CHAPITRE III —SOURCE DU ROSOIR
nissaicnt 1rs fontaim's jaillissanlVs, (pii forment les plus beaux ornements îles jardins, (les clerni(;res. que l'on a di^isin'os sous le nom d’eaiia: hlanches, n'eurent, apn''S la RiHdlution, une appliralion nouvelle qui sVst ('leiulue eonsidi'rablenient depuis qui'bpies aniu'es; on les employa aux usages de la vie, et, A la (in de ISif), sur six cent trcitir-sqn eonei'ssionnaires, trois eau quatretntiqi-sÛT recevaient de l’eau des i^langs. « (letle nouvelle, destinalion des eaux hlanelies dut allirer, di'S son origine, l'attention des administrations di'-parU'nientale et nuinieipule. Les Commissions snnitain's furent appelées plusieurs fois A donner leur avis sur cette importante question. Elles eondun'nt A l innoeuité de ces eaux , se fondant sur ce qu'elles sont a('‘n''cs, et (jue l'analyse eliimique n’y a fait reconnaîtni que quelques sels calcaires (pii u’aUi’irent en rien leur .saveur et ne les rendent impropres ni A la cuisson des li'gumcs ni au savonnage. Rien de particulier ipii parût se rapporter A leur usage n’avait élA signalé dans la santé des habitants, lorsipi’en 18(5 .M. le docteur Boudin, médecin en chef de llu^pital militaire, jiensa que l'usage des eaux d'étangs pourrait bien ne pas être étranger à l'aiiparilion des cas nombreux de dyssenterie dont étaii'iil atteints, depuis plusieurs anmVs, h» soldats de ;la garnison, pendant les mois d'éti'. L’autorité militaire, les administrations déjiarteraentaie et municipale s’émurent A celte nouvelle; des empicHes furent ordonuéi's, des commissions nommées, des ra|iports contradictoires adnissés aux dilTéreiiles autorités, puis tout rentra dans le statu quo, et chacun des adversaires resta dans son opinion. » {Des Faux de l'ersailles, par Leroy, page 9*J.) — Nous avons cité Ce passage, bh'ii (pi’aii jiremier apenai il puisse parailrc peu concluant pour résoudre la question qui nous occupe, de la possibilité d’applicpier, dans une ville, aux usages domestiques, les eaux de certains é'tangs. Mais, si l’on rélliVhit 1“ que, depuis la Révolution, les eaux blanches de Vciïiailles ont commencé A être employées pour les besoins de l’idimenlation ; 2° que les concessions accordées jusqu’au n'tablissemenl de la liste civile (ISidjsc sonlélevik's au chifl're de cent soixante-six ; '■i'’ enün, ipie le nombre eu a toujours été en augmi'utant, jusqu'au moment où M. Leroy publiait son livre (1817), et qu’elles dépassaient alors la moitié du chifl’re total; si, dis-je, on réfléchit A toutes ces cirionstaiices, on est conduit A admettre que M. Boudin, dont le nom fait avec raison autorité en hygii'iie, a pu être dans le vrai en attribuant les dyssenlerics observées par lui chez les soldats de lu garnison A IVuu dont tes soldats fai-
IIISTOIHE DES FONTAINES PI BI.IQl ES DE DIJON. — 1" PARTIE-
sdienl usage, sans que pour < elu 1 emploi des eaux blanches filt j>prniciciix dans le n'sle de la ville ; ces i lTels loxiqiies pouvaient dêpendn' de quelque allt-ralion loeale des 4 <mduits ou des réservoirs des ensernes, altération à laquelle les eaux de même provenanee, distribuées partout ailleurs, seraient deineiiriH’s étrangèn*s. — Il est e,lTe« tivement bien ililïieile de supposer que des aecidenls aussi s<^rieux que des épidémies de dyssenteries, ou d'aiitri's aiïeetions analogues, se remmvelanl rhaqut' année h la même époque, eussent pu se montrer pendant quarante-cinq à cinquante am de suite sans éveilb'r la sollicitude des administrations départementale et municipale, (pii, plus d'une lois, ainsi ipie nous l avons vu, sétaient (uniit'sdu développement que prenait l'usage alimentain? des eaux blanches, et avai(‘nt réclamé ii ci* sujet les lumières d(! la science. — Av(>e cette interprétation des faits, il est |»eu surprenant qu'après beaucoup de rapports contradictoires les eboses en soient restées i\ i* point.
« Rivières assimilables à des étuiujs par la mauvaise nature des eaux qu'elles lournissenl. — 11 n'est pas ran* de rencontrer des rivièn's dont les eaux soient habituellement eliargées de principes organiques en dé-eompusilion , cpiVlles empruntent aux terrains qu elles traversent, et qui les rendent tout à fait assimilables aux eaux marécageuses. La Somme se trouve dans ce cas: comme elle roule au milieu de tourbières et de marais, ses eaux en conservent, même apri's avoir été liltrées, un goiU d'herbes pourrii's fort d<-sagréable; aussi, maigri' leurlimpiditi', ne sont-elles pas emploji'es en boisson parles habitants d Amiens ipii leur attribuent la fâcheuse propriété de délemiiner des fii'vri's d aecès. tue altération du même genre, due h la même cause, se remarque dans les eaux de 1a petite rivière de T Arneusi', run des aflluenls du canal de rOurci], et dans plusieurs di's cours d'eau de la Loire-Inférieure. — Remar- (pions ((“pendant ici que, pour ce qui concerne l'eau du canal de fOiircq, son inlluence délétère ne se traduit point par une surélévation du chiirir d(>s d('“C('“s, dans les quartiers où on la distribue: ifest ce (pii n'^sulte des recherches de M. Villermé sur la mortalité de l’aris. »
.Si , de ces considérations théoriipies, nous descendons nu cas particulier qui nous occupe, nous trouvons dans la brochun>de M. Chevreul (se n>porterù la page .'■>) comment s'exprimait le savant m(’‘decin Fournier, membre de l'.VcaiU’'mie de Dijon, au sujet des eaux alimentaires de cette ville.