AH
moiilreriiit vraisenihlablcmeiil que l'opéTalion peut être répétée à des iiilervalles moins rapprochés qua je ne le suppose, nolanimcnl aux époques où les eaux seraient moins chargées.
Deiixièvie procctlé. — On pourrait encore profiter de la puissance mécanique que l'on a toujours à sa disposition pour imjiriiuer un mouvement rotatoire continu au balai fixé, comme il a été dit ci-dessus, à une barre boriïonlale; ce balai serait composé à l'instar de ceux des machines anglaises destinm A l'écobuage ou serait formé d'une série de palelte.s, indépendantes et mobiles, ajustéi-s sur la barre horizontale, ces palettes seraient maintenues par des ressorts qui les empêcheraient de se relever sous l'intluencc de la résistance do l’eau, mais qui leur permettraient ce mouvement si elles x'enaieiit à rencontrer un obstacle i\ la surface de la couche de sable (*). Cet appareil, dont le poids pourrait être diminué autant que l'on voudrait en enveloppant l'axe vertical d'un cylindre creux en t(Me faisant fonction de contre-poids, tiendrait également toujours les vases en suspension, et l'on agirait comme il a été dit ci-dessus, pour les faire disparaître délayées dans une certaine quantité de liquide auquel on livrtTait passage à des intervalles qui seraient déterminés par l'expérience.
Indé|)endamment de ces procédés destinés à empêcher la solidification des vases sur le filtre, procédés qui ont le grand avantage de pouvoir être employés sans arrêter la marche de l’appareil, il y aurait encore lieu de recourir, à des intervalles que l'expérience indiquera, au nettoyage du filtre par un courant ascensionnel, et A l enlèvement de la couche de sable de 2 A centimètres (pii, malgré touli's les précautions précitée!», finira toujours par être envahie et souillée l»ar la vase.
J'ai dit plus haut qu'en supposant .ÜOO grammes de matière solide par nmlre cube d'eau, je me plaçais dans les circonstances les plus défavorables. C’est, en etfel, la (piotité de troubles tenus en suspension par lu Seine dans ses crues (’). Or, cette proportion peut être réduite de moitié, soit par le séjournemant des eaux dans des bassins de dépôt, soit par l'un des deux moyens cpie je vais encore décrire, bien qu'avec le nouveau système du filtre il .stirait probablement inutile de faire précéder le filtrage définitif d une épuration incomplète de l'eau sur laquelle on doit opérer.
Premier wojen. — M. l'ingénieur Mille a fait au pont d’ivry des expériences ayant pour but d'obtenir immédiatement les eaux filtrées d'une rivière. Pour cela, il prenait les eaux au moyen de l'aspiration dans une espèce de tuyau-
(*) Le poids spul donué à ces palettes pourrait permettre d'obtenir ce doul>le rtsultat.
On a vu que dans le Rhône cette proportion pouvait s’élever jusqu’à 1,000 {;rammes. M. Terme raconte (je cite cela comme un fait curieux) que les eaux du lloang-ho renferment 1(200 de vajjG : nous n’avons pas, heureusement, à en filtrer les eaux.
HISTOIUE DES FONTAINES PDBUQDES DE DIJON.
filtre plaiy- i\ O..j0 ou O.fiO en contre-bas de la couche sablonneuse qui tapisse le l'ond du lit de la Seine. Il assure, ce sont ses expressions, que l'on parvenait à obtenir du crulal en modérant convenablement le jeu de la ponija;. .Mais sans prétendre à de l’eau cristal, il paraît que par ce procédé il serait facile d'arriver au 1" degré de dépuration que l'on demande aux bassins de dépôt.
Second moyeu. — Peut-être aussi pourrait-on recourir, pour arriver à ce premier degré de limpidité, à un système employé à la station des Aubrais (chemin de fer d Orléans).
.Mur de quai construit à sa base et sur O™ 80 de hauteur, en pierre sèche. — Première galerie placée derrière ce mur de quai et remplie de sable, sur une hauteur de 0"'80. — Deuxième galerie qui reçoit les produits filtrés et les conduit au puisard des machines. Ce princip<! paraît applicable, mais les résultats de cette expé-rience ne sont pas concluants, parce que les machines ne tirent que 3 à 100 mètres cubes d'eau par jour.
Quoi qu'il en soit, par ces procédées préparatoires ou par le moyen des bassins de dépôt, on peut réduire de moitié les matières solides, tenues en suspension par l'eau des crues.
Le résultat ci-dessus annoncé, quant au dél)il d'un filtre, est très-admissible.
On lit en (ilTet dans le rapport d'Arago déjà cité :
« Le filtre de M. de Fonvielle, ([uoiqu’il n'ait pas un mètre rarré d'étendue « superficielle, donne [>ar jour, avec 88 centimètres dépréssion de mercure « (1 atmosphère 1|6), 50 mètres nu moins d’eau filtrée. Ce nombre, déduit de « I examen des divers services de rHôlel-Dieu, est une petite partie de ce (pic « I appareil fournirait si la pompe alimentaire était |)crpétuellemeut en charge; « dans certains moments, nous avons trouvé, en effet, par des exjiérieiux's di- « reetes, que le filtre donnait jusqu’à 95 litres par minute , ou pn‘s de 137 mè- « très cubes en vingt-quatre heures. En nous tenant, dit M. Arago, au premier « nombre, nous aurons déjà dix-sept fois plus de produit que par les procédés • actuellement en usage, où, sous l’influence d’une pre^ion faible, on n’obtient « que 3 mètres culies par mètre carré en vingt-quatre heures. »
Ajoutons que les faits suivants résultent d’expiiriences précises faites sur deux filtres de la Compagnie française, par M. Lalo, in.spccteur des eaux, d après la demande que j avais adressée à M. l'ingénieur en chef Bclgrand.
1* Filtre de la fontaine marchande de l’Arcade. — Diamètre, O"" 70; charge à l'entrée , 1 5 mètres ; débit par mètre carré en vingt-quatre heures , 98 { mèl. cub.
Com|K)sition du filtre. Éponges (râ.).
IJrès pilé 0 25.
Sable de rivière. . ü 20.
APPENDICE. — NOTE D
I 2* Filtre de la funlaine du Panthéon. — DianiMrc, 0“ 95 ; charge à l’entrée, 0“ 59. (’.ornposition (lu filtre.
Eponges. . . .
Sable
Vide
Vide
Eponges. . . .
Sable
Sable
Grès pilé. . . .
Grès pilt;.. . .
Sable
Dans les expériences pralitiuées sur ce filtre ou a obtenu un produit de 173 ^‘) mètres cubes pur viiigt-ijuutre heures et par mètre carré. De l’eusemble des expériences précitt'es, on pourrait tirer la consé(|uenee i{ue le débit d'un liltre est sensiblement prupurtioiuiel <\ lu charge, résultat qui sera ultérieurement déuiuntré par une série d expériences spéciales. I.es libres de lu foiituine de 1 Arcade sont nettoyés, eu temps de crue, tous les huit jours ; en eaux moyennement troubles, tous les vingt-cimi jours; en eaux d'été, tous les mois. — Ceux du Pan- Üiéon, dans les mêmes circoiistances, sont nettoyés tous lesmois, toutes les six semaines, tous les deux mois. — Otie dilïérence se coiii|>rendra facilement si on remar([ue (jue les ({uaiitités d'eau uniuiellemeiit ültnies, à lu fontaine de I Arcade et à celle du Pantliéon, sont, pur mètre carré pour la première, de 1 1,320 mètres cubes, et de i,l73 pour la seconde.
l.'iniluence utile de la haute pression sur les filtres n'a pas encore été généralement admise par les ingénieurs' anglais. Ils l'ont niée, drtM. Arago, apri-s une discussion dans laquelle de graves erreurs d'hydraulique devaient les égarer. ( Kii((uête parlementaire. )
Ceserrimrs d'hydraulique sont pleinemenl démontrées aujourd'hui par lis expériences dont je donnerai le détail à lu lin de cette note, et desquelles il résulte (jiie le volume d'eau qui traverse une couche sablonneuse est proportionnel à la pression, et non pas à la racine carrée de cette pression, comme le suppose .M. lienicys, dans son lissai sur les niui/ciis d'élever, de conduire et de distrihuvr les eaux.
Cest sur les résultats précités et sur la possibilité de diminuer l’épaisseur de la couche filtrante (jue la théori(! de l appareil cpie je propose est fondée.
La nitration par le procédé de M. de i'onvielle s'opère en vase clos, et fou ne
(•) On rcm»rquera que, daas l'appareil précédemmenl décrit, je n’ai compté (jue sur un produit de lOÜ métrés par mètre cairé, le quart du précédent, et pourtant les coocbcs de grès pilé présentent ensemble l'épaisseur de O* 30, égale à celle de la couche de la cuve filtrante : de plus, les charges sont les mêmes sur l’un et l’autre appareil. J'ai voulu toujours partir des données les plus défavorables, voilà pourquoi je me suis servi du résultat offert par le filtre de Marseille, dont le sable, peut-être, était moins pur que le grès pilé à travers lequel s’opère la filtration des fontaines niarchandes de Paris.
:,SG IIISTOIHE DES FONTAINES l'I IlI.IOUES DE I)IJ(»N.
priil «ppliqiior fc nioypii ;in\ iinnii'iisüs li lires en iisiigi; diins les fournitiires (l'eau (les villes ; il ni a paru (ju<! le rm'me n^siillat serait ohD'ini sans dil'ficulK^, sans dispense, par le inoven ci (h’ssus d(icril, et j'ai la conlianee rpie des appareils do ce "onre pourraieni nnidre de sirands sen ices A Paris, dans le lillra(;e des eaux de Seine on de l'Onreq. Ils pernudlraient, dans un avenir plus on moins rapproch(‘, de supprimer les appannls de (iltrage des fontaines marrliandes, peut- (■'tre nu^nie les filtres domesti((ues. I,■(^1n arriverait toute filtn'e, en elTet, aux divers(‘s voi(>s d'(’'coulement. et l'on n'aurait [dns à se plaindre d'autre part de la inalpropret('- des bains publi('s, esptVi's de bourbiers, a dit un savant ministo' de rafîricnlliire et dn romiuem% M. Dumas, si on vient h les comparer aux bains de rancienne Home,
t'- ni(r.4(i«n ii*(iirrllr.
On sait (jue b;s filtres naturels consistent dans l'(^tablissement de galeries pernu-ables au milieu des alluvions de la rivi(Sre ou du fleuve dont on veut claritier les eaux. Ces galeries, que l'on prolonge snnisammenl pour obtenir la i|iianlil(l d'eau voidne, versent leur produit dans le puisard d(*s machines d'où elles sont exlrait(*s par les pompes.
I.a tlu'orie de ces filtres est trùs-simple et leur sucei's nssnr('‘, lorsque toutefois les alluvions ne sont |kis ïa.sens(>s, et ([ue la vitesse dn fluide dans le lit naturel est assez grande pour enlev(>r les troubles (pii se di'jiosent sur les parois du lit, ou même pour renouveler la courbe de sable. On a vu, en effet, dans les filtres artificiels, que les di'piMs restaient toujours à la superfieie.
lin seul (M(‘iiient est incertain, cest la longueur de la galerie i\ établir pour une profondeur doiim'-e, car celle longueur di'qiend éviib'inment de la nature des alluvions. Je vais donner d'abord quebjnes exemples de filtres naturels.
Filtre nalurel de Aouiaij/mm, Amileicrre. — G> filtre, appeb? le Ri'servoir, est ainsi construit : au bord de la rivière de 'frent, à environ 1 mille ( 1,IMJ0 mètres) de la ville, a été cn.‘usé, dans un grand di'-pôl de sable, un vaste n^ervoir dont les murs de revêtement sont en pierres si^rlies. La distance entre la paroi la plus rapprochée et la rivière est de lôü pieds anglais, l.â mètres environ. I.’cau Iraversunl cette couche arrive parfaitement pure au n'-servoir, en passant par les joints sans mortier des murs de revêtement. Ce réservoir n'étant pas voûté est soumis à rinllueiice des rayons solaires; aussi la végétation et la vie animale s’y diiveloppenl-elli?s parfois en éli'-. Dans cette saison, un nettoiement a lieu toutes les trois semaiiu's, et en hiver nue fois tous les deux mois environ: on y procède en pompant l’eau hors du réservoir et en balayant le fond et lescc'dés de cet ouvrage.
Outre le fillre-ri'senoir, il a été praliipié, dans le même banc de gravier, un filtre cylindrique souterrain qui nnuonte la rivière sur une assez grande lou-
APPENDICE. - NOTE B
sueur et uboulil uu réservoir. Ce filtre e.ylindri<iue en briques jKisées ù sec u 1 pieds anglais ( 1”20) de diaiiièlre sur deux briques d'épaisstnir. 11 a coûté K) sliillings (12 fr. .âü) le pied (41 Ir. ôü le iiièlre eiivimii), y compris l excavalion <pii a élé laite à une profondeur de 12 pieds anglais, soit environ, j
Filtre de Penh, Kco-isc. — Dans le lit du Tay, eu ainoiil de la ville de l’erlli, s<; Irouvi' une île ayant environ .âOO pieds anglais de long (l.àl mètres) sur 2(18 pieds de large (environ 80 mètri-s'.
Un ilraiii ou galerie a élé pratiqué dans cette île; cette galerie a environ 00 mètres de longueur sur une largeur de l"2.“i,et une hauteur sous rinlrados de 2“ 70. l.a voûte est recouverte d'une couche de terre de I“ô0 d'épaisseur. L(! fond est ù environ 3™ 50 en contre-bas du niveau moyen des eaux dans le Tay. Toute la partie supérieure de lu galerie est muconmV en mortier de chaux hydraulique ; la partie inférieure seule est en pierres sèches. Les couches traversées pour rétablissement de ladite galerie sont formées : 1” d argile mêlée de sable ; 2“ de sable fin mêlé de gros galets.
La quantité d'eau filtrée par vingl-<|uatre heures s'élève à 2,700 mètres cubes ou 15 mètres cubes par mètre carré en vingt-<juatre heures. Sa qualité reste la même, quel que soit l'état des eaux du lleuve.
Fillre.tde Touhmse. — Le premier filtre creusé, après avoir rt'çu les améliorations décrites par M. d'Aubiiisson dans Sftn histoin! de \ ÊUtblisiictncnl des Fontaines publiques de Toulouse, produisit environ 100 pouces d'eau saine, limpide et fraîche.
Le diMixième filtre, crcuM’ trop prés de la rivière, livre des eaux trop chaudes en élé, ce (|ui donne lieu, dans l’intérieur du filtre, à une végétation de petites plantes aquatiques et chevelues. C'est un inconvénient qu’on aurait pu éviter, ainsi que le fait remarquer M. d'.Vubiiisson, en éloignant cet appareil de la rivière. Sun débit est égal ;\ fiO pouces moyennement. ' "
Le troisième filtre, dans lequel on a mis à profit les leçons de l’expérience, offre un développement de 250 mètres. La coupi' de la galerie qui sert à recueillir les eaux est donnée pl. 21, fig. 1 ; elle offre la hauteur de 1" 50, la largeur de 0" fiO; la su|ierlicie totale est de 1.50 mètres carrés, sou débit est d'environ 1 10 pouces. Les travaux du troisième filtre ont coûté environ (13,000 fr. : ce filtre produit, pour 1.50 mètres de superficie, un volume journalier de 2.800 mètres cubes, ou environ 20 mètres cubes par mètre carré. ■ -r- ■
FIKrr de I.;*n. - ■ >- el t>X|
-re.
La galerie de filtration c*st en la-ton. fait avec du ciment de T’oiiilly ; le radier est eu gravier et sable naturel, établi è 3 mètres au-dessous de l'étiagedu llhûi.c:
lllSrOlHK DES l'ONTAlXES PLiHMQIJES DE DIJON.
la longueur de lu galerie est de 150 mètres; sa largeur dans œu\Te de 5 mètres. Llle a coûté 1,200 fr. par mètre courant. Ce liltn; produit pur mètre carré 300 mètres cubes en vingt-([uatre heures, avec une dénivellation de 0”50 (’). La température de l’eau liltrée est à peu près uniforme, 12“ à 13“.
M. l’ingénieur Dumont, (}ui m’a envoyé ces renseignements, compte sur la p(!rmancncj' du produit de la galerie, pan-e i|ue la filtration de l’eau s’opère dans la première couche de sable qui tapisse le lleuve sur une épaisseur de 0'" .50 environ, et que cette couche sur le Ilhùne est sans cesse balayée et renouvelée. (Voir pl. 21, fig. 0 et 7.) •
.\insi les liltres naturels de Perth, Toulousi' (troisième filtre) cl Lyon protluisent en vingt-quatre heures, par mètre carré, 15 mètres, 20 mètres cubes et 300 mètres cubes.
A Glasgow, des essais infructueux ont été tentés, parce que, en effet, on ne pouvait songer à établir des filtres naturels sur la Clyde, tout à fait stagnante pendant plusieurs heures de la journée. Quelle qu’eût été, dans et; cas, la nature des alliivions, un échec était certain ; à fortiori cet échec devait-il avoir lieu à Dalmarnock, où lesalluvions étaient cs.sentiellemcnt argileuses et vaseuses.
■M. Ilolcroft. ingénieur civil ù Tours, chargé de la distribution d’eau de celte ville, a eu l'heureuse idée de placer son filtre sous le canal de dérivation du Cher, qui amène les eaux motrices A l’usine hydraulique. C’est un filtre naturel qu’il a ainsi composé : pour tju’il ail plein succès, il faudra seulement que les eaux de la dérivation prennent assez de vitesse pour enlever les couches de limon déposées sur la superficie du filtre.
rclativeii an C*lcrl«ti Üiraalea»
I.’élahlissemenl des galeries filtrantes donne lieu d’examiner les questions suivantes : Quelle est sur leur produit l’influence ; 1* de leur développement; 2" de leur largeur; 3" de leur approfondissement.
1* Développement. Supposons que Ton établisse le long d’une rivière une galerie A radier perméable parallèle à ses rives; supposons que les couches sablonneuses situées entre cette galerie cl la rivière .soient A peu près homogènes; par chaque mètre eourant de la galerie surgira de son radier un volume d'eau dépendantde la ijcrméabilité du sable, de l'intervalle existant entre la galerie et la rivière, de la profondeur A laquelle a été placé le radier, et même de la largeur de ce dernier.
(•) Ce débit parait Irts-considérablp : une expérience plus prolongée n'aurail pout-5lrc pas conduit au même n^ultat. On comprend on citot que, dans les premiers instants de félaldissemont d'uun galerie filtrante, le débit de cette demicro doit être beaucoup plus grand, ù raison de la saturation des sables des deux eûtes du radier.
APPENDUJi. — NOTE n.
Pour une profondetir , une distaiiee de la rivière et une largeur de radier données, il est certain d'abord, qu’A partir du coniiuenceinent amont de la galerie filtrante, des volumes d'eau de moins en moins considérables s’introduiront par mètre courant, puisque la hauteur d’eau sur 1e radier sera de plus en plus grande, A raison des volumes qui se sont successivement ajoutés : ce ne peut être, en effet, A un régime uniforme que seront assujetties les eaux luenéas par 1a galerie, mais A un régime permanent dont la condition d'équilibre déj>endra des volumes successivement ajoutés au débit qui précède.
(Juant au volume qui surgit du radier par mètre courant, il ne pourrait être regardé comme constant que si la différence existant entre le niveau de la rivière et de l'eau sur le radier pouvait elle-mèrae être considérée comme constanlc, a raison de la faible pente du radier et des petites différences de hauteur de l'éau qui, d'un mouvement permanent, circule dans la galerie.
Il résulte d'abord de cet expos*; que lorsqu'il s'agit de galeries sulTisamment approfondies pour qu'il soit permis de négliger les différences de hauteur de l'eau sur le radier, vis-A-vis les dénivellations di; l'eau de la rivière A raison d*' son passage A travers les sables, on peut considérer le volume que débiti;nt ces galerit;s comme proportionnel A leur développement.
i' Largeur (lu radier. — Cette dernière est bien loin d'avoir lu même action sur le produit de lu galerie, et c'est par erreur que l’on a cru parfois augmenter notablement l'alimentation du puisard, en accroissant la largeur de la galerie.
Il en est ici comme dans les puits artésiens, sur le débit desquels le diamètre du forage exerce en général si peu d’influence. Nous sommes entré A cet égard dans des considérations détaillées que nous n'aiirnns iju'A appliquer aux galeries fdtrantes. Au fur et A mesure que le débit d'une galerie filtrante augmente, la charge absorbée par les frottements de l’eau qui s'introduit dans la galerie en traversant la mass*; filtrante croît comme le débit lui-même. L'élargissement de la galerie, quel qu'il soit, ne peut atténuer ce rijsultal néc*îssaire, et la seule amédioration que cet élargissement puisse produire dépend de l'accroissement de charge résultant de rabaissement du nivvuu de l'eau dans la galerie.
On voit immédiatement que l’inlluence d'un élargissement du radier grandit avec la perméabilité du sable et le rapprochement île la galerie du cours de la rivière. En effet, si cette perméabilité et si ce rapprochement étaient tels, que 1a jverte de charge subie par les eaux qui, de la rivière, .se rendent dans la galerie flitranle, piU être considérée comme nulle pour les différents volumes correspondant aux diverses largeurs de radier considérées, on comprend (jue, quelles que soient ces largeurs, les hauteurs d'eau sur le radier resteraient constantes et le débit, par conséquent, croîtrait A peu près comme les largeurs du radier.
Mais si la perméabilité du sable l'st faible, si la galerie est à une distance iio-
lUS-miKF. t>FS 10NTAINF.S l>l'BU<)rF.S DK DIJON.
Uiblr de la rivièrp, si, «n mi mot, la perli' de char|;«‘ subie par les eaux, au moment de leur pénétration à travers le radier, est grande, on comprend, dans ce cas, que la diminution de hauteur procurtH" pur Vélarpisseinent du radier à l'eau qui le surmonte serait à peu prés insipninante en présence de la perle deeharpe nécessaire à l'introduction du volume jiriinilif. Cette diininiitinn de hauteur ne pourrait donc apporter au débit de la paierie aucune aniélioralion sensible.
On peut, au reste, se rendre i\ (leu prés compte de l accroissiMnent ilc débit qu'un élarpissenu'iit de paierie eiitrainerait; il siiflirait |)onr eela d'établir une. retenue A l'extrémité aval de la paierie, et de déterminer, au moyen de l'abaissement successif du niveau de cette retenue, la loi qui lie les accroissements du volume aux diminutions de hauteur d eau sur le radier. Celle loi, comme on le sait, .sera linéaire.
Kl l'on déduira , de rabuis.semenl probable (|ui résulterait de l’élargis.sement du radier, l'accrois-semciit de volume que cet abaissement enlrainera. Il est facile d'obtenir inimédiatenieiit le cas limite, celui où la largeur du radier étant inUnic, la hauteur d'eau sur sa surfaœ pourrait être considérée comme nulle; et si, dans celte hypothèse extrême, on n'arrive qu'à un accroissement très-faible dans le débit, on n aura pas à souper davantage à augmenter la largeur de la paierie.
Pinl'oiiileur dex yalevicx. — L‘api>rüfondisseinenl îles paieries présente des clianœs certaines d'accroissement de produit, et ces accroissements peuvent être mesurés d'une manière très-approcliée (je suppose toujours la couche à trax'erser liomopène), par le moyen indiqué plus baulpotir déterminer la loi qui lie les diniinuliuns de hauteur d'eaii sur le radier aux accrnisseinenis du volume.
Je bornerai ici ce que j'avaisà dire sur les grands filtres arlificielsou naturels. Unanl aux filtres de ménage et des fontaines marchandes de la ville de Paris, on pourra recourir, si on veut eu connaître les dispositions, à l'ouvrage <le M. L)u|)uit sur les distributions d'eau.
loto 4*é«oul«Motit 4l« Tma à lro«cr« le «uiblc.
J'aborde maintenant le récit des expériences que j'ai faites A Dijon de concert avec M. l'ingénieur Charles Riller, pour déterminer les lois de l'écouleraenl de l'eau à travers les sables. Les expériences ont été répétées par .M. l'ingénieurcn chef lîauingarlen.
I.'appareil employé pl. 2i, fig. 3, consistait en une colonne verticale de 2” 50 de hauteur, formée d'une portion de conduite de 0'“35 de diamètre intérieur, cl close A chacune de ses extrémités par une plaque boulonnée.
A l'intérieur, et AO'" 20 au-dessus du fond, sc trouve une cloison horizontale à
APPENDICE. — NOTE I)
rluiriM'uie, (lujninw à üUppurU>r le sable, e.t qui ilivisH* lu nilnime en deux chninbres. dette e.|uisoii est fonué«) par la super(H)sitiun de bas en haut d'une grille en fer h barreaux prisinali(|uc.s de 0"0Ü7, d'une grille à barreaux cylindriques de0“00ô, enlin d'une toile métallique à mailles de 0“002. Lecartenieut dos barreaux de chacune des grilles est égal à leur épaisseur, et les deux grilles sont disposées de façon que leurs barreaux soient dans des dire<‘tions perpendiculaires l une à l'autre.
La chambre supérieure de 1a colonne reçoit l'eau par un tuyau embranché sur la conduite de l'bépital, et dont un robinet permet de modérer volonté le débit; la chambre inférieure s'ouvre par un robinet sur un bassin de jaugeage de I métré de côté.
I.a pression aux deux extrémités de la colonne est indiquée par des nianoraètres à mercure en U; enlin chacune des chambres est munie d’nn robinet à air, essentiel pour la mis»! en charge de l'appareil.
Les ex|W-riences ont éU5 faites avec du sable .siliceux de Sadne, composé ainsi i]u'il suit :
0“.ô8 de sable passant nu crible de 0“**'77 •'
0“ 17 demi'iiu gravier, débris de coquilles, etc.
Il présente environ de vide.
I.e sable était versé et tassé dans la colonne préalablement remplie d'eau, afin que les vides de la masse filtrante ne continssent plus d'air, et la hauteur du sable nélait mesurée qu'à la lin de chaque sérié d'expériences, après que le passage de l'eau l'avait convenablement ta.ssé.
r.haque expérience consistait'à établir dans la chambre supérieure de la colonne, parla manœuvre tin robinet d'amenée, une pression déterminée; puis, lorsque par deux observations l'on s'était assuré (pie 1(001110111001 était devenu simsiblement uniforme, on notait le (l(■bil du filtre pendant un certain temps et on en concluait le débit moyen par minute.
Pour de faibles ebarges, le repos prescjue complet du mercure du manomètre permettait d'apprécier le millimètre, représentant 2C"‘' 2 d'i'au; lorsqu'un ü|M-rait sous de fortes pressions, le robinet d'amenée était pres(|u’entièrement ouvert, et alors le manomètre, malgré le diaphragme dont il était munh pn-sentait des oscillations continuelh-s; néanmoins, les fortes oscillations n'étaient qu'accidentelles, et on pnivait apprécier, à à millimètres près, la hauteur moyenne du mercure , c'est-à-dire connaître la pression en eau à 1“30 près.
TouU(s ces oscillations manométri(]ues étaient dues aux coups de bélier pru-
HISTOIBE DES FONTAINES PDBMQUES DE DIJON.
duits par le jeu des nombreusi's bornes-fontaines de l'hôpital, lieu où était placé l’appareil expérimental.
Toutes les pressions ont été rapportées au niveau de la facÆ inférieure du filtre, et on n’a tenu aucun compte du frottement dans la partie supérieure de la colonne, lequel était évidemment négligeable.
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