L/C17 9 NAN
“le
HN
Dans le repli d'une anse fraîche
Où tremble le moelleux reflet
D'un clair ciel rose et violet,
Sommeille le bateau de pêche.
Mirages
Sur l'eau qui s'est agatisée, Des le jour, encore endormi, Un vent léger souffle à demi
Par brève et rythmique risée,
Mais la vague & a large moutonne, Et dans les échos réveillés PFoulent déjà les sons mouillés
D'un lourd elapotis monotone.
Eulacant la coque de chône, Les flots aux douceurs de velours Montent, montent, montent toujours,
Le bateau tire sur sa chaîne.
Il semble que le flot attire La barque, et qu'un doux souffle d'air La pousse vers la belle mer
Qui soupire, chante, et soupire,
On croit entendre sur les ondes Des appels pareils aux appels Qui viennent des verts archipels
Où chantent les sirènes blondes.
Au large fleurissent les îles.
Là-bas, sous des ciels toujours beaux, Bleuit le golfe où les vaisseaux
Vont sur des flots toujours tranquilles.
Dès longtemps un rêve me hante :
Je veux, au risque d'y mourir, Au hasard des vagues courir
La mer périlleuse et tentante.
Des voix qui viennent de la grève M'ont dit que les vents sont mauvais.
Je n'écoute rien. Je m'en vais,
Bercé par les rythmes du rêve.
Mirages 95