‹ Les Fonctions d'Interne: Dans les Asiles Publics d'AliénésChapitre 13 sur 15 · CONSTATATION DES DÉCÈS · texte numérisé non relu

CONSTATATION DES DÉCÈS

Il peut paraître étrange que nous consacrions une

tête de chapitre spéciale à ce sujet. Il semble en effet

-que la constatation des décès n'ait rien de spécial à :-

l’asile, puisque dans les hôpitaux également aucun corps n'est enlevé avant que la mort ne soit dûment constatée. La raison de cette constatation dans les hôpitaux est la nécessité de s'assurer qu'on n’est pas en présence d’un état de léthargie ou de mort apparente.

Les internes qui entrent en fonctions dans un asile s'imaginent volontiers que le motif de cette prescription est de même ordre dans ces établissements. Il est assez naturel de penser que les risques à cet égard sont en effet un peu plus grands étant donné les phénomènes de catalepsie qu'on peut observer chez les aliénés. Toutefois le danger d'erreur reste très limité. Il en résulte trop souvent que les internes signent les permis sans

aller contrôler directement la mort. Nous pensons qu'ils n'agiraient point de même, s'ils connaissaient d’autres motifs de la conduite qui est ainsi recommandée.

L'article 66 du Règlement de 1857 porte qu'ils doivent non seulement constater la mort, mais se rendre compte à cette occasion de l’état extérieur du corps. En d’autres termes, ils doivent non seulement constater la mort, mais chercher à reconnaître si elle est bien de cause naturelle. Il est à craindre par exemple qu'ils soient amenés à constater le décès d’un malade qui s’est suicidé, mais dont le suicide aura passé inaperçu du per: sonnel. Tel malade aura par exemple pendant la nuit avalé une éponge et on le trouve mort au matin sans que nul ait été prévenu, ou, chose encore plus grave, le suicide peut avoir été dissimulé par des infirmiers coupables de négligence et désireux de le voir passer inaperçu. L'interne de service aura donc soin de faire découvrir le cou du malade afin de s'assurer qu'il ne porte pas de traces de strangulation ou de pendaison, il découvrira également la région précordiale et s’enquerra, d’une manière générale, de toutes marques suspectes.

Enfin des infirmiers peuvent se livrer sur des malades à des brutalités capables de provoquer la mort. On n'oubliera pas de s'assurer que le malade ne porte aucune trace de coups.

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