CHAPITRE UI. — !»üaCE OU ROSOIR
toi
giior, et que même il augmentait encore lorsque je terminai mon jaugeago.
Il sera convenable de montrer que les jaugeages dont on vient de lire les résultats ont été faits dans les circonstances les plus favorables pour obtenir le débit minimum de la source du Rosoir.
On se rappelle que l’année 1832 fut une année de sécheresse; mais il est utile de faire voir de combien la quotité de pluie tombée fût au-dessous de la moyenne.
D'après les expériences que M. Maret , ancien secrétaire de l'académie de Dijon, fil en celte’ ville pendant vingt ans, il trouva qu'il tombait moyennement par an 0,705. Or, des expériences de .M. Bonnetat, ingénieur en chef, directeur du canal de Bourgogne, il résulte qu'en 1832 il ne tomba A Dijon que 0,4895, savoir:
En 1831, la quotité tombée fut beaucoup plus considérable: elle s’éleva A 0,822 ; elle fut de 0,006 pendant les huit premiers mois, tandis qu'en 1832, elle ne fut que de 0,2725.
Le 6 septembre, veille du jour où je commençai mes opérations, il tomba 9 millimètres de hauteur d'eau ; mais la terre était desséchée, et oetle pluie ne put en rien modifier le volume de la source. le 9, il tomba encore 9 millimètres, mais qui, de même, ne durent avoir aucune influence. Mes expériences étaient presque terminées lorsque la pluie arriva.
Lors de ma seconde descente sur les lieux, le 29 s<‘plembre, il y avait quatorze jours qu'il n'élail tomlié une goutte d’eau ; la dernière avers<^ avait eu lieu le 15 (5 millimètres de hauteur) : aussi ai-je trouvé A celte époque le débit minimum.
Jusqu’aux lundi et mardi 15 et 16 octobre, époque de mon troisième voyage, d y eut quatre jours de pluie qui formèrent ensemble une épaisseur d’eau tombée égale à 0,654. La source du Rosoir débita davantage.
Janvier
Février
Mars
.Ivril
Mai
Juin
Total.
Juillet 0,011
.Août 0,017
Septembre 0,028
Octobre 0,058
Novembre 0,083
Dfwmbre 0.018
)M HIStoiRÉ læs FONTAnySS PCBUQ0BS DE DUON. — 1- PARTIE.
• Enfin, depuis «elle époque jusqu'au B novembre, l'atmosphère fut presque toujours obscurein d'épais brouillards (*) ; la tem» était tout A fait arqpilie, 1 eau qui tombait arrivait facilement aux soum-s : aussi les pluies précédentes avaientelles augmenté leur volume. Itien jdus. je |M>nse que les 21 millimètres de hauteur qui tomb»'‘n‘nl le I et le 2 novembre durent grossir immédiatement le Hosoir, et qu'A cette enii.se est dil raceroisscment de débit de la fontaine pendant l’opération môme.
Jawirrair**» ^ la tfa NtMoér mi insa.
Eu 1832 la quotité d'eau tombt-e pendant les six premiers mois de l'année a été trouvée égale à Ü,2il5; en 1833, de 0,2li'J, savoir :
Janvier
Avril
Février
Mai
Mars
1 Juin
Totai 0,2(i9
Il était donc pemiis de croire que la fontaine du Rosoir, au mois de juillot, débitait encore une (juantité d'eau supérieure à celle de septembre 1832.
Cependant, comme les meuniers déclaraient 1e contraire, j'ai dû recommencer mes expériences sans quoi j'aurais pu craindre de m’abuser im présentant comme minimum le produit déduit diw obsi-rvations jin'sédenles.
En conséquence, je retournai à la fontaine du Rosoir.
K»|»érlf ef 4ca immiimII • «*4 rtlMMiaMlie V Jiilllefi IABS.
17" Longueur de l'orifice. 0,522
Valeur de /i< 0,3385
lilcin de fl tl,28
Produit réel, 2” 81 par minute.
G; produit est beaucoup trop faible. J'avais mis mon barrage en étal le samedi soir; l'oinerturede la vanne avait été portée à 0,0.58.5, mais le dimanche matin l'eau passait par-dessus le déversoir : au cul>e de 2,81 devait donc être ajouté celui de l'eau ainsi perdue.
(') |j! 29 octobre, il y «ut nn« pluie qui donna 0,004 d'épaiaiour.
aUPITRB III -^SOVHCB DU RgWIH
«M «l*r^V . 0,522 ' «Mr-rji»-'
VfdàUI hi- n,n. r ^ v> 0,317,^,,-.^
c ‘m . U® Tl f • 0,247 . , ,
^ ■ Prodwil réel. 3:lH par uiiaulft. .^. v*
P» '« ,«. ,T0° U>ngueur de l'orilke. . . 0,522 Valeur de A, 0,2705
. . Produit réel, 3"3i par minute. , . . T^>.'... .
^ „ 20" Longueur de l’orifice . . 0..510 ^ , .
«,rti*iOO>.^ J' ''®^®“r de h (') . , 0.1.56
Produit rt'-el, .3“ 370 par minute.
.1,^-'^ limpÿrteMM a« â M*itl hiHr «.n prémmct' di* M. Cba|,^r. |,r^rM 4r Im 4’*lr-d'*r.
Je retournai le dimanche i aoitt A 1a fonlainn du Uoi>oir a>ev M. Cliaper, préfet de la Côte-d'Or. Au lieu de L'ir»! écouler l'eau avec charge sur l orifice. nous la fîmes passer sur la erétc d'un déversoir, afin (]Ue le niveau pôl ge iiier plus rapidement, et nous truuvôines :
21" Longueur de lorifice 0,512
Valeur de h 0,114
Produit réel, 3" 145 pur minute.
Ss|»éfi^iM^> da |("«di «rp4#nit»re.
P'-.s »dfll ^
22" Longueur de l'orifice 0..545
Valeur de /i 0,142
Produit réel, 3" 107 pur minute.
I# hauteur d'eau tombé<; pendant le mois de sepUmüire ('} rendait inutile
(^) L’oriflce forroail dévcisoir.
' (tj n Ml (ombd pendant ce mois 0,058
Au mois d'août 1 . 0,058 0>f‘
J, Au mois de juillet 0,058
Dans les uiocs précédents 0,269
4 ■ Total ; . . . . 0,4430
le mûme intervalle il n’était tombé, en 1832, que 0,3005. C r.-
Mlle opération nouvelle; j'ai donc cessé mes jaugeages, et il ne me reste qu'4 rechercher parmi les précédents celui qui produit le chiffre min^num. Pour cela, il faut recourir aux 11”,|12' et 13' expériences (année 1832), et s’arrêter à la dernière; on sait en effet que, si elle accuse un résultat supérieur aux deux premières, c'est uniquement parce que le plan des eaux était plus relevé en amont du petit barrage, lors des expériences 11 et 12. On sait aussi que le chiffre donné jiar cette 13' expérience est inférieur à celui que l'on aurait obtenu si l’on n’avait pas été contraint de maintenir le petit barrage et si l'on avait tenu compte de la vitesse sensible qui s’établissait en amont.
On voit donc, par tous les jaugeages précédents, jaugeages faits avec le plus grand soin, et par les derniers motifs que je viens de développer, que. l'on avait droit de compter sur le produit de 2" 77 par minute.
Ainsi sous le rapport de la qualité de ses eaux, de leur température, de leur volume, 1a source du Hosoir présentait toutes les conditions que l’on doit rechercher dans la fourniture d'une ville.
Je proposai donc définitivement de la dériver au moyen d’un aqueduc en maçonnerie : le Conseil municipal approuva ma proposition , et le Conseil général des [>onts et chaussées voulut bien accueillir le projet que j’eus l'honneur de lui soumettre.
Les travaux de la dérivation commencèrent le 21 mars 1839 : le 1" août 1810, la ville fut mise par le jury d’expropriation en posses.sion de la source, et le 0 septembre 1810, elle arrivait A Dijon, après avoir parcouru en trois heures trente-trois minutes l’aqueduc en maçonnerie d’une longueur de 13,000 mètres, eu nombre rond.
Je m'occupai presque immédiatement de recommencer les jaugeages que j'ai toujours fait exécuter annuellement, à l'époque des plus grandes sécheresses.
J'étais impatient de m’assurer si mes prévisions relatives à l'augmentation du débit de la source, par suite de l'abaissement de son niveau, se réaliseraient.
Le tableau suivant donne les jaugeages effectués en 18i0-il-12-13-14-l.>lü.
ün a eu le. tort de ne pas continuer ces opérations depuis mou départ de Dijon.
CHAPITKE DI.— SODRCE DD ROSOlK.
lüi
MiMIMaM <M> ta MBlrtv n*Hlr «cvala >!«■ tmm ira<M>.
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▼ABTOVX
fclCV.
Octobre
Ht
tH.
Ht
Ht
20 aoiH
9 M*p(enibre. . ♦
11 septembre.. .
8 mars
5 novembre . . .
18 novembre. . .
17 novembre.. .
6 janvier
18 janvier
4 avril .......
17 mai
lISjuilH
t 7 août...
» 28 août
I 6 septembre.. .
Iî3»epleml>re...
3 octobre...,.
27 octobre
7 novembre...
V27 novembre,..
4 mars
25 mars
10 mai
119 juin
6 juillet
'«juillet......
jiO août
4,3ifl
|18 août
2 septembre,. .
H septembre...
Î4 septembre...
\29 septembre...
OUUVATIOIIt.
k siMTffwb. il«t à efl o«ubM IM) i Abu).
«nj«ia IM#
Il résulte de l’oxamen des chifTres fournis par les jaugeages exf^cutés avant et après la construction de Taquedue :
1* Qu'en 1832, le produit minimum a été obtenu le 30 septembre, et a été de 2,770 litres par minute;
2" Qu’en 1833, le produit 3,107 litres par minute ;
3” Qu’en 1842, le produit 3.973 litres par minute;
minimum a été obtenu le 5 s«‘ptembre, et a été de minimum a été obtenu le 9 sepb;mbre, et a été de
10# HISTOIRE DES EXINTAINES PDBLlyUES DE buOïf. — I- PARTIE.
i" Qu'eu 1843, le produit minimum a élé obtenu le 11 septembre, et a été de 3.92H litro.s par minute;
5° Qu'en 184"), le produit minimum a été obtenu le 3 oiTobre et a été de 4.f>3ô litres pur minute ;
(»" Qu'en I8lt(. le produit minimum a élé obtenu le 29 septembre, et a été de 3,7()9 litres pur minute.
Or, c'est le li .septembre 1 810 que les eaux de la source du Rosoir ont été jetées dans l aqueduc en maçonnerie qui, depuis celte époque, les conduit à Dijon. Le débit minimum a donc singulièrement augmenté depuis cette dernière période.
Il était important d'examiner si cet accroisseraeul n'était pas <lû aux travaux exécutés dans le bassin de la source.
Ou verra plus lard que le niveau de la source du Rosoir était le niveau même de la petite rivière de Su/on sur le bord de laquelle elle prenait naissance.
J ajouterai (pi'clle était- plact^e sur la rive droite et que la rive gauche se prêtait Iwancoup mieux que la droite à l'établissement de l’aqueduc.
Il fallait, dès lors, que la source du Rosoir traversât Suzon, et je fus obligé d'en approfondir le bassin |>our la jeter dans un petit tunnel construit sous la rivièr»;. Le radier de ce petit tunnel est h l” 30 en contre-bas du niveau habituel de la source du Rosoir à l'époque des basses eaux : â cette même époque, le niveau des eaux qui coulaient dans ce tunnel était à 0" 20 en contre-haut du radier; le niveau du bassin de la source a éprouvé un abaissement effectif de 1" 10.
Kh bieni c'est à cet abaissement, comme je vais le démontrer par une expérience décisive, qu'est due l'augmentation notable du débit de la source en basses eau.\.
Du reste, si l'on se reporte aux observations consignées h la suite du résultat des jaugeages de 1832 et 1833, on reconnaîtra que j’étais autorisé à pressentir celle augmentation, puisque le volume de la .source grandissait au fur et à mesure que les différents appareils de jaugeage employés permettaient den abaisser le niveau.
Aussi tous mes efforts tendaient â ce but et c’est pour l'atteindre, âutant 'qUe pour placer l aqueduc sur un terrain facile, que j’ai constniil Ife tünnél àous la petite rivière de Suzon.
aui>iw m.— soDBCE m
lO?
Le 18 août 1846, le volume débité par la souree éti)it de litrea par mi nutc et l'épaisseur de la lame qui coulait sur le radier de 20 centimètres.
La source coulait donc à un niveau de 1*10 au-dessous de celui qu'elle avait CH 1832 et 1833.
T.e 19 août, j'ai fait baisser en partie la vanne établie à l'eptrée du tunnel, et da celte manière, j'ai relevé de T'IO le niveau des eaux dans le bassin de la ^pree, qui coulait ainsi sous rinfinemo de son niveau primitif.
Et, lorsque le débit a été parfaitement réglé (’), j'ai procédé au jaugeage, qui a prqduit 2,400 litres par minute.
La 20 août, après avoir relevé la vanne, j'ai fait procéder à un nouveau jaugeage et j'ai obtenu un produit sensiblement égal au premier, 4,180 litres par minute.
fl ne peut désormais y avoir aucun doute sur l’influence que l'abais-semenl du niveau de la source du Rosoir a exere.ée sur son débit-
Si maintenant on veut connaître le volume total quelle versait dans les trois expériences précédentes, il suffira d’ajouter aux ehiffres ceux du débit des prises
^'eau de Messigny, Vantoux et Ahuy.
A Messigny, le 18 août, coulaient, par minute. . . l.îO litres. A Vantoux et Ahuy 115
Total 271 litres.
4 Messigny, le 19 août, coulaient, par minute. . . 92
A Vantoux et Ahuy 115
Total 207 litres.
a. I II 1 1. ■ I
A Messigny, le 20 août, coulaient, par minute. . . 161
A Vantoux et Ahuy 115
Total 276 litres.
Ainsi, le produit total de la source du Rosoir était :
(•) Les trois jauRoaRes des 18. 19 et 20 août ont été faits dans le réservoir de la porte Onillaoine, lequel servait de récipient; d'où il suit qu'il faudrait, pour avoir le débit total do la source, ajouter aux chiffres de cos jaugeages le volume des prises d'eau de .VIessigny, Vantoux et Ahuy.
IM HISTOIRE DBS FONT.U.TES PCBUQUES DE DUOR. — I" PARTIE.
Le 18 août ( nWeau actuel ), 4,221 litres.
Le 19 août (niveau primitif), 2,607 litres.
Le 20 août ( niveau actuel ), 4,402 litres.
Le débit de la source, ramenée à son ancien niveau, était redevenu sensiblement égal à celui que mes premiers jaugeages accusaient.
C'est donc bien à l’abaissement de 1“10, apporté par les travaux dans le niveau du bassin de la source du Kosoir, que l’augmentatiiin du débit minimum doit être attribuée.
Nous venons de dire que le débit de la source du Rosoir, lorsqu'elle coule übrement et que la surface du bassin est à 0“ 20 en contre-haut du radier du tunnel, était de 4,221 litres par minute, ou par seconde 71 litres.
Nous avons également reconnu qu’à 1“ ,S0 en contre-haut du même radier, le débit par minute était de 2,607 litres, ou par seconde 44 litres.
Enfin, il résulte d'une troisième eip<irience, faite dans les mêmes circonstances, qu’à 0" 65 en contre-haut du radier le débit devenait égal à 3,700 litres par minute, ou par seconde 62 litres.
Des résultats analogues, que j'ai eu l'occasion de vérifier pour un grand nombre de fontaines, ne doivent jamais être perdus de vue par les gens de l’art chaînés d’utiliser les sources.
Qu’il me soit permis, à cette occasion, de faire quelques réflexions sur la constitution des sources et sur la possibilité de prévoir à l’avance, dans certaines circonstances, l’augmentation de volume qui résulterait d’un abaissement déterminé du niveau du bassin d'émergence.
Faisons d'abord une revue sommaire des divers systèmes imaginés pour expliquer l’apparition des fontaines.