‹ Les Flibustiers de la SonoreChapitre 51 sur 64 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Les Mêmes, CURUMILLA.

tigrero. Curumilla! Qu'ai-je entendu ! tu as dit envoyé du comte Horace d'Armançay?

curumilla. Les poisons indiens sont mortels pour les visages pâles, mais le fils des prairies a surpris les secrets de la nature et, le grand esprit le conseille.

tigrero. Et lu as sauvé mon frère! Et mon frère vivrait?...

curumilla. Le chef a déjà repris le sentier de la guerre. Voici ses ordres.

TIGRERO, ouvrant un papier plié en quatre et lisant. « Compagnons, je suis debout. La mort a passé sans laisser de traces. Je pars pour "retrouver Augela et pour punir le vrai coupable. Quant à Carmen, épargnez-la, car sachez que don Luis c'est Carmen elle-même à qui je pardonne, et que je veuxoublier.» (parié.) Carmen! Carmen! est-ce donc ainsi

que VOîlS l'avez aimé? (Carmen baisse la tète et cache ses pleurs de

ses mains.) Madame, vous êtes libre.

carmen. Puisqu'il vit, je dois vivre et me racheter par le sacrifice et par le dévouaient. Adieu, vous tous, adieu! vous ne me reverrez que si la mort se dresse encore une fois de-

Villll lui. (Elle s'éloigne.)

tigrero. Que Dieu l'accompagne dans son repentir. Et maintenant chef, quelle direction prendre pour rejoindre le comte.

curumilla. Le comte est sur les traces de Guerrero. Il est parti seul avec mon frère le médecin et un autre de ses compagnons.

tigrero. De Sauves et Arthur,, sans doute!

simon. Trois seulement dans une forêt pleine d'embûches, d'Indiens pillards et des hommes de Guerrero 1 II faut à tout prix retrouver le comte et nous joindre à lui... nous sommes six hommes déterminés.

curumilla. Guerrero a cent hommes avec lui. Il a choisi pour camper celle nuit le rancho que vous occupez... je ne le précède que de cent traits de flèches, et Guerrero, le visage pâle aux appétits de chacal, a repris courage. Il veut rentrer dans Hermosillo.

meure, accourant. Une troupe en armes et nombreuse s'approche de ce côté.

tigrero. C'est lui, c'est Guerrero. Mes a mis, nous allons nous disperser et sortir par celle brèche, chacun de nous suivra u\\ des sentiers de l;i forêt, sanss'éloigner de plus d'un milieet faisant ensuite un détour à angle droit sur sa gauche, marchern la valeur d'un quart de mille, puis reprendra la direction de la Roche-Blanche qui esl à cent pas d'ici, de façon a battre toute la forêt par une large circonférence et dans un temps très-court. Le premier de nous qui rencontrera !c capitaine le ramènera. Allez! — Curumilla précède-moi... ton œil devine une piste sous une feuille pliée, dans un brin d'herbe couché, dans le cri lointain d'une panthère qui flaire le vent, il faut trouver Horace, et le détourner de cette recherche

insensée. Viens! (Tons se dispersent et s'éloignent dans la forêt. On voit paraître aussitôt Samloval accompagné de Cornélio et de quelques soldats d'avant-garde.)

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