EN
Hantise
Je rêve les rythmes, les phrases Qui montent dans un vol de feu, A travers le ciel des extases,
Vers le beau, vers le vrai, vers Dieu.
s Les Floraisons Matutinales
Mon oreille éperdue essaie De saisir l'infini concert :
Le son précis, la note vraie,
Euit, revient, et fuit, et se perd,
J'aspire au Ivrisme extatique, Et sur les Ivres aux sept clés Je cherche à rendre le cantique
Des psaltérions étoiles.
J'invoque l'ange et le prophète, Les esprits au vol large et sûr:
Le musicien, le pocte,
Lez chœurs de Fidéal azur.
O désespérante hantise !
O charme du rythme obsessenr!
Quelle est In voix qui S'harmonise
Avec ta céleste douceur,
Hantise
Claviers aux multiples octaves, Où donc les aurai-je entendus Les rires clairs et les pleurs graves
De vos lointains accords perdus ?
Hélas! j'ai beau seander mes meétres Sur le grand mode ionien :
J'ai beau prier les dieux, les maitres
De l'art nouveau, de l'art ancien:
J'ai beau pleurer, j'ai beau me plaindre, Oh! non, jamais je ne pourrai, Je ne pourrai jamais atteindre
Aux divines splendeurs du vrai,
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La chapelle des miracles
Pour couvrir d'ornements divers Les nefs, les chœurs, les tabernacles, Les murs, les voûtes, les pinacles
De la chapelle des miracles,
La chapelle des miracles
Cherchez par l'immense univers Les plus brillantes draperies Et les moires et les soieries
Radieuses de pierreries.
Avec les vases corinthiens Tout pleins de lys et de pervenches ;
Avec les statuettes blanches
it les chandeliers à sept branches, FE
Apportez les Rubens anciens, Les ivoires des basiliques, Les carrares, les pentéliques
Des Buonarottis catholiques.
Apportez-nous, à pleine main, Avec ! > pourpres byzantines, Tout l'or des châsses florentines,
Tout l'argent des cryptes latines,
Qu'un Apollodore romain Forge et cisèle une couronne Digne, Ô glorieuse Patronne,
Du triple éclat qui t'environne.
Qu'un artiste dans les vieux ors Enchâsse la flamme profonde Des plus belles perles de l'onde
Et les plus beaux saphirs du monde,
Tous ces joyaux, tous ces trésors Ne relègueront pas dans l'ombre Ces tristes ex-voto sans nombre
Qui chargent la muraille sombre.
Ce naïf décor éploré, Reliques des pauvres malades, Dans le triomphe des arcades,
Parmi les fleurs des colonnades,
La chapelle des iniracles
Dominant le plain-chant sacré Des Athanase et des Grégoire, Chantent linénarrable histoire,
La grande légende de gloire
De la sainte Anne de Beaupré.