PREFACE IX
n'ont de la vraie philosopliie que le nom, et qui, ébranlant la base même du savoir humain, conduisent logiquement au scepticisme universel et à l'irréligion ».
Cependant, ce qui afflige le plus le Souverain Pontife, « c'est d'apprendre que depuis quelques années, des catholiques ont cru pouvoir se mettre à la remorque d'une philosophie qui, sous le spécieux prétexte d'affranchir la raison humaine de toute idée préconçue et de toute illusion, lui dénie le droit de rien affirmer au-delà de ses propres opérations, sacrifiant ainsi à un subjectivisme radical toutes les certitudes que la métaphysique traditionnelle, consacrée par l'autorité des plus vigoureux esprits, donnait coQime nécessaires et inébranlables fondements à la démonstration de l'existence de Dieu, de la spiritualité et de l'immortalité de l'âme, et de la réalité objective du monde extérieur. Il est profondément regrettable que ce scepticisme doctrinal, d'importation étrangère et d'origine protestante i, ait pu être accueilli avec tant de faveur dans un pays justement célèbre pour la clarté des idées et pour celle du lan-
1. « Je ne suis pas de ceux qui nient les infîllrations protestantes dont il est de mode de se railler dans une certaine école qui sent apparemment où le bat la blesse ; il y a longtemps, pour ma part, que je les ai constatées chez plus d'un fidèle et même chez plus d'un prêtre. La conquête protestante n'est pas un vain mot ; elle nous menace, que dis-je, elle s'accomplit sous nos yeux, par la politique, par l'école et par le livre ». B.^udrillart, L'Eglise catholique, La Renaissance, Le Protestantisme, iv.