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donc installé vaiel chez marJame de Pcrverie.
Il avait la livrée verte avec le galon d'argent, il eut la livrée amaranthe avec le galon d'or.
Parlons de lui, puisqu'il doit tenir la première place dans ce roman.
Il est des enfances heureuses et faciles, toutes couronnées de candeur et d'amour.
Le romancier qui les trouve sur son chemin s'arrête devant elles et se com-
plaît dans leur peinture gracieuse, .bouquet de lumière allumé sans effort sous sa palette, ronde de printemps peuplée de sourires, brouillard naissant éclairé debe^j^ux regards, bleus et doux.
C'est un chapitre ravissant à écrire et que Ton écrit toujours, ne fût-ce que pour retarder le drame et jeter un rayon d'or sur les ténèbres sanglantes de Taction.
— Il est des enfances presque divines, soit qu'elles aient leur nid entre deux jolis bras de femme du monde ou qu'elles soient mangées et barbouillées
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de caresses par les mères du peuple, le baiser tormanl de la mansarde vaut alors le baiser ouaté du salon.
Le même sourire s*éveille à la môme heure sur les riches berceaux tapissés de dentelles et sur les humbles berceaux en osier.
Cest presque la même chanson, vague et somnolente comme les cendres du foyer, qui s'endort à tous les petits chevets blancs, et dont le refrain exoire derrière les rideaux tirés.
^>^ LES CHEMISES ROUGKSJ
Telle ae devait point être l'enfance d'Emile.
D*un monde de religieuses et d'infirmiers, il passa sans transition à un monde de laquais et de valets de chambre. A la tranquillité noire et pieuse de l'hospice, succéda l'agitation grossière de ThôteU Il connut les mœurs de ses compagnons T}rodés à Tépaule comme lui, et il s*effraya de leur bassesse animale et de leur immoralité narquoise ; il sut ce que valaient ces Lafleur de comédie, ces Martin et ces Lisette, avec lesquels il passa son temps à jouer aux cartes, ce qui est la grande
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occupolioii et le pr mier divertissemonf des gens de livrée.
On le roua de coups pendant les premières années jusqu'à ce qu'il se fût fait un poirg à Tégal des plus robustes, apte à la riposte, et qu'il eût appris à casser les bouteilles sur la tête de ses semblables»
Alors on le laissa être ce qu'il voulait être, c'est-à-dire un enfant rêveur, farouche et solitaire.
'Griuiod de la Revnière croyait avoir
^'>2 'us CHEMISES nOUGES*
ticauroup faii pour lui en le j curant d'un hospice pour le mettre dans un ofiice.
Il se trouvait généreux et il s'applaudissait volontiers de ce qu'il croyait êlre un beau trait.
Ses amis l'en avaient chaleureusement félicité.
Lorsqu'il entra chez lui, le petit Emile savait déjà lire et écrire; il ne lui fit rien enseigner de plus, afm de ne pas lui m^-
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pircr des sentiments propres à i'élever a» 'dessus de sa médiocrité.
A riiospice, on lui eût mis un métier entr€ les mains: à roffice, on en fit un désœuvré.
On pouvait en faire pis.
Heureusement ha nature était bonne chez notre héros.
il avait le sens du jujito ut do finjaste.
il V oyait vrai, (?e qui est un don rare et grand.
Mais nul n'était là pour diriger ses qualités et façonner son caractère ; il marchait en aveugle dans la vie, sans but, sans volonté, ayant de l'énergie et lïen sachant que faire, un cœur que personne ne revendiquait et qui lui dévorait sourdement la poitrine de ses flammes ignorées.
Feu lui importait de rester dans le peuple ou d'en sortir, il n'aimait pas plus les maîtres que les valets ; le spectacle de la richesse ne lui avait jamais causé d'iu-
ninie, non pas que son imagination fût .inée, mais elle ne s'épuisait pas en déis frivoles.
Jusqu'à présent il n'avait demandé à la société autre chose que Tim possible : une imille*
Il eût été trop simple pour lui d(^deîîiander tout d'abord des choses qui se peuvent.
Même à tout prendre, il se trouvait plus à son aise dans les ranis obscurs du peuple, où il pouvait du moins cacher sa tête pleurante sans être vu.
Sa fougueuse iiicaiiadc au soiipei de Grimod de la Reynière venait plutôt ('un iustinct de révolte que d'une idée d*irnbiiion ou d^envie^