‹ Les fondements de la moraleChapitre 39 sur 62 · DR · texte numérisé non relu

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cet autre élément qu'on appelle l'impératif, il ne naît en nous qu'avec l'obligation qui nous ordonne ce que d’un mot ou peut appeler le perfectionnement de notre être, qui est la fin vers laquelle nous devons tendre. J'ajoute que la voix de la conscience est, et ne peut pas ne pas être un fait d'expérience.

Nous possédons maintenant les trois éléments essentiels de l'Ethique : l'instinct organique et aveugle, l'instinct éclairé ou le sentiment soit personnel, soit sympathique, et enfin la raison pratique pour parler comme Kant. Le premier n'est qu'une sollicitation d'ordre appétitif ; le second, ébauche de Ja raison, est un persuasif; le troisième, qui est la raison méme, est le véritable impératif; ce sont là des règles d'autorité fort inégale, et dont la troisième doit toujours, en cas de conflit, l'emporter sur les deux autres.

Cette conclusion déduite, il s'en suit que nous ne pouvons admettretoute doctrine morale (Kant, Comte, etc.)qui supprime l’égoïsme, d'un trait de plume, sous le spécieux prétexte que le devoir est toujours désintéressé. Principe faux, car il y a des” droits, une valeur, une dignité inhérente à notre personnalité que nous somnies toujours tenus de maintenir,quand même, sans transaction possible. La doctrine exclusive d'égoïsme qui caractérise l'école anglaise, depuis Bentham, doit aussi être rejetée, car elle arrive ‘finalement à supprimer l'impératif catégorique au bénéfice du persuasif.

On peut en dire autant de la morale du sentiment.

Il se dégage aussi des considérations qui précèdent que la théorie morale que je viens de développer, sans aucune visée d'éclectisme, plonge ses racines dans le domaine de l'observation. Elle a donc en sa faveur, dans ses données essentielles, un caractère positif, dont le contrôle est accessible à toutes les bonnes volontés, mais qui ne saurait l'être aux partis pris.

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