I. — Documents
Les documents que recueillera l’interne seront de plusieurs espèces 1° Examen du malade à son entrée.
ot
2° Interrogatoire des personnes qui amènent le ma-
3° Notes sur l’interrogatoire du médecin.
4 Examen direct du malade.
5° Interrogatoire des parents.
6° Notes diverses.
En outre il utilisera :
‘1° Le dossier du malade.
2° Les notes qu'on a l'habitude de demander aux infirmiers dans chaque service. ,
9° Les lettres. 6
1° Examen du malade à son entrée
L'interne de garde doit voir tout malade qui arrive. Il né s’agit pas là d’un examen complet, mais d’un examen sommaire el en quelque sorte somalique. Qu'il en con-
signe toutefois les résultats. Le but de cet examen n’est
pas en effet de concourir à l’observation proprement dite, mais de permettre de remplir les premières indications d'urgence. Il serait à souhaiter que cette première fiche soit remise au rapport de la contre-visite avec la note habituelle.
Rappelons brièvement les nn qu'il convient derelever à ce moment :
L'état de propreté du malade.
On s’assurera qu'il n'est pas atteint d’une affection parasitaire quelconque, la gale par exemple, afin d'éviter ‘une dissémination d'autant plus facile qu’à Fasile les voisins du malade se défieront moins.
L'examen attentif d'une éruption possible préviendra la contagion.
On relèvera soigneusement les plaies ou les contusions, leur localisation, leur nombre, leur aspect, leur date probable. RER
infin, d’une manière générale, on notera toutes les constatations relatives à l’état physique de lentrant pour lui donner immédiatement les soins qu'il réclame.
, &° Interrogatoire des personnes qui amènent le malade
Il existe deux modes de placement : le placement d'office et le placement volontaire. ne
Dans les conditions ordinaires, la première précaution est de s’assurer de l'identité du malade et de demander son nom.
Parcourez ensuite le certificat médical de placement. Vous y trouverez, parfois, le nom de la maladie, puis l'énoncé de quelques symptômes et, ce qui ést immédiatement important, les principaux actes déjà commis par . le malade : violences, refus d'alimentation, tentatives de suicide... Vous préviendrez alors l’infirmier des réactions dont il aura à se défier.
Pour le placement volontaire, le malade est amené par ses parents.
On peut être, alors, tenté de les interroger sur leur malade et sur l’histoire de son affection. Les conditions à ce moment ne sont toutefois pas très favorables. Les parents sont alors le plus souvent dans un état d'émotion qui ne leur permet pas de bien rassembler leurs souvenirs. Toute leur attention est prise par la séparation prochaine. Ils écoutent avec distraction des questions qui leur paraissent même souvent presque indis-
crètes. L’atmosphère ne convient pas à une étude soi-
gneuse. Il est préférable de se borner à quelques ques- bions, les mêmes que lon poserait si le malade était amené par un infirmier quelconque.
Demandez d'abord pourquoi on n'a pas tout simplement gardé ce malade à l'hôpital? Etait-il tuburlent ? Et comment se manifestait sa turbulence? Menaçait-il ses voisins ? Les a-Lil frappés ? Ou bien pleurait-il et disaitil qu'il valait mieux en finir et se tuer? A-til essayé de le faire, et comment? A-t-il eu des accidents convulsifs? Comment dormait-il ? ete... | Pourquoi, d'autre part, était-il à l'hôpital ? Quelle maladie avait-il ? | S'il s’agit d’une femme, informez-nous en outre si elle ne venait pas d’accoucher récemment.
Ces renseignements sont urgents à connaître. On les obtient sans peine. Il faut remettre à plus tard un interrogatoire plus soigné en fixant au besoin un rendez-vous.
3° Résumé du premier interrogatoire médical
Le médecin qui voit un entrant ne se propose pas d'en faire une observation complète. IL ui faut avant tout reconnaître si lindividu est réellement aliéné. Il cherehe quelques symptômes de son aliénation et quelques-unes des réactions qui motivent le placement, afin d'éviter une séquestralion arbitraire et de pouvoir établir son certificat administratif. Quelques médecins s'efforcent en outre de parvenir à une précision plus orande et de fixer leur diagnostic. Mais ce souci n’est
pas constant à ce moment: d'une part, il n'apporte souvent que peu de chose de plus au traitement; d'autre : part, certains tiennent les classifications pour si artifi-
: — 24 — ficielles qu'ils estiment inutile tout travail ayant pour effet de faire entrer un cas particulier dans un cadre déterminé. Quoi qu'il en soit, il s’échange là une attitude et quelques paroles. L’interne les consignera en passant.
4° Observation proprement dite
Voici le chapitre de beaucoup le plus important pour nous. Tout le reste ne constitue guère que des travaux d'approche; un premier aspect du malade à l’occasion des premiers contacts.
Nous diviserons cette partie en deux chapitres conformément à l’usage classique : Examen mental et examen physique.