‹ Les folies d'un grand seigneur (volume 2)Chapitre 11 sur 18 · V:^ LES CITISi^'Tr.ÈS ROUGES · texte numérisé non relu

V:^ LES CITISi^'Tr.ÈS ROUGES

tèrent à la fois les (rails de Palinézeaux.

— Vous auriez celle cruauté?

— Si vous m'y forcez.

— Mais de quel droit, monsieur, feriez-vous noyer cet honorable, cet illus-

tre, ce magnanime gentilhomme?

— Du droit que j*ai de le faire noyer.

--* A qui persuaderez-vous semblable folie ?

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— À tous ceiîx à qui je montrerai ce papier.

Le docteur jeta ua regard ci^àré sur récrit que lui présentait son interlocuteur.

Ses yeux s'agrandirent de moitié, ses lèvres se gonflèrent à toucher son nez.

11 tendit la main à M. Soleil.

~ Oh! je vous demande pardon de vous avoir méconnu.

Sublime! sublime! s'écria-t-il; oh! ph:-|

î"2 ia> •'îr:':!iK^ no!-^;':s.

losophe, tu fais des géants au noral comme moi, par la science, je vais créer des hommes de huit pieds quatre pouces.

— Comprenez maintenant pourquoi j'aurai le droit de rendre M. le duc aux voluptés du bain froid si vous ne lui administrez pas le narcotique dont je vous ai parlé.

— Ecoutez, mon bon, mon excellent M. Soleil (j'ai vu votre nom sur le papier), j*ai maintenant confiance en vous autant que M. le duc lui-même ; excusez-moi de ne pas avoir accueilli vos prescriptions sans examen ; j'aurais dû, sur votre phy-

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sionomie, dans vos yeux, lire la dignité de vo(re caractère, la grandeur de votre mission*

Désormais je suis votre aveugle serviteur, el, si vous le permettez aussi, votre ami.

La main de M. Soleil rencontra celle du docteur, et ils échangèrent une cordiale étreinte.

— Potion somnifère I se dit à lui-môme le sémillant Palmézeaux en cherchant parmi des flacons alignés sur les étagères d'un placard.

— - Voilà.

Dans une coupe de cristal, il versa une liqueur noirâtre...

— Nous disoa:^ trois heures de sommeil.

il mesura la potion avec le soin qu'il eut mis à régler une montre à réveil.

— Ce breuvage no peut produire aucun mauvais effet, n'est-ce pas ?

— J'en réponds sur ma tête, sur mes cheveux blancs; dans trois heures, M. le

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le diic s'éveillera frais et dispos, coQimo il sorlirait de son lit après la nuit la plus bcureuiie.

— Fort bien.

Le docteur Palmézeaux insinua entre les lèvres du duc de NoyaUTreffléan le contenu de la coupe.

. — Consommatum eèt, dit-il.

— Maintenant, il s'agit de déshabiller M. le duc.

— Le déshabiller?

l\ï) LES ciîKv.isr.^ ir'rG::s,

— Entièrement.

— Mais quel est donc votre projet?

— Ahl docteur, docteur ..

— C'est juste, je ne peux pas être initié aux devoirs de votre mission.

Le docteur aida M, Soleil de fort bonne grâce.

Quand l'opération fut terminée, ce dernier le pria d'attendre un instant et sortit pour revenir peu de temps après, suivi de

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quatre hommes que noui avons vus déjà sous ses ordres.

Ces quatre hommes portaient un immense plat d'argent qui aurait pu dignement figurer sur la table d*Ajax ou d'Ulysse.

Des linceuls étendaient leur blanche neige jusqu'aux rebords de son ovale- Un petit édredon garnissait Tune des extrémités.

En apercevant ce plat, le docteur Palmézeaux recula abasourdi.

On y posa It3 duc de Noyal-TrclUéan recouvert de serviettes brodées.

— J'en ai la chair de poule, dit Palniézeaux à M. Soleil. Vous ne pouvez pa

ni'expliquer?. •

Non.

— Cest égai^ je vous adniire et je veu.\: vous prouver mon e-'i'^'^^ ^^ '^^^^^ -^ t^ Cela vous surprendrait si moi, vieillard, préoccupé par la science et qui suis ceii::é vivre hors -^-' monde et ignorer tous les scandales, je vous apprensfs un

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secret qui peut avoir sur M. le dix une influence magiquos

— Docteur, je ne saurais comment vous prouver raa reconnaissance.

— Venez chez moi demain iîàaUn et nous causerons.

A. demain, dit M, Soleil; mais pour aujourd'hui, rn?T^^inn vo:i'^ dois-jc?

— Oh! moiiSicjr! prononça Palmé* zoaux en accompagnant ces paroles diin geste do désinlércssemeni sublime.

IGO LES CliK.MlSKS RUl GliS.

f.es quatre hommes emportèrent le plat où reposait le duc de Noyal-Trefïïéan, et ils le déposèrent dans un spacieux carrosse qui attendait à la porie.

M. Soleil pressa de nouveau la main du docteur, puis il monta dans la voiture qui s'éloigna.

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