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CHAPITRE ni DE L’ORIGINE DES FONTAINES

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DE LÜRKilKE DES FUNTAlîSES.

Il n'est personne aujourd'hui qui, consulté sur l'origine des fontaines, ne réponde hardiment quelles sont le produit de l’infiltration des eaux pluviales.

■ Mais cotte idée n’a prévalu qu’après bien des siècles, et les anciens philosophas avaient donué d'étranges explications à un phénomèni; doqt l'origine nous parait si évidente aujourd'hui.

Les eaux des fontaines, di‘s rivières i;t des il<‘uves s(‘ jettent dans la mer, disaient-ils, et son niveau ne varie pas! yuelle est donc- la loi mystérieuse qui le règle? Car, à ne considérer que le volume des eaux versées depuis tant de siècles dans ce gouffre immense, la terre entière devrait être recouverte par un nouveau déluge.

Pour se rendre compte de cet invariable équilibre ils ont imaginé que, par des conduits souterrains, la mer rendait aux fontaines, aux sources des fleuves le volume qu’elle en avait reçu; qu’il s’établissait ainsi une sorte de circulation perpétuelle entre les eaux de superficie et les eaux souterraines.

Nulle objection ne les arrêtait. r

Les eaux de la mer sont salées (') et les eaux de fontaines sont douces.

Eh bien! les substances salines se déposaient dans le trajet des eaux.

Celte réponse ne portait-elle point la conviction dans votre esprit, ils avaient è leur disposition un feu central qui n^duisait en vapeur l'eau de ces canaux touterrains, et les produits de cette distillation immense, s’élevant des profen-

•• t vufjm*}* ■

(>) En représentant l'eau douce par 1,000 : f

L’Atlantique a pour poids 1,028

La Méditerranée 1,030

L’Adriatique 1,029

La mer Ionienne , . 1,018

La mer de Marmara aux Propontide.s 1,013

La mer Noire 1,014

Lamerd'Azof 1,012

^ La mer Caspienne I,0S5

L’aiialyM dis eaux de la mer Morte donne ;

lf« mSTOmE MS PMrr.UHBS PUBUQDES PE PARTIE

denrs de la terre, se condensaient à la surface et vous offraient les fontaines dégagées des éléments impurs quelles devqiept à leur prigine.

One devenaient ces accumulations s<k'ulaires de substances salines? Pourquoi n’obstruaient-elles pas les conduits? Pourquoi ces immenses alambics ne se remplissaient-ils pas? Pourquoi aussi cette variation périodique des fontaines dans les temp»s de pluie et de sécheresse, tandis qu elles auraient dû présenter toujours un débit constant avec un réservoir comme la mer?

Aux premières objections, on répondait que la nature a des ressources infinies et que l esprit des hommes est impuissant à les sonder. A la dernière, on avait fini par accorder que les eaux pliniales pourraient bien exercer quelque influence dans la solution de la question qui divisait tous les esprits.

Et, d'ailleurs, les partisans des systèmes si dédaignés aujourd'hui n'avaient-ils pas pour eux des préjugés religieux, et, au besoin, le texte mal compris des livres sacrés?

Jadis Platon et d'autres philosophes indiquaient, pour le réservoir commun des sources et des fontaines, les gouffres du Tarlare.

Des écrivains chrétiens ont prétendu plus tard, pour expliquer l’ascension des eaux du fond des entrailles de la terre, qu'elles n'y étaient point assujetties aux règles de l'hydrostatiijue {*).

Saint Thomas admet l'ascendant des astres ou la faculté attractive de la terre, qui rassemble les eaux dans son sein par une force que la Providence lui a départie suivant ses vues et ses desseins.

Puis arrivaient enfin, (lour trancher la question, des passages mal interprétés de la Bible, que l'un jetait imprudemment au milieu de disemssiops toutes humaines.

f.hlorurft de magnésium 0,146

Chlorure de calcium 0,031

Chlorure de sodium (sel ordinaire) 0,078

Chlorure de potassium 0,007

Bromure de potassium 0,0013

Sulfate de chaui 0,0007

Eau 0,73S

(t) Avaient-ils remarqué les merrcilleus eflels do la capillarité, et lui donnaient-iLs une puissance que l’cspérience ne reconnaît pas?

' ■ 'dJAPirftk ift.— rtfc Bte WmitaWbs. m

jkJtif 'sotilértfr ié'fattt SJ-ètRine de* eondRitt #»«Wrrain« et de* idatnbiite monstrueux, on s’MâyRît de We* partdifs de VFecfénatie, verset 7 :

* k TWWü le* fleuVes ehtrent darta la mer tel la hieir nt» tv^oife fWM le* flenves retdnrtlt'nt aü n#rtl* lied d'6d ils étaient sorti» Jiottr rtniler eneore. »

Vbilîl donc, S’éerhtU-on, la prenVe irtéensablfe de la itrandeeitrolation aoirtei^ IHllhe dés eaux, Héchlatlon nééessaire. Indispensable, car sans elle bt ferre disparaîtrait encore sous le niveau d une mer sans rivaees; « Hure» <piam mille ï flnrii in rtlhre Sé exonérant, et majores ex illis tant# copié, ut aqua illat qdam 'àper totum hdnum emittlint io mare, superet lotaih lelbiretli. s (f^etriii*.)’ Cérté cohséquehce n’est pas rassurante, mai* intplique-t-elte nécessairemélH le mode de cimilatiôn adopté par les défenseurs des canaux soutertairttT ' Ifest-il Ipas possible éük eaüx vérséés dans la mer d’en sortir d’üne adtt* h^on %t sous’unè autre fnrtne? ’

ta incl- n‘rtBVe-l-élle pas une ph>d$piéUse surface i\ l’évaporation joliénéllWt^ Ne voit-on pas que cet immense volume d<r vapeur, qui chaqué jortr s'eM éifté, ^ül é'^ler et dépasser mPtiil^, kù bodt de l’année, d’utie part le Voliitné de* pluies qu’elle a reçues directement, et de l’autre, le <lébit des fleuves?

"fes vapePrs, ert devenant des nnapesque les courants atmo!q)héHque* dééhi- Wht et transportent, et dont une partie finit par sc résoudre eh pluie sur lés terres, ne peuvent-elles pas à leur tour alimente* par infiltration Icilfontaihe*, ife nkières et les ftetives?

bn connaissait l’une des moitiés de cette chaîne sans fin qui devait néée*»àîH*ment unir les fontaines à la mer et la mer aux fortialnes. fin dérobait l’ébftb i ïi'o's ybnk en la plaéant dans Iw entrailles de la ferre; on peut té vV)ir au feontmire : les nuages en sohl les anneaux. c

Ajoutons que les variations des sources, suivant les circonstances atmosphériques et leur épui.sement wrs le mois de septembre, sont la conséqueih* immédiate du système que nous indiquons.

Et tout s’explique aisément alors: la purification de l'eab des mers n etifera plus pour s’opérer, comme dans le système de Descartes (‘>, que l'on imafine

• Les eaux pénétrent par des condoits soutbrràins josqu'au-deesous dés Wàtégaes, d'^

U chaleur qui dans l'a tbrré, lé* éléVani ‘en vapéd* v«M létm shéameM , é!kê ÿ Vont rétt^ lté sdnirèee 'dis (Mitaines et dta HvthHe. S i»**o »■

lit HISTOmE MS FONTAINBS POTUQOES DE DIJNMl. — I- PARTIE.

des feux sonterraiDs, des alambics inoommensurHbles; le soleil ici sera le foyer et le bassin des mers le creuset de cette distillation immense.

Je ne donnerai point les calculs méb^orologiques qui ont fait passer cette théorie à l'état de vérité mathématique ; ils sont du ressort de la physique.

. Lne objectiou a été faite cependant ; je crois devoir la rapporter, parce qu’elle nous conduira sur la voie des divers moyens qui peuvent être employés pour arriver à découvrir des sources.

On a dit ; les eaux pluviale.s ne pénétrent jamais qu’à quelques pieds dans les terres, comment pourraient-elles donc former les fontaines? Pluvia non ultra decetn pedum profunditatem humectât terram (Varenius) : Omnix humor intra primam crustam consumitur, nec in inferiora detcendit (Sénéque).

Cette assertion serait-elle vraie en ce qui concerne les terres végétales, que la théorie précitée n’en serait pas ébranlée; car ce n’est point généralement à l imbibition des terres à une profondeur plus ou moins grande qu’est due l'origine des sources.

On peut, en effet, partager les sources, quant à leur origine, en trois catégories principales :

l' Celles qui prennent naissance dans les terrains imperméables : elles doivent en général offrir un faible débit et tarir aisément, car elles ne .sont, à vrai dire, que l'égout superficiel de ces terrains.

Quelquefois, pourtant, les terrains imperméables se laissent traverser par des sources très-abondantes d'eau thermale qui jaillis.sent à travers les failles qu'une convulsion géologique a produites.

2” Lorsqu’une couche imperméable recouverte d’une formation perméable vient affleurer soit le flanc, soit le fond d'un vallon, on comprend qu’il doit presque toujours y avoir en ce lieu production d'une source plus ou moins abondante : telle est l'origine de la fontaine du Rosoir.

Si la couche imperméable passe sous le vallon à une profondeur notable, et qu’elle soit recouverte d’une cotichc perméable arrivant jusqu'au fond de ce vallon, il se forme là une sorte de vase rempli d’eau, dont le niveau monte ou baisse suivant la saison. Le dégorgement de ce vase, qui donne naissance à une ou plusieurs sources, doit en général s'opérer au point le plus bas, c’est-à-dire au fond du vallon; *t toutefois de nouvelles sources, moins fortes, il est vrai, et moins constantes que les premières, peuvent surgir sur les flancs des coteaux.

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