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CHAPITRE III — SOURCE DU ROSOIR

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vrrse; de substituer à l'eau malsaine des puits une eau vive et l(igère; de faire courir, à des heures déterminées, au moyen de bornes-fontaines placées sur des points ndniinants, des ruisseaux dans toutes les rues; de trouver, en cas d’incendie, une source intarissable toujours à proximité; de construire des lavoirs publics; de concéder enfin, soit aux établissements industriels, soit aux particuliers, le volume d’eau (ju ils réelaiu(Tnienl.

Dijon était, en effet, dans une déplorable situation sous le rapport des eaux potables ; les habitants avaient exclusivement r«H;ours i\ des puits particuliers et à une centaine de puits placés sur les voies publiques; ces derniers n'étaient pas même couverts, et il n était pas rare que le seau qui ramenait

porter farquctniz et tuer Icsdits désobeyssants proinpterneni et sur-le-champ, tes ireuvant en désobeyssance et luy sera donné trois écus un lier de pages. •

Du 29 juillet 1586 ;

. I/exéculcur de la liaulte justice a comparu à ta Chambre où estant, le sieur viseonte maicur luy a faict entendre la comniis.sion h luy dollorrce par icelle et ce qui en ilespcnd pour l’oierciiM*, a promis par son serment presté aux saints évangiles de Dieu porter l’arquebuz et promptement tuer celluy ou cculx qui se Ireuveront parmi les saings ayant la peste, ou qui auront esté en lieux infectés ; cl incontinent qu'il sera adverty pour ce fait, se mettra en debvoir de marcher et aller Ireuvcr celluy qui le demandera avec son arquehnz toute preste. El sera advancé tuig mois audit exécuteur pour luy avoir une arquebuz. •

Avis en fut donné au public.

Le 30 août 1586, un vigneron de la Roulotte ayant contrevenu à l'ordonnanco fut attaché par le bourreau à un poteau du cimetière aux chevaux (tanneries), et arquebusé.

Le 23 août 1596 : « Informée que nonobstant les injonctions et deffenses aux mallades de la peste de sortir de l'isle et des maisons où ils sont logés, louttefois ils ne délaLs.sent de tenir les chemins, vaguer çà et là, s’aprocher des saings , voir, prendre et loucher les denrées que l'on amène en ville, qui est pour inconvénienliT et infecter un chacun : pour empescher la eonlinnation do tels pernicieux et mauvais actes, la Chambre du Conseil de la ville ordonne à tous les malades sc contenir csdils lieux sans en partir, iiy tenir les chemins, approcher les murailles et portes de la ville de cinq cents pas, à peine d'etre arquebiLsés par l'exécuteur de la haute jnsticn ou son valet à cest eifel commis. •

En 1628, la mesure est renouvelée, de mémo qu'eu 1630, 1631, 1632, 1634. etc.

11 y a loin de ces prescriptions sauvages au dévouement que le clergé, les médecins, les babitanis du même département montrent aujourd'hui dans les visites périodiques du choléra.

On ne commet plus d'arquebu«ier pour détruire le venin en tuant le malade r on s'exiK)<o simplement à mourir avec lui pour le soulager. C'est moins prudent: c’est plus chrétien.

HISTOIRE DGS lONTAIMIS PCBUQCES DE DUON. — I" PARTIE.

l'eau destinée au\ usages domestiques renfennât un chien ou un ckai noyé depuis plusieurs jours.

Au reste, l'insalubrité de l'eau de puits no saurait être contestée : tous ceux qui .s'oecupcmt de médecine ou de chimie sont unanimes A ce sujet, et M. le docteur Guérard, dans la remanjuable thèse ipj'il a soutenue le 2.5 décembre 18.52, expose sur les eaux de puits, sur les eaux de citerne, sur les eaux stagnantes, les considérations suivantes :

uEaux de puits. — Les eaux de puits présentent plus rarement que cellesd une autre iirovenance une composition qui permette de le, s appliquer avec avantage aux be,soins de. l'économie domestique. Cnuis<'‘s dans l'intérieur des villes, au centre des habitations, ils renferment parfois, outre h's matièri's minérales fixes que l'on trouve habituelhuuent dans les eaux douces, de fortes proportions de sulfates, phosphates et azotates; de plus, on y trouve \ine grande quantité de substances organiques, dont l'origine doit être rapportée à la pénétration soit directe, soit par infiltration, de résidus liquides de l'économie domestique, de l'industrie, même des fonctions animales, etc.

« Alteration des puits par les eaux infiltrées dans le sol. — Dans les villes anciennes, et ofi l’on prend l'eau par des puits, on la puise, à cause de l'ancienneté des villes, à une source impure. Sauf de rares exceptions, les eaux de ces villes sont ordinairement altérées. Les terrains sont remplis de matières animales et végétales, dont le sol est complètement satun'c.. Le mal est d autant plus grand, que, dans la plupart de nos villes, il y a, chaque année, des inondations qui mettent les terrains où l'on puise l'eau en communication avec les canaux et les fosses d'aisances. Alors les eaux acquièrent une odeur putride et ne sont plus potables; mais, en même temps, elles sont malsaines. »

« Ces observations que j'emprunte, dit M. Guérard, aux andiives du Congrès d'hyg it’ne publique tenu A Bruxelles au mois de septembre dernier, .sont applicables à plusieurs de nos villes, et même A certains quartiers de Paris. L'altération dont nous parlons e.st surtout favorisée p<ir le mode de construction adopté autrefois pour les fos.ses d'aisances, dont les parois perméables laissent filtrer les eaux vannes, plus ou moins chargées de matières solides. Il y a dans les anciens quartiers de Paris une foule de maisons dont les fosses n’ont jamais besoin d'étre vidées, parce (|ue les eaux d'infiltration les débarrassent successivement, ou A l'époque des crues, des matières qu'on y projette cha([ue jour. L obligation im-

CHAPITKK Ht — SOURCE DU ROSOIK.

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po«^ aujourd'hui aux propri^lain** de fair»' élnblirdfs fosses Planches soustrait les puits des «luartiers ueufs de la ville à cette cause d'inleetion. — Mais il en est encore d'autres qu'il awt pas toujours facile de provenir; je veux parler iiolaiiimeiil de riutroduction d'eaux qui oui tillr*^ A travers les cimetières. — Il y a une quinzaine d’années, une couiinission du Conseil de salubrité, dont je faisais partie i eut A examiner quel<ines faits relatifs nu cimeliènr de 1 Ouest. Nous fûmes curieux de voir si l'eau du puits creusé au milieu du terrain avait quelques propriétés particulières ([ue l’on pût attribuer à sou entourage. *Nous apprîmes qu’au lieu <l'être crue, comme la iiatimt calcaire du sol le faisait su[>poser, elle dissolvait le savon, cuisait les légumes, etc.; eetU^ eau était, d'ailleurs, fort limpide, inodore et de bon goût, Ihirruel, qui faisait partie do lu commission, jugea aussitôt que, dans la liltratioii de cette eau à travers un terrain imprégné de sels ammoniacaux, le sulfate calcaire ipi’elle renfermait avait été décompos<‘; que, par conséquent, elle devait contenir des sels à hast! d ammoniaque. L'analyse chimique confirma les prévisions de notre .s4ivant collègue. L'époque avancée de la saison, quand nous fîmes notre visite, rap|)réciation des qualités de l’eau, A l'instant où elle venait d'ètrc puisée, expliquent suffisamment pourquoi ce liquide ne nous a olfert ni mauvais(? iKleur ni même saveur désagréable. Il en eût éhS sans doute, aulrtmient pendant les chaleurs et après quelques jours de conservation.

« Pour terminer ce qui est relatif aux puits, continue le IK («uérard, nous emprunterons le passage suivant au rédacteur de l'introduction 4le l'Annuaire (tes eaux de la France :

« Apn’'s avoir établi que les eaux des puits contiennent souvent des proportions considérables de sels terreux et de matières d’origine organi(pie, il continue en ces termes : « ür, il existe en France une foule de localités dont les habitants emploient, exclusivement ou en partie, les eaux de puits, soit aux uéiassités domcstiqm's, suit A l’alimentation. Il faut ajouter que c'est principalement dans ces localités que, de tout temps, les auteurs ont attribué A la qualité dus eaux des influences fâcheuses sur la santé générale des populations.

« On sent, d'après cela, de cpielle importance il sera, dans de telles circonstances, de déterminer avec soin la nature et les proportions des substances (xnitenues dans l'eau des puits. Il ne sera pas rare de rencontrer dos eaux de ca genre, qui, peu chargées de sels, dissolvant très-bien le savon, sont néan-

HISTOIRE DES FONTAINES PCBLIQl'ES DE DIJON. — I" PARTIE.

moins complètement impropres à l'iilimcntation, par suite de la matière organi(|ue, souvent fétide, (]uVllcs dissolvent.»

« Alteration spontanée de Veau dans les puits. — Quoi qu’il en soit, l'eau des puits en'usésdans l’intérieur des villes s'altère spontanément dans l'espace d'un ptHit nombre de jours, lurs<{u'üu iVa pas soin de la renouveler par un puis»»inent n-itéré. .\ussi, ne eonvient-il pas de faire concourir cette espiVe d'eau avec cclltïsqui doivent être employées à une distribution municipale, quand le volume de ces ilernières peut mettre dans le cas de sabslenir, pendant un certain laps de temps, de mettre les puiLs ii contribution. — Pour ce qui est des moyens de remédier à la [uitridité des eaux des puits, il n'en est pas de meilleur que la projection d'une certaine quantité de noir animal en grains.

« Kaux de citernes. — Les eaux ntétéoriques sont les plus pures de toutes les eaux naturelles, ebimiquement parlant; elles ne renferment guère, en fuit de matières lixes, qu'un peu d'acide azotique libre ou combiné à l'ammoniaque {pluies d'orage), des traces d’fodc, et de tous les agenLs niinérulisateurs de l'tk’éan, suivant M. Marchand, ainsi que des indices d’acide sulfhydrique. — Il 'est bon nombre de villes où ces eaux sont reçues et consen'ées dans des citernes. Si l’on avait Sijin de constniire ces dernières avec des matériaux choisis, comme du béton, par exemple, (|ue l'on revêtirait d'un enduit; si, d'un autre côté, on les voûtait d)- manière à mettre obstacle à l'introduction des ordures de toute «•spèce, accumulées sur les toits, les gouttières et dans les tuyaux de conduite, pendant les temj)S de sécheresse; si, enlin, les toitures des constructions qui reçoivent les eaux jiluviales destim'a-s û être recueillies étaient en ardoises ou en zinc, il est Ci-rtain que li^s eaux de citerne pourraient être réputées bonnes comme eaux potables. — Mais il arrive fréquemment que, par suite d'un mauvais choix des matériaux de construction, l'eau des citernes se charge de substances enlevées à ces matériaux, et principalement aux mortiers. — Les matières organiques s'y putréfient et en rendent l'eau impropre à la boisson ; et ces effets sont d'autant plus marqués que la dimension des citernes est moindre. — f.'est afin de prévenir cette dernière sorte d altération que 1 architecte de la grande citerne du palais ducal, à Venise, en a disposai la construction de manière à obliger l'eau pluviale à traverser une couche épaisse de sable avant d'arriver au réservoir où le public va puiser l'eau. — Les plus belles citernes connues sont celles que bâtirent , à Constantinople, les empereurs grecs :

niAPITHE lll — SOlftCE DÜ ROSOlU.

FMM*'(ÏVIÎM, dile des Mille et une Cnlounes, a mif Ciipaciti’ t'gali- A 1 ni. c. Les voûtt's «‘H sont siippnrliVs par <|iialro cfiil viiigl-<pialri‘ piliers ilisposi's sur deux rangs. Elles rtrevaieiil direclement leurs eaux des mpiediies de Jiisliiiien et de Valeiis. Après la prise* de Constaiilinople |iar Maliomel II, ou les augmenta ; ou lit, dans la forêt appelée aujourd'hui île Bcllegarile, di*s barrages deslim'*s à Wenir dans les vallées les eaux des pluies et des torrents, et l'on transl'oriiia ainsi ces vallées en inuiiénses bassins d'aliuieutatiou. Par une prévojanee bien entendue,’ il fut défendu de couper les arbn*s de cAte. forêt, dont rouibrage fonserve riiumidité i*t lu fraîcheur du sol et assure la eonsi:rvatioii des eaux.

« Purificalwn de l'eau de citerne. — L*s dangers inhérents à l usage des eaux de citerne altérées par la décomposition des substances organiipies ne sauraient être n'‘vo(|nés en doute : « 1,’eau croupie ou corrompue exhale, dit ■H. Hostau, une odeur fétide qu'il est impossible d(! nnVonnaitre ; elle doit être irjeti's* S4*vêrement, sous poine de s'expos«*r i\ de 'graves accidents.» Test alin iFen prévenir le développi'iiu'iit et de restitifer A l'eau des cilernes ses proprii’*tés premières que, de temps immémorial et par eoiisétjuent longtemps avant les découvertes iiiodenu*s sur les propriétés décolorantes et désinfeclantes ilu charbon , on était dans l'usage de jeter <lans les citernes, à la Saint-Jean, les restes des feux allumés en riionneur du saint. — L'emploi du noir uniuiul en grains remplit le même objet: il a de plus l'avantage de ilébarrasser l'eau des si'ls calcaires qui la rendent impropre A la boisson. M. Girardin, A qui l’oii doit cette observation , porte A i kilogrammes par hectolitre, la quantité de charbon dos A introduire dans une citerne neuve, ou cimentée A neuf.

a Altération accidentelle de l’eau des citernes. — L'ne altération tout A fait impréxaio et fort singulière de leau des citernes s’wt présentet*, il y a quelques iinnéi*s, A robs4^r\ation de .M. Kulhmann. Je veux parler de rintroduction dans celle eau de sulfate de cuivre proveiianl des liiyaux de ce métal eniplüyé*s dans la conslruction des i heminées. Il n’est pas rare, dans plusieurs usines du départmciit du iXord, de surmonter les elieminte «lesscrAatit \(^ lounieaux des machines A vapeur d'un long tuyau en cuivre, ('.es fourneaux étant aliràenlés avec de la houille ([ui contient du hisulfure de fer, au raoineut ofi 1 on chai^Te foyer, la quantité d'oxygène qui passe est insuffisante pour transformer le

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soiifn*, qui «' on acide .sulfureux; il son volntiliso donc une corlaine

portion îuronumgnôo d'nn |>i'ii d liyiirogôno sulhirt^ : le enivre de lu clioiniuée les fixe au passano, el iorino un xulfurc Je cuivre qui, par I action <le l'oxygène alniospLoriquo, se change bientôt en sulfate <|u'on retrouve sous forme cristalline et anhydre. — Le sulfate de cuivre, entraîné par le courant d air, dont le tuyau est toujours le siège, se dépose sur les toits et dans les goutlièn«, doii il est porté; dans les citernes par les eaux pluviales. — M. Kulhinann eu a trouvé 120 grammes dans une citerne contenant 120 hectolitres; celte proportion est minime, sans doute, mais n'ci\t-<dle pas été nsst*z forte pour donner lieu à des accidents si les <limensions de la citerne avaient été beaiwoup moindres, et qu elle se fiU renqdie par les preinicn's portions d'eau météorique, surtout si la pluie efit succédé i\ une longue sécheresse , durant laquelle le sel toxi<]ue eût pu s'accumuler sur les toits? — Si l'on craignait le retour d'un pareil accident, il faudrait disposer l'extrémité inférieure du tul)e de<lécharge des eaux pluviales, de manière à le fermer è volonté, il donner è ces eaux un autre cours, el à ne les admettre dans les cilt;rnes qu'aivrès <pie. la pluie aurait duré as.M-z longtcm|)s pour que celle qui arriverait fiU exempti' de toute souillum

e Eaux d'étami. — Kn principe général , ce ipii fait le danger des eaux siaijnuntcs, c'est la facilité avec laquelle elh’s s'échaulfeiit et deviennent le siège de réactions entre les gaz oxygénés et les matières hydrogéaiées el carbonées; d après cette considérati4)n, les eaux provimant des étangs se rapprochent ou s'éloignent de œlles des rivières ou des marais, tant par la composition chimique qui; par l'action sur l'économie, suivant l’étendue et la profondeur du bassin qui les fournit, suivant aussi la disposition des bords; ceux-ci, limités par un mur vertical, olfrenl à l'action décomposante de l'air une surface beaucoup moins étendue que ipiaiid ils ont la forme de talus.

« Cette distinction est d'autant plus importante è établir que l’on a mi des cours d'eau contracter des jiropriétés extrêmement délétères, et, par opposition, de s masses d’eaux stagnantes ont pu être employées, non-seulement sans inconvénient, mais encore avec avantage à l'alimentation des cités.

« Parmi les eaux amenées à Versailles, .sous Louis XIV, toutes n’avaient pas la même destination ; les unes, c’étaient les eaur de sources, servaient aux usages domestiques de la cour el de la ville; les autri’s, issues des étangs, four-

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