‹ Les fonctions du cerveauChapitre 19 sur 41 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

I. — La doctrine des localisations fonctionnelles du cerveau, telle qu'elle résulte de l'ensemble des travaux italiens, est de nature essentiellement éclectique : préoccupée avant tout et uniquement des faits dus à la méthode expérimentale et à l’observation anatomoclinique, elle s’est maintenue à ésrale distance des doctrines extrêmes, s'efforçant de concilier la part de vérité que contiennent les théories contraires.

IL — L s différentes aires fonctionnelles de l'écorce cérébrale, outre an territoire propre, un foyer central, possèdent aussi des territoires communs, des zones d’irradiation, oîi ces centres « s’engrènent. », se confondent, se pénètrent en partie, et passent, insensiblement les uns dans lesaulres. Il suit que les diverses fondions du cerveau sont si intimement reliées entre elles, qu'il est impossible d’en léser une seule sans que les autres soient plus ou moins troublées.

Ces zones d’irradiations, ces territoires communs, sont bien moins étendus chez l’homme que chez les animaux inférieurs : les centres fonctionnels du cer-

veau humain ont des limites bien mieux définies et plus fixes.

Toutes les zones d'innervation sensitivo-sensorielles convergeraient, chez le chien, vers un « territoire neutre », commun, situé sur le lobe pariétal inférieur : les lésions de ce « centre des centres », entraînant à la fois des troubles de la vision, de l'audition, de l'olfaction et delà sensibilité générait», retentiraient sur toute la vie psychique de l'animal et modifieraient profondément son caractère (Luciani).

III. — L'écorce du cerveau est le siège des fonctions psychiques les plus élevées (perception, idéation, impulsion volontaire, attention), mais non des sensations simples et des impulsions motrices organisées : les ganglions de la hase, les corps opto-striés, appartenant au système cortical peuvent suppléer en partie, comme centres de perception et d’idéation, les fonctions de l’écorce cérébrale.

IV. — Les différents points de chaque sphère fonctionnelle de l’écorce soutiennent, avec les organes des sens correspondants, des rapports presqueéquivalents ; la suppléance est donc possible entre les diverses parties d'un même centre, ce qui serait imposable s’il existait des rapports isolés entre les éléments nerveux périphériques d’un organe des sens et les éléments nerveux du centre cortical correspondant.

V. — Les rapports de chaque centre fonctionnel de l'écorce cérébrale avec les organes périphériques correspondants sont bilatéraux pour la vue, l’ouïe, l'olfaction, unilatéraux pour la sphère sensitivo-motrice.

Il faut toutefois tenir compte, pour ce dernier centre, des recherches anatomo-pathologiques sur les dégénérations descendantes des faisceaux pyramidaux consécutives aux lésions eü foyer de Faire sensitivo-motrice.

Ml. — Les variétés morphologiques des éléments nerveux de l’écorce cérébrale n’apprennent rien sur leurs fonctions : c’est dans la nature des prolongements nerveux et dans celle de leurs connexions anatomiques, non dans la forme de la cellule, que se trouve à cet égard le seul critérium.

VII. — Dans les différentes zones de l’écorce cérébrale, les deux types de cellules du mouvement et de la sensibilité sont réunis et confondus en proportions diverses, et, par conséquent, les fonctions de la sensibilité et de la motilité, loin d’ètre distinctes, coïncident et ont un siège anatomique commun.

VIII. — La spécificité fonctionnelle des différentes aires de l’écorce cérébrale dépend, non d une diversité spécifique des éléments nerveux de ces centres, mais de la nature des sensations de l'organe périphérique avec lequel ces aires sont reliées par les nerfs.

IX. — Il n’existe pas de transmission nerveuse directe, isolée, soit centripète, soit centrifuge, entre deux cellules ou deux groupes de cellules nerveuses centrales et périphériques. La communication des fibres nerveuses entre elles a lieu, dans le système nerveux central, non par l’anastomose des prolongements directs des cellules nerveuses, mais au moyen d’un vaste réseau diffus, constitué par les ramifications ultimes

des evlin Jres-axes des deux espèces de fibres de la sensibilité et du mouvement.

X, — Les organes nerveux musculo-tendineux de Golgi sont les organes périphériques du sens musculaire.

XL — L’activité cérébrale, comme l’activité musculaire, détermine, au début de cette activité, dans la phase dynamique ou de travail positif, un refroidissement appréciable de la substance du cerveau comme de celle du muscle, suivi, dans la phase statique ou de repos, d’une élévation de la température.

XII. — Ces variations successives de la température du cerveau en travail constituent de véritables oscillations thermiques de refroidissement et d’échauffement. Ces oscillations thermiques correspondent au rhythme du processus de désintégration et de réintégration fonctionnelle des centres nerveux. Le travail cérébral est une forme de l'énergie. L’intelligence a des équivalents chimiques, thermiques, mécaniques.

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