‹ Les Fonctions du Rein dans les Néphrîtes ChroniquesChapitre 33 sur 45 · ————. LU LÀ · texte numérisé non relu

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Dans ces diverses observations, la différence qui distingue chaque mode d'exploration n'est qu’une question de degré : c’est ainsi que, dans les observations Let IL. la di minution de l’élimination urinaire est due, non aux troubles de la perméabilité rénale, mais,comme nous le Savons, à des conditions indépendantes de cette fonction ; le rein est perméable aux poisons, d'une manière normale, et au bleu, d'une manière exagérée. Les observations qui suivent (IL, IV, V, VI) montrent une perméabilité légérement modifiée pour les autres COrps que les poisons, où elle est normale. Enfin les trois dernières offrent encore des différences de degré dans la diminution de Ja perméabilité dont témoignent inégalement les trois modes d'exploration.

Nous n'avons vu que deux cas réellement contradictoires : Je cas VII, où la perméabilité aux poisons est normale, et la perméabilité au bleu franchement diminuée (le début, l'intensité et la durée en témoignent) ; et le cas XX où la toxicité urinaire est notablement diminuée et où l'épreuve du bleu indique une élimination suffisante par effort compensateur. Il est possible que

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ce cas, dont l’observation clinique est loin de fournir des données claires, puisse s’interpréter grâce à cette triple épreuve physiologique ; et qu'il s'agisse ici, non d’une néphrite, mais d'une lésion unilatérale d’ordre chirurgical, telle que la tuberculose rénale.

Il résulte de ces deux tableaux, quirésument syrithétiquement toute cette seconde partie, que la plupart du temps les différents modes de recherche de la perméabilité rénale fournissent des ré- Sultats concordants ; qu’il n'existe de discordance profonde entre eux que dans des cas tout à fait exceptionnels ; que, seules, des différences peu importantes de degré les séparent assez souvent. Cette notion vient confirmer l'opinion de M. Lépine, que nous rappelions dans la première partie : en effet chaque corps possède en quelque sorte un coefficient de passage à travers le rein, qui lui est propre. Mais nous ajouterons que les troubles profonds de la fonction rénale retentissent sur tous les corps, à des degrés inégaux : un rein peut être plus ou moins perméable à tel ou tel corps, cela est vrai ; mais lorsqu'un rein est devenu notablement moins perméable que normalement, tous les corps sont soumis à cette imperméabilité : inégalement,c'est possible ; mais ils le sont à quelque degré, cela nous semble certain. Il en résulte encore que, dans la pratique, on pourra explorer la perméabilité rénale à l’aide d’un seul de ces procédés ; les résultats ainsi obtenus ne pourront pas fournir une certitude complète ; ils seraient insuffisants à établir desconclusions physio-pathologiques d’une valeur scientifique certaine, comme nous nous proposons de le faire dans la troisième partie de ce travail ; mais ils seront la plupart du temps susceptibles de donner des indications cliniques assez exactes. Lequel des différents procédés, que nous avons mis en œuvre simultanément, conviendra-t-il d'employer isolément ? Après tout ce que nous avons dit dans les pages qui précèdent, nous croyons inutile d'insister sur l'insuffisance de l'analyse chimique des urines, et de la recherche de la toxicité du sérum, qui relèvent de condi-

tions trop complexes, multiples, et indépendantes de la fonction rénale. La recherche de la toxicité urinaire et le procédé d’Achard et Castaigne, sous la condition de tenir compte de tous ses facteurs, donneront à notre sens des renseignements plus sûrs. Mais nous répétons pour finir, que, chacun de ces procédés, échappant par quelque côté à une interprétation certaine et complète, il vaudra toujours mieux, dans les cas douteux, les contrôler les uns par les autres.

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