‹ Les Fonctions du Rein dans les Néphrîtes ChroniquesChapitre 44 sur 45 · AT · texte numérisé non relu

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L’autopsie n’a pu être pratiquée, mais on a enlevé un fragment de foie, qui est dur et parsemé de grains colorés (foie muscade) ; la rate qui est petite et scléreuse, un rein qui est gros,rouge et dur.

Examen histologique du rein. — Au premier abord, on est frappé de l’état d’intégrité du rein : il n'existe pas de développement anormal du tissu conjonctif, sauf en certains points très rares situés autour des vaisseaux, où le tissu conjonctif est un peu hyperplasié dans une étendue très restreinte. Les tubes urinifères sont contigus les uns aux autres ; il n'y a pas trace de sclérose interstitielle, mais les capillaires intertubulaires sont congestionnés ; autour de tous les tubes, on rencontre des foyers de globules sanguins, circonscrits ou non dans une paroi cellulaire. La présence de ces foyers est la lésion la plus marquante de ce rein. L’épithélium tubulaire est normal partout ; le calibre des tubes est le plus souvent normal; quelques-uns sont un peu dilatés. Les glomérules sont très développés etde fort volume: iln‘y a pas d'épaississement fibreux de leur capsule ; la lumière est toujours large et libre, et le bouquet vasculaire très développé ; les éléments cellulaires y sont très abondants, et les globules sanguins très abondants marquent la congestion glomérulaire, qui est intense. Il existe un certain degré d’artérite scléreuse,

Ogs. XVIT. — Hypertrophie prostatique. Pyélo-néphrite chronique. — Le nommé Ch...,âgé de 67 ans entre dans le service de M.le professeur Guyon, salle Velpeau, ne 19, le 20 juin 1899. Il n'existe rien dans ses antécédents familiaux, qui puisse nous intéresser. À 35 ans, il a eu la variole ; c'est la seule maladie qui l'ait atteint. Depuis une dizaine d'années, le malade a remarqué des mictions plus fréquentes, surtout nocturnes d’abord, puis continuelles depuis deux ans. Il y a eu une hématurie ; depuis, la miction est douloureuse et difficile ; et il existe un écoulement uréthral blanchâtre, Il y a huit jours, rétention et miction par regorgement. La sonde retire 1450 gr. d'urine. Il entre alors à l'hôpital.

Examen de l'appareil urinaire. — Péricystite probable ; prostate hypertrophiée ; abcès de la prostate ; 2 à 3 litres d’urine trouble en 24 heures.

Examen médical. — Le malade est sujet à des troubles dyspeptiques : gastralgie et vomissements, survenant par crises. Constipation habituelle. Langue saburrale légèrement, mais humide. Pas de troubles respiratoires. Le pouls est assez fort, tendu et plein : 92 par minute. La radiale n'est ni dure, ni flexueuse. Le cœur est un peu hypertrophié ; il n’y a pas de bruit de galop, mais le deuxième bruit aortique est claqué.

Os. XVIII. — Hypertrophie prostatique. Pyélo-néphrite gauche surtout. — Le nommé de G..., âgé de 76 ans, entre dans le service de M. le professeur Guyon, salle Velpeau, n° 3, le 24 juin 1899. Le malade à toujours eu une excellente santé jusqu'à l'âge de 55 ans, où il a commencé à souffrir de douleurs de rhumatisme chronique, dont on constate aujourd’hui les déformations osseuses. Il y a 2 ou 3 ans, les besoins fréquents d’uriner, qui duraient depuis très longtemps, sont devenus douloureux et difficiles à satisfaire. Enfin les urines sont devenues troubles.

Il existe quelquefois de la dyspnée d'effort; pas de palpitations. Depuis quelque temps, céphalée fréquente ; pas de myosis; crampes dans les doigts et les mollets. Pas d’autres petits signes de brightisme.

Appareil digestif. — Langue, humide en ce moment, est quelquefois sèche. Pas de troubles dyspeptiques.

Appareil respiratoire. — Rien d’anormal.

Appareil circulatoire. — Un peu d'hypertrophie cardiaque ; le 2° bruit

aortique est claqué, et il existe parfois une ébauche de bruit de galop. La pointe bat dans le 6e espace.

Le pouls est plein et tendu, et bat à 72.

Appareil urinaire. — Hypertrophie prostatique ; polyurie double. Le rein gauche est notablement augmenté de volume.

Oss, XIX. — Hypertrophie prostatique. Pyélo-néphrite avec distension. Anurie terminale. — Le nommé C. L..., âgé de 70 ans, entre dans le service de M. le professeur Guyon, salle Velpeau, n° 6, le 40 juillet 1898. En 1878, calculs vésicaux ; lithotritie pratiquée par M. Guyon. Il ÿ à un an, le malade fut pris peu à peu de difficulté de la miction : mictions fréquentes, imprévues et douloureuses : les urines sont déjà troubles à ce moment ; il y a un mois, hématurie sans cause apparente, et surtout terminale. Actuellement, mictions très pénibles et purulentes.

Examen. — Urèthre et vessie normaux ; prostate volumineuse, dure et inégale. Mauvais état général: perte d'appétit; pas de vomissements ; langue sèche, rapeuse, avec dysphagie buccale. La sonde à demeure est suivie d’une certaine amélioration. Le 25 juillet, le malade urine peu, les jours suivants, de moins en moins. Le 27, anurie : le facies est abattu ; prostration: immobilité pupillaire dans le myosis ; vomissements et bourdonnements d'oreille. Cathétérisme uretéral gauche pratiqué par M. Albarran.

Le 28, même état général : respiration de Cheyne-Stokes, La sonde

pur v

uretérale donne un peu d’uriné. Puis vomissements et mort le 39 juillet.

Autopsie. — Vessie à colonnes ; uretères et bassinets dilatés. Reins : la substance médullaire est très réduite ; pas d'abcès miliaires. Examen histologique des reins. — Le rein gauche est un type de

pyélo-néphrite scléreuse avancée avec distribution irrégulière des lésions. Dans de grandes étendues, le parenchyme rénal n’est plus représenté que par du tissu conjonctif, dans lequel on remarque des débris de tubes et de glomérules fibreux. Dans d’autres zones, on voit des lobules relativement bien conservés, avec glomérules d'aspect et de volume normaux, si ce n’est l'épaississement de leur capsule. Les canalicules de ces lobules conservent leur lumière, mais présentent des cellules très irrégulières, granuleuses, à limites indécises; en outre, lésions avancées d’endartérite.

Le rein droit présente la même destruction, plus des lésions congestives et de la dilatation vasculaire.

Os. XX. — Néphrite chronique (?) ou tuberculose rénale plus probable. — Le nommé A. M..., âgé de 20 ans, entre le 7 mars 1899 dans le service de M. le professeur Landouzy, salle Grisolle, no 17. Ses antécédents familiaux ne présentent rien de particulier, Lui-même n’a jamais été malade jusqu’au mois de janvier 1896. À ce moment il fait une imprudence sportive à la suite de laquelle il rentre chez lui aveé une céphalée violente, des frissons, un état nauséeux et il urine du sang. Cette hématurie augmente les jours suivants, s’accompagnant de douleurs lombaires, de pollakiurie et dysurie ; il entre alors à l'hôpital Tenon, dans le service de M. Talamon, où il reste 21 mois (janvier 1896 à novembre 1897). Pendant les deux premiers mois de son séjour, l'hématurie persista ; elle durait tout le temps de la miction. Puis la miction devint simplement difiicile et douloureuse ; il émettait à ce moment 500 cemc. d'urine en 24 h. qui contenait jusqu’à 11 gr. d’albumine et ne présentait aucun autre symptôme que des douleurs lombaires : ni œdèmes, ni vertiges, ni céphalée, ni épistaxis. En novembre 1897, il reprend son travail, mais après quelque temps, il est repris de douleurs lombaires, surtout à droite, de dyspnée et d’hématurie, il entre alors (janvier 1898) dans le service de M. Fernet à Beaujon ; l'hématurie dure 5 jours, à la suite, on constate 8 gr. d’albumine dans les urines: il sort de l'hôpital en mars 1898. En juin récidive des mêmes accidents ; il entre quelque temps à Beaujon. De juillet à décembre 1898 pas d'accidents ; à ce moment, il souffre de dyspnée et de douleurs lombaires, sans hématurie ; soigné à l'hôpital Laënnec par

M. Barié, ila 7 gr. 50 d’albumine dans les urines et sort le 48 février. Enfin, il entre dans notre service le 7 mars.

C’est un garçon assez maigre, mais d'aspect cependant assez robuste ; son état général semble excellent.

Appareil digestif. — Aucun trouble appréciable.

Appareil respiratoire. — Le sommet droit, en arrière est suspect, l'inspiration est rude et on entend quelques râles fins quand on le fait tousser. Dyspnée d’effort quelquefois.

Appareil circulatoire. — Cœur hypertrophié avec ébauche de bruit de galop. Artères souples.

Appareil nerveux. — Anesthésie généralisée des téguments, pas de réflexe pharyngien.

Appareil urinaire. — Le rein droit est nettement augmenté de volume et la palpation est douloureuse ; c'est de ce côté qu'existe la douleur spontanée ; on ne perçoit pas le rein gauche. Pollakiurie, pas d'héma turie. Aucun petit signe de brightisme, jamais d’œdème. La recherche du bacille de Koch dans les urines est restée négative.

Le malade est sorti le 27 mars 1899, sans avoir présenté aucun incident notable.

Os. XXI. — Néphrite chronique, probablement parenchymateuse à la période secondaire. — Le nommé R..., âgé de 33 ans, entre le 7 novembre 1898, à l'hôpital St-Antoine, salle Magendie, no 98. Il n’a fait aucune maladie jusqu’en 1895, où il est pris pour la première fois d’œdème avec vomissements, palpitations ; M. Tapret, qui le soigne à ce moment, constate l’albuminurie. Sorti de l'hôpital après un mois de traitement, il a toujours souffert depuis : céphalées, crampes dans les mollets, pollakiurie, cryesthésie ; œdème de la face d’une manière presque continue.

Actuellement, ce symptôme persiste, isolément. Les appareils digestif et respiratoire ne présentent aucun signe morbide. On entend au cœur une ébauche de bruit de galop. Le malade rend 2 d'urine, contenant 0,50 à 0,75 d’albumine.

Le malade quitte l’hôpital le 7 décembre 1898.

à 3 litres

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