VUE D'ENSEMBLE SUR LES FONCTIONS DU FOIE
fonctionnellement à chacun de ces trois organes, et ce n’est pas par hasard que leur sang efférent traverse la glande hépatique.
Étudions successivement les rapports de ces viscères et du foie.
A. Accouplement vasculaire du foie et de l’intestin. — Nous rappellerons, tout d’ahord, qu’onlogéniquement et phylogéniquement , le foie dérive de l’intestin moyen, dont il ne représente, nu début, qu’un diverticule, et qu’il lui est encore rattaché par ses canaux biliaires, vestiges.de cette origine. L’accouplement anatomique des deux organes est donc double, par la veine porte et par les canaux biliaires.
Physiologiquement , cet accoupilement n’est pas moins important : le foie, cet ancien diverticule intestinal, est resté, surtout et avant tout, une annexe de l’intestin : c’est, suivant le mot de Frédéricq, le lahoj-ntoire des produits alimentnires. Ceux-ci, directement amenés par les vaisseaux portes de l’intestin au foie, sont transformés, éliminés, ou emmagasinés. Ultérieurement, et suivant les besoins, ils sont, sous la même forme ou après transmutation, mis à nouveau en circulation et lancés dans l’économie.
L’exemple le mieux connu, depuis les admirables recherches de Claude Bernard, est celui des hydrates de carbone. Après une assimilation intestinale de sucre , l’excédent est mis en réserve, dans la cellule hépatique même, sous la forme de glycogène. Il est repris sous
forme de. glucose, par le courant circulatoire, au fur et à mesure des besoins, par exemple après une période de jeûne ou de travail musculaire.
\is-à-vis des albuminoïdes et des graisses, le foie remplit également, comme nous le verrons, le rôle de réservoir et de transmu tateur nutritif.
Le rôle complémentaire du foie sur les substances venues de l’intestin ne s’exerce pas seulement vis-à-vis des matériaux alimentaires assimilables : il est aussi de première importance vis-à-Aus des substances non assimilables, d’origine intestinale, dont il épure l’organisme par plusieurs procédés. Ce rôle du foie s’exerce vis-à-vis des corps solides étrangers (pigments, micro-organismes) et vis-à-vis des corps solubles (poisons intestinaux, nicotine, etc.), comme l’ont montré les travaux de Scbiff, d’Hegar et de Roger;
Certaines de ces substances sont extraites de la circulation par la cellule hépatique, puis éliminées par la bile : tels le fer, le mercure, les matières colorantes, etc.
D’autres substances, solides ou dissoutes, sont simplement soustraites au tori’ent sanguin et accumulées dans le foie : tels les pigments, un grand nombre de bactéries qui y sont détruites, bcaucou]) d’alcaloïdes (morphine, etc.).
D’autres enfin sont transformées en produits inoffensifs : tels les produits de desassimilation des albuminoïdes, transformés, pour une part.