Janvier 1000, p. 239 et ss
de leur évidence intrinsèque, mais à cause de lautorilé de Celui qui les révèle et qui ne peut ni se tromper ni nous tromper ». Nulle mention de (( la recherche de l'homme )),de « l'évolution intellectuelle et morale », de « la pression du cœur », de « la volonté réelle du bien » et «de l'effort perpétuel vers le mieux ». Toutes les fois que les prophètes viennent parler aux hommes, ils ont grand soin de déclarer qu'ils parlent au nom de Dieu dont ils sont les simples mais fidèles organes ; « hsec dicif Dominas », tel est Texorde de tous leurs discours. — L'épître aux Hébreux débute en ces termes : «Après avoir à diverses reprises et en diverses manières parlé autrefois à nos pères par les Prophètes, Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils, qu'il a établi héritier de toutes choses et par lequel il a aussi créé le monde ». Pas plus que les Prophètes S. Paul ne se doute du grave « anthropomorphisme » qu'il commet et qui sera « tout à fait déconcertant pour la science et la philosophie » du xx*" siècle.
Lesé^'^ngélistes, à leur tour, rapportent plusieurs discours de Jésus - Christ, paroles et discours qui, sans rien retrancher de la Loi ancienne, expriment cependant une doctrine nouvelle et toute céleste, qui dépasse toutes les conceptions des contemporains et que les évangélistes eux-mêmes ne comprennent que très imparfaitement. Relisez à ce point de vue le Sermon sur la Montagne, tel qu'il est rapporté avec détail par saint Matthieu, et dites que le
Christ ne mérite pas le titre de docteur et de prophète.
A plusieurs reprises, Jésus se pose, avec une autorité souveraine, comme réformateur de toutes les traditions abusives et comme fondateur d'une morale nouvelle, u Dicliim est antujuis, ego autem vobis dico » ^ La morale nouvelle a pour fondement les huit béatitudes , manifestement « tombées du ciel », tant elles déconcertent par leur imprévu, ravissent par leur sublimité, effraient par leur opposition à tous les penchants de la nature. « Beatl pauperes », « berdi rpii lugent », « beati qui persecidionem paliuîdur » etc. Elle impose le renoncement et la mort du moi et ramène toute la « Loi » à la charité qu'elle présente sous un jour tout nouveau. « Hoc est prœceptum meum ». (( Mandatum novum do vobis ut diligatis invicem sicut dilexi vos » -.
Le Maître apporte aussi au monde un « dogme nouveau » : le dogme de la (( paternité » de Dieu exprimé avec une tendresse touchante^, le dogme de la Ti'inité, si simplement et si nettement exposé ; le dogme de la « régénération » par le Baptême, de la nourriture substantielle de Tâme par l'Eucharistie, de sa « déification » parla grâce, de Tétroite union de tous les hommes en Dieu* du bonheur et de la gloire qui nous attendent au ciel-''.