I. -— Recherche de Ia texicité du sérum et des urines
1° PRISE ET CONSERVATION DES LIQUIDES. — a) L'urine était recueillie de midi à midi dans un bocal, dans le fond duquel nous déposions quelques centigrammes de naphtol. M. Roger a démontré que l'addition de ce corps insoluble empêche la fermentation ammoniacale sans modifier la toxicité. L'épreuve de la toxicité a toujours été faite le ; Jour même, où finissaient les vingtquatre heures d'observation.
b) Le sang était recueilli au cours de ces vingt-quatre heures, soit par la saignée générale, soit par des ventouses scar ifiées, selon les indications thérapeutiques fournies par le malade. Recueilli dans un cristallisoir stérilisé et hermétiquement fermé, il était abandonné vingt- quatre heures à l'abri de la lumière. Au bout de ce temps nous décantions le sérum, qui était injecté soit immédiatement, soit le lendemain. Dumarest à démontré qu'il ne se produit de modifications dans la toxicité qu'à partir du 4° jour de la conservation du sérum.
2° INJECTION. — 4) Le liquide était injecté en nature apres filtra-
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tion sur papier Joseph. Les élèves de M. Bouchard ont montre que le chauïfage, ni la neuütralisation du liquide ne modifient sa toxicité ; nous avons donc,après avoir contrôlé ces assertions, évité ces complications opératoires.
b) L'appareil choisi a une certaine importance. A l’origine, M.Bouchard se servait d’une seringue ; puis Roger lui substitua un appareil où la chasse du liquide se fait sous l'influence de l’air comprimé. Nous pensons inutile (V. notretravail déjà mentionné) l'emploi d'appareils compliqués, tels que le vase de Mariotte, proposé par Joffroy et Serveaux, ou ceux dont se sont servis Guinard et Dumarest, Hallion ou Lesné. Le nôtre se compose d’une sorte d’éprouvette en verre, graduée, parcourue dans son axe par un tube, qui vient déboucher latéralement à l'extrémité supérieure de cette éprouvette ; celle-ci se termine en haut par une extrémité de petit calibre, où vient s'adapter le tube de caoutchouc d’une poire de Richardson. Au tube latéral, on adapte un caoutchouc qui se termine par l'aiguille de la seringue de Pravaz ; ainsi ajusté, et rempli d'urine ou de sérum, l'appareil est prêt à fonctionner.
c) L’injection est commencée dès que le lapin a été pesé, attaché sur une planchette, et que l'aiguille, après qu'on a chassé l'air de l'appareil, a été introduite dans la veine marginale d'une oreille de l'animal, où elle est maintenue par une pince. Tousies expérimentateurs ont reconnu l'importance de la vwifesse dans les injections de substances toxiques ; le taux de toxicité varie avec la vitesse de l'injection. Après la lecture des travaux faits sur cette question (Dastre et Loye, Guinard, Bosc et Vedel), et plusieurs essais personnels, nous avons adopté la vitesse moyenne de 3 centimètres cubes par minute. Nous disons moyenne, car il faut respecter les ralentissements et les accélérations spontanés dus à la vaso-motricité de l'animal ; c'est surtout à la constance relative de la pression qu'il faut veiller, et celle-ci, avec un peu d’habi-
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tude, peut facilement être obtenue sinon évaluée avec la poire de Richardson. On arrive aisément à un maniement de celle-ci, oscillant entre la constance de la vitesse et celle de la pression et subordonné aux phénomènes présentés par le lapin.
d) La détermination de la toxicité est faite en partie par l’observation des symptômes présentés par le lapin ; il convient de noter spécialement la quantité d'urine qu’il émet, non seulement parce que la constatation même de cette diurèse intervient dans l’évaluation qualitative de la toxicité, mais aussi parce que la quantité de liquide éliminé modifie la constitution de l’animal réactif dans des limites qu’il est important de connaître pour interpréter sagement les conditions et les résultats de l'expérience.
Une fois la respiration de l’animal arrêtée, l'autopsie était faite immédiatement, pour constater les lésions dues à l'injection ou celles qui pouvaient exister au préalable, auquel cas l'expérience était rejetée.
Puis nous évaluions la toxicité du liquide injecté par les calculs indiqués par M. Bouchard: soit P le poids de l'animal; N, la quantité de liquide, dont l’injection a été nécessaire pour amener la mort de l'animal, fixée à l'arrêt des mouvements respiratoires.
La formule 2 donnera la quantité de liquide capable de
tuer 1 kilogramme de cet animal ; l’unité de toxicité ou « toxie » étant précisément la quantité de toxicité qui tue 1 kilogramme danimal, la valeur précédemment établie sera celle des toxies représentées par le liquide : sérotoxies, s’il s’agit de sérum sanguin ; urotoxies, pour l'urine.
Pour l'urine, cette valeur ne suffit pas ; de même que l’on détermine la quantité éliminée des matières excrémentielles non seulement à l’aide de leur taux par litre, mais encore de leur taux d'élimination en 24 heures, de même ici il faudra introduire ce nouveau facteur d'évaluation de la toxicité urinaire par la for-
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mule suivante (Q représentant laquantité des urines en 24 heures ; T le nombre de toxicité précédemment obtenu) :
% dont le quotient donne les urotoxies éliminées en 24 heures. Nous ne déterminions pas les coefficients urotoxiques dont la valeur, fort intéressante pour les recherches ayant trait à des modifications générales de la nutrition, n’a pas à entrer en ligne de compte dans ce travail, qui ne vise que les fonctions rénales.