EXAMEN MENTAL
Ge sont les questions à poser qui en général embar-
rassent l’étudiant. Voilà un plan de conversation qu'on nous à recommandé.
La conversation doit comporter une e enquête complète
sur les sujets suivants:
1° Il faut faire connaissance avéc le malade: On posera donc un interrogatoire d'identité:
— Monsieur ?
— Vous vous appelez ?
— Votre prénom ?
— Et quel âge avez-vous ?
— Pouvez-vous me donner votre date de naissance ?
On explorera de même l’hérédilé :
— Avez-vous encore vos parents ?
— Votre père vit-11?
— El sinon de quoi est-il mort ?
— À quel âge est-il mort?
— Ya-t-il longlemps que vous l'avez perd ?
— Quel mélier faisait-il ou fait-il ?
— Buvail-il ou boit-l ?
— A-t-il été placé dans une maison d’aliénés ?
Mêmes questions ensuite relativement à la mère de notre malade. Puis on passe aux frères et sœurs
LENS AT-R SE Sc M2 VE ARRETE EE VE RE EE Sante
.— Etes-vous seul d’enfants ?
__ Combien avez-vous été ?
Etc, etc.
ILs’agit de fixer avec le plus de précision possible l'entourage, le milieu familial où le malade a vécu, à
2 Vie personnelle du malade :
— Est-il allé à l’école et jusqu'à quel âge ? — Fréquentait-il l’école régulièrement ?
“— Etait-il bon élève ?
— À-t-il obtenu le certificat d’études ?
— Après l’école qu'a-t-il fait ?
et vous passez en revue les différentes hypothèses possibles.
— Est-il resté chez ses parents ? a — À-t-il été placé ?
— Quel métier a-t-1l fait ?
— A-t-il fait plusieurs places ?
— Combien gagnait-il dans chacune ?
S'il s’agit d’un homme, le temps du service militaire sera l’objet de quelques questions.
Enfin vous abordez la question du mariage :
— A quel âge et à quelle date a-l-il eu lieu ?
— Que faisaient le mari ou la femme ?
— Y a-t-il eu des enfants ?
— Comment furent-ils élevés ?
— Que font-ils à présent ?
3e Maladie actuelle. — Une première question préalable :
— Est-ce la première fois que vous venez dans une maison comme celle-ei ?
Relativement à l’histoire de la maladie et à l’état actuel, il est nécessaire que l'étudiant soit prévenu de ce qu'il doit chercher.
On se préoccupera d’abord de la date de l’arrivée. On établira les circonstances dans lesquelles elle s’est pro- duite. C’est une enquête facile à mener.
— Qui vous a amené ?.
— D'où veniez-vous ?
— Quelle explicalion vous a-t-on donnée ? etc.
En second lieu, le malade a-t-1l conscience de ses troubles ? Si oui, la tâche peut être évidemment très simplifiée.
- — Etes-vous souffrant depuis quelque temps ?
— Que ressentez-vous ? etc.
En troisième lieu on interrogera la conduit du malade pendant ces derniers temps et par là nous supposons des questions sur [es sujets suivants:
1° Le mélier ou le ménage.
Le métier.
— À quelle époque avez-vous cessé votre lravail? (Faire préciser : avec soin la date). |
— Pouquoi l’avez-vous cessé? Vous a-t-on renvoyé de votre place, où l’avez-vous quittée spontanément ?
— Vous avait-on fait des reproches sur la façon dont vous travailliez (faire expliquer par le malade le travail qu’il faisait, imaginer les fautes possibles ‘et lui demander s'il les commeltail), etc, ;
Le ménage.
Passer en revue les différentes occupations d’une femme dans sa journée (soins de sa personne, soins de sa maison, marché et commissions, repas, surveillance des enfants, etc.), el se rendre compte comment ces occupalions étaient accomplies.
2° Les emporlements.
Demander, s'il y a eu des discussions, des scènes de violence, soit avec les proches ou l'entourage immédiat ou avec les voisins.
3° Le suicide.
4 Les fuques.
Enfin 1l y a des symptômes qu’on doit reconnaître en passant ou qu’on peut interroger directement.
Les idées délirantes.
Les hallucinations.
Les troubles du sommeil.
On trouvera dans tous les ouvrages classiques la liste et la description de ces différents troubles. Empruntons en outre à titre d'exemple au livre de M. Chaslin quelques-unes des questions qu'il recommande:
a) Idées de persécution.
-— Vous avez des ennemis qui vous ont joué un tour?
— (Ou bien). Est-ce que vous soupconnez quelqu'un de vous avoir fait enfermer ?
— Est-ce que depuis longlemps vous aviez remarqué quelque: chose de particulier dans l'attitude des personnes dans la rue (ou de telles ou telles personnes)?
— Est-ce (donc) qu'il y a des gens qui vous en veulent?
— Est-ce qu’on (ou telle ou telle personne) vous a dit des injun ? | |
— Est-ce qu'on a essayé de vous nuire en vous électrisant la nuit, en vous lançant des courants avec des appareils spéciaux ?
—— Est-ce qu'on a essayé de vous empoisonner ?
— Qu'est-ce qu'on (ou ils ou elles) vous ont dit?
— Qu'est-ce que vous entendez?
— Des coups de fusil, de revolver? etc... Des bruits, des cris, des injures, des menaces, elc...
— Quand? (la nuit, le jour).
/ — 29 — à — Depuis quand ?
— Où (dans la rue, chez vous, iei, etc...) ?
— Sont-ce des dialogues, des conversations ? — Sont-ce des voix d'homme ou de femme?
— À voix haute, basse ?
= Lom, prés?
— D'où partent ces voix ?
— Comment arrivent-ges Jusqu'à vous ?
— Répètent-elles ce que vous pensez ?
— Est-ce qu'on vous prend votre pensée ? etc.
— Qu'est-ce qu'on vous fait?
— A-t-on mis quelque chose dans vos aliments ?
— Vous lance-t-on de mauvaises odeurs?
— Qui fait tout cela ?
— Pourquoi vous fait-on {out cela? :
— Est-ce que personne ne prend volre défense? n'intervient pas contre vos ennemis ? en faisant quoi, où, quand, elc...?
b) Idées de grandeur.
— Est-ce que vous seriez appelé à une haule destinée (el c’est pour cela que vous avez des ennemis) ?
— Etes-vous chargé d’une mission ?
Etc., elc. e
c) Idées d'aulo-accusation, de déchéance, de ruine.
— Est-ce que vous avez quelque chose à vous reprocher ? Avezvous commis une faule?
— Quelle ? (faire détailler) — Où, quand, comment ?
— Pourquoi?
— Que va-t-il vous arriver ? - — Craignez-vous un châtiment ?
— Lequel ?
-— Où, quand, comment, etc.
— Etes-vous déshonoré, indigne, ruiné, perdu ? — Avez-vous causé la ruine des vôtres, elc.... etc.
d Idées hypochondriaques.
— Etes-vous bien portant?
© Votre estomac, inteslin, cœur, ete., fonclionne-t-il bien ? Ve tre inlestin n’est pas touché ? elc.
e) Idées Rte ire .
— Avez-vous vu Dieu — J.-Ch. — le diable, la vierge, tel ou tel saint ?
— Où,quand, comment ?
— Vous a-t-il (elle) dit quelque chose ?
— Avez-vous entendu une voix céleste ?
Etc.
à) Sommeil.
Comment se comporte-t-il la nuit?
Rêves.
Bavardage nocturne.
Etc.
C'est donc un examen comme pour un malade ordinaire ? Oui, avec deux particularités :
1° La situation du malade peut rendre l'interrogatoire malaisé: sur la façon de conduire celui-ci, nous renvoyons aux conseils donnés dans les ouvrages classiques ; mais nous insistons sur ce point : qu'il est nécessaire de poser toutes les questions que nous avons indiquées ; :
2° C'est un interrogatoire dans lequel l'intérêt n'est pas seulement dans les renseignements obtenus du ma- Jade, mais dans la manière même dont ses réponses sont données. Il faudra donc mentionner dans l’observation, non seulement les réponses obtenues, mais la diffi-
Le — 31 — | culté à les obtenir, les attitudes, les rires, les pleurs, les colères qu'elles peuvent provoquer ou l'indifférences dans laquelle elles tombent, etc, ete.
C'est cette prise extrêémement minutieuse d’interrogatoire qui constituera le document essentiel de l’observation.
5° Interrogatoire des parents
Une première précaution : ne convoquons qu’une personne, la femme du malade par exemple, ou sa mère, mais n’essayons pas si possible de les interroger toutes deux ensemble. Un interrogatoire à trois, quatre ou cinq personnes, peut être extrêmement difficile et confus. Il est préférable de voir la femme et la mère en deux séances distinctes. ;
On ne peut guère penser d’ailleurs de toutes façons pouvoir recueillir en une seule fois, tous les renseignements utiles. D'abord, il y en a beaucoup à demander. Puis, si vous réfléchissez à votre malade, il vous vient des curiosités, et des doutes, d’où la nécéssité de faire après coup préciser de nouveau certains détails. Enfin, les aveux ne sc complètent souvent qu’au fur et à mesure que s’éveille la confiance dans l'intérêt du médecin. En somme, linterrogatoire des parents n’est pas un interrogaloire unique, c'est une série d’interrogatoires qu’on doit retrouver dans l'observation, et qui se groupent chacun sous leurs: dates respectives dans la chemise qui leur est réservée. C’est une série de documents où les mêmes questions se retrouvent plusieurs fois, mais ce n’est souvent que du rapprochement des réponses quant aux antécédents héréditaires par exem-
See
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ple, qu'on pourra juger de leur valeur véritable, en dégager un fait d’une utile précision. è
On a proposé bien des plans pour cet interrogatoire des parents. On peut suivre à peu près le même plan que nous avons indiqué pour linterrogatoire de l’aliéné lui-même ; mais il n'y a plus évidemment iei que les
renseignements eux-mêmes qui sont utiles à noter et non pas la forme des réponses. |
; 6° Notes diverses | ’
L'observation d’un malade me peut être considérée comme terminée parce qu'on est resté quelques heures avec lui. Il convient, dans la suite, sans tenir avec lui une conversation aussi longue qu’on l’avait fait une première fois, de relever, au cours de l’évolution de sa. maladie, les divers symptômes dont on peut être témoin, les réponses significatives qu’on peut recueillir à la contre-visite, les actes de violence qu’on peut observer, etc.
On notera donc sur un calepin ces divers incidents et on les collationnera dans le dossier du malade.
Dans beaucoup d’asiles, il existe dans ce but un fichier où chaque malade a une feuille ; les feuilles sont classées par ordre alphabétique, rien n’est done plus facile que de trouver celle qui correspond au malade devant lequel on passe. :
La réunion de tous ces documents constitue, à notre avis, le travail essentiel de l’interne de garde. Ce sont les éléments indiscutables d’après lesquels il va maintenant rédiger une observation méthodique.
— 33 — Ù Mais, son imexpérience rendrait-elle cette rédaction insuffisante et plus ou moins erronée pendant les premiers mois de son exercice, du moins, les documents dont nous venons de parler permettront de controler la valeur de ses conclusions. ;