repos de la tombe, frappe !

tigrero i Test loi qui l'a tué?

CARMEN. Oui !

tigrero. Pourquoi ?

carmen. Qu'importe la cause du crime.

tigrero. As-iu des complices? nommes-les?

carmen. Mes complices! Àh ! ils sont insaisissables, c'est mon cœur, c'est mon amour, c'est ma vie brisée, c'est mon espoir évanoui... Ah! j'en dis trop! Frappe! mais frappe donc!

tigrero. Compagnons, que décidez- vous de ce misérable 1

tous. Qu'il meure! qu'il meure !

TIGRERO, s'emparant de Carmen. Viens donc, et que 111011

frère soit vengé.

UNE VOIX, à la cantonade. Qui Vive !

UNE AUTRE VOIX. EllVOVé du COlllle.

tous. Le comte !

don luis. Il vivrait !

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