‹ Les Fondements de la connaissance et de la croyanceChapitre 16 sur 208 · on. disp. de Verii. q. 1, a. 2, c · texte numérisé non relu

on. disp. de Verii. q. 1, a. 2, c

placer en pleine lumière. « Vous partez pour un lointain voyage, la mer est orageuse : choisissez un bon pilote ». La vie humaine est ce voyage au long cours, rempli de traverses et de tempêtes. Or « la volonté n'est pas le pilote, elle est le gouvernail. Le pilote, c'est la raison. N'accusez que le pilote des oscillations du navire et de sa marche déréglée. Le secret des caractères énergiques, c'est l'énergie des convictions. Là où les principes ne commandent plus, la volonté tourne au gré de l'intérêt » ^

Pour conclure, nous voyons bien ce que nos certitudes auraient à perdre avec le dogmatisme moral, mais nous cherchons vainement ce qu'elles auraient à gagner. La nouvelle théorie ne tend à rien moins qu'à faire de la vérité quelque chose de relatif, de subjectif et d'arbitraire, à lui ôter son caractère universel, absolu, immuable. En effet, quoi de plus arbitraire et de plus relatif que la volonté ? Et quoi de plus subjectif, de plus mobile que le sentiment ? Que deviennent les principes fondamentaux de tout le savoir humain, si on les appuie sur une base aussi fragile? Professer une telle doctrine, ce n'est point fortifier la certitude, comme quelquesuns semblent le croire, c'est au contraire tendre la main au scepticisme objectif. Lui aussi, il admet la certitude, mais une certitude sans caractère absolu, que chacun fait à sa mesure, que personne n'a le droit d'imposer aux autres.

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