III. — DÉLIRE D’INTERPRÉTATION DES DÉRIDES
Un cerveau trop invalide est incapable de systématiser un délire. Petren admet l’existence, dans l’imbécillité, d’une forme rudimentaire de paranoïa, caractérisée par des idées délirantes vagues, non systématisées, sans hallucinations.
Dans la débilité mentale, le délire d’interprétation porte l’empreinte des lacunes intellectuelles du sujet. Pauvres et plus ou moins stéréotypées, les interprétations apparaissent particulièrement absurdes ; ce sont très souvent des affirmations non motivées ou défendues par de puérils arguments^. Les mégalomanes ne s’embarrassent d’aucune impossibibté : l’un se déclare empereur universel, l’autre fils de Dieu. Bien différents^des variétés précédentes, ils satisfont aisément leurs prétentions, s’affublent d’oripeaux chamarrés de décorations fantaisistes. Par leurs allures et leurs conversations ils sont la risée de leur entourage auquel ils se contentent d’infliger des châtiments imaginaires. Pourtant si la discussion est superflue avec eux, la plaisanterie peut être dangereuse, car ils ont parfois des colères subites et deviennent violents (Voir obs. XIX).
1. Notons cependant que des malades intelligents peuvent parfois émettre des interprétations absurdes ; ce dernier caractère n’est donc pas suffisant pour diagnostiquer la variété dite des débiles.
VARIÉTÉS