Cf. Rom., V
La révélation mosaïque devant servir de préparation « prochaine » à la révélation chrétienne, lui ressemble davantage par son mode de transmission et de publicité. Ce sont, en effet, des envoyés spécialement établis de Dieu, qui sont chargés de l'annoncer et de l'établir comme base d'un royaume céleste formellement organisé. Son but est de maintenir le royaume du vrai Dieu, d'éveiller et d'entretenir le besoin et l'attente de la rédemption...
Toutefois « dans ses grandes lignes elle s'accorde avec la révélation (religion) naturelle,^ qu'elle a pour but d'affermir et de consolider. Quand elle la dépasse, c'est uniquement par des institutions positives destinées à protéger la loi naturelle, à instituer un culte public et régulier, mais purement naturel encore par sa substance et sa valeur intrinsèque, à établir un moyen précis d'expier les péchés ». On peut, du reste, dans la révélation mosaïque comme dans la révélation patriarcale, distinguer deux époques : l'époque mosaïque dans le sens « strict », où paraît d'une manière saillante le contraste qui existe entre l'Ancien et le Nouveau Testament ; et la révélation « prophétique », qui est comme l'aurore de l'ère nouvelle et laisse transpirer avec plus de clarté, de pureté et de douceur, l'élément divin et surnaturel, notamment dans les livres de la Safjesse.
La révélation de l'Ancien Testament suit donc une marche ordonnée et progressive jusqu'au jour de la pleine lumière de l'Evangile. « Hoc
sciendiim est quia per incrementa temporam crevit scient ici spiritaaliiim Patriim. Plus namqiie Moijses qiiam Abraham, plus prophetse quam Moyses, plus apostoli quam prophetœ in omnipotentis Dei scientia eruditi sunt » ^
On s'est autorisé d'un texte de S. Paul - pour comparer les trois degrés de la révélation patriarcale, mosaïque et chrétienne aux trois âges de Tenfance,. de l'adolescence et de la maturité.
Très marqué en ce qui a trait aux « sanctions » de la vie future, le progrès s'accentue avec un éclat incomparable dans l'évolution de l'idée « messianique », qui, introduite dans le monde pour la consolation du premier homme, reprise et sans cesse développée à travers les âges par de nombreux prophètes, trouve son dernier perfectionnement dans les livres de Daniel et de Michée '^.
Avec la loi nouvelle resplendit le plein jour de la révélation : dogme, morale, culte, moyens de salut, institutions religieuses, tout est transfiguré, idéalisé par Jésus-Christ. Le dogme projette de vives lumières sur les ineffables mystères de la Trinité, de l'Incarnation, de la Rédemption et de la Grâce. La morale, tout en maintenant les immuables prescriptions du Décalogue, se