‹ Les Fonctions du Rein dans les Néphrîtes ChroniquesChapitre 31 sur 45 · C. — Permeabilité diminuee · texte numérisé non relu

C. — Permeabilité diminuee

Nous rangeons ici les cas où plusieurs facteurs de la courbe d'élimination nous montrent, par leur modalité, la diminution de la perméabilité au bleu. Mais, ici encore, il y a des degrés à distinguer : dans le cas XIX, par exemple, il n’est passé que des traces de bleu, l’imperméabilité au bleu est presque absolue. Dans les cas VII, XI, XVII, XXI), on voit le début retardé et l'intensité faible ; la durée est prolongée ou, au contraire, rac-

courcie. Dans les cas X, XIII, la durée est prolongée et la marche polycyclique ; en outre le début est retardé, ou l'intensité faible : il y a donc un certain degré d’imperméabilité avec effort compensateur (V. 1"* partie de ce travail). Enfin dans deux cas, nous notons des caractères un peu particuliers : le cas VIII, où le début est retardé. la durée prolongée ; mais la marche est cyclique et surtout l'intensité est forte ; et le cas XX où la durée est prolongée et la marche polycyclique ; mais le début est précoce (1/2 heure) et l'intensité moyenne ; ce cas ressemble aux courbes d'élimination, que M. Albarran et moi avons observées sur des reins fonctionnant isolément après néphrectomie du congénère.

Quelle est la valeur séméiologique que nos observations nous permettent d’attribuer à chacun des facteurs de l’élimination du bleu, contrôlée par les autres modes d'investigation de la perméabilité rénale ?

Le débui est un signe de valeur assez grande, mais non absolue ; dans le cas XV, son retard a seul indiqué la diminution de la perméabilité, confirmée par la diminution de l'élimination toxique ; par contre dans le cas XX, le début est précoce, et l'élimination toxique est très diminuée.

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L'intensité est également un signe de grande valeur ; pourtantelle s'est montrée inférieure à la normale dans le cas VI, où l’élimination toxique était normale ; et exagérée dans le cas VIII où l’élimination toxique était diminuée. Nous pensons que précisément elle doit servir à interpréter ces cas, et à montrer que, dans le premier, la perméabilité est légèrement touchée, au moins pour certains corps ; et que dans le second, elle est encore en partie conservée, également pour certains corps au moins ; et cette interprétation, que nous croyons légitime par l’ensemble des constatations que nous avons faites, nous permettra d’assigner à ces deux cas leur véritable signification clinique ; c'est ce que fera comprendre bientôt la 3° partie de ce travail.

La durée a été prolongée dans les cas III, X, XIII, XIV, XVI, XVI, XXI, où l’ensemble de la courbe, comme les autres modes de recherches de la fonction rénale ont montré que celle-ci était diminuée. Dans la plupart de ces cas, la prolongation de la durée est associée au polycyclisme de la marche et ces deux facteurs coïncident avec l’imperméabilité constatée dans ces cas pour les substances excrémentitielles et toxiques de l'urine. De même, le cas XVIIT où la marche est polycyclique. Nous nous trouvons donc dans des circonstances physiologiquement analogues à celles que M. Albarran et moi avons observées sur des reins opposés à des rétentions rénales ou des reins fonctionnant isolément : en effet, le rein doit fournir un effort destiné à compenser la diminution de sa surface ou de sa fonction, et dans ces deux conditions, si différentes au point de vue anatomique, mais assez analogues au point de vue fonctionnel, l'effort compensateur se traduit de la même manière, c'est-à-dire par la prolongation de la durée et le polycyclisme de la marche. Toutefois il convient de dire que cette interprétation de ces deux phénomènes, pour très fréquente qu'elle doive être, ne peut pas être considérée comme d'une vérité absolue, exclusive. Là, comme pour les autres fac-

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teurs de la courbe d'élimination du bieu, il y a des cas qui échappent à la règle : ainsi le cas V, où la durée prolongée et la marche polycyclique coincident avec une perméabilité normale aux poisons, et peu diminuée à l'urine ; de même pour le cas VII où la prolongation de la durée fait partie d’une courbe d'élimination diminuée, coincidant avec une élimination toxique normale. Enfin, notons le cas XI où l'élimination des poisons et des substances excrémentitielles de l’urine est diminuée, et où la durée de l'élimination du bleu est raccourcie. De même, le polycyclisme de la marche peut se rencontrer dans des circonstances différentes de celles que nous avons dites: ainsi le cas VI où il coincide avec une élimination toxique sensiblement normale. Il est possible qu’il relève ici de troubles nerveux ou hépatiques ; notons que l'urine ne contenait pas d’urobiline.

Les deux cas, où nous avons vu le rôle du chromogène prépondérant (IV et IX), nous portent à croire qu’au point de vue de l’appréciation en quelque sorte quantitative de la perméabilité rénale, sa substitution au bleu ne doit pas indiquer un bien grand trouble de cette fonction : en effet. dans les deux cas, l’élimination urinaire était peu diminuée ; dans le second, l’élimination toxique était normale, et dans le premier peu entravée. La présence du leuco-dérivé doit être l'indice de modifications, dont nous ne pouvons nous faire une idée exacte.

En résumé, aucun des éléments de la courbe d'élimination du bleu ne possède une signification fixe, absolue. Leurs modalités se rapportent à des modifications diverses des fonctions des reins ou d’autres organes ; il faut tâcher, dans chaque cas, d’assigner à chacune sa valeur exacte ; mais on ne peut le faire, — et encore pas toujours : il est des cas qui échappent à toute interprétation, — que par la confrontation de tous ces éléments ; en un mot, l'épreuve du bleu ne peut donner de renseignements utiles si l'on se contente de noter un seul de ses facteurs, début ou durée de

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l'élimination, par exemple ; il convient de tenir compte des cinq facteurs, dont nous avons parlé : début, durée, marche, intensité, forme ; et alors seulement on pourra espérer, dans la plupart des cas, être fixé sur la perméabilité réelle du rein au bleu de mé-

thylène.

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