CHAPITRE ni —DES CHERC1IEÜB5 DE SODRŒS AMOENS ET MODERNES, ir
Il est imitile d'ajouter qu’une fois la source mise à jour, soit qu on en réunisse les suintements dans unpuisard.soitqu'onla n-cueilleau moyen <1 un orilice pratiqué dans le petit barrage enraciné dans le sous-sol iinperméalile, il «si facile de la distribuer, selon le bt'soin, jwrtout où sou niveau j>erraet de la conduire.
Tel est le résumé de la méthode de .II. l'abbé Paramel. On conclura aisihnenl de ce qu'on vient de lire, i}ue ce procédé ne je-ut être aiqiliqué ù la recherche des sources circulant dans une couche perméable ayant des couches imperntéables pour ba.se et pour toit. Ces sources, dites artésiennes, ne s’obtiennent en elfet que par la fracture naturelle ou lep<*rcement artificiel de l’enveloppe supérieure; — mais encore une fois, le mode d'inv(*stigatioii de M. Paramel reprend sa valeur et son utilité pratique pour la recherche des nappes formées par le suintement des eaux pluviales à travers des terrains détritiques, plaa's sur un terrain composé d’argiles comjKicles, ou de marnes ou eiiün de terrains massifs cjuelconques imperméables.
Il n y a là, comme on le voit, ni procédés mystérieux, ni magie; — un peu de mise en scène peut-être! Toutefois, il faut reconnaître que malgré les ineerUludee qu’ils pré>sentent, les nioyeas d'exploration de l'abbé Paramel ont été pour les habitants des campagnes l'occasion de découvertes précieuses, en permettant parfois de faire surgir du sol des eaux (jui, suintant et circulant à une certaine profondeur, allaient auparavant se perdre dans le sous-sol des bas-fonds et dans le thalweg des vallons. En effet, ces eaux ainsi ramenées à la surface présentent une utilité nh:lle au lieu de contribuer le plus souvent à rendre marécageux et improductifs des terrains naturellement riches de puissance végétative par leur composition minérale, par leur position, et destinés à prendre une grande valeur par i'as.sainissement.
Je terminerai œt exposé des moyens de rechercher les sources par l’extrait très-curieux d'un ouvrage de Ihsruard Palissy, cet homme aussi élevé par le < . caractère que par le génie
Cet extrait comprend une partie du dialogue entre Théorique et Pratique, au sujet des procédés à employer pour découvrir la marne et les sources.
(•) Il appailenalt à la religion réformée; ü fut arrCti par ordre des Seize et enfermé à la Bastille. Henri III alla le visiter dans sa prison et l’engagea à abjurer; • .Sire, lui répondit Palissy, ceux qui vous contraignent ne pourront jamais rien sur moi, parce que je sais mourir. «
U mourut à quatre-vingt-dix ans, vers 15d9.
HiSÏ(MH£ DBS FONTAINES PUBI.IQDES DE DUON. — I" PARTIE.
Théorique esl, comuieon va le voir, iiu peu sacriliép à Pratique, sous le nom de laquelle Bernard PalLssy fait euiinaîln* sou opinion.
« PRATiytiE. .Si je voulois trouver de la marne en q\ielqiie province, où l invention ne l'ùt encore connue, je voudrois chercher toutes les terrién's, desquelles les potiers, briquetiers et tuiliers se servent en leurs lèuivres, et de chacune lerriére, j en voudrois fumer une portion de mon champ, pour voir si la terre seroit ameilleun^e ; puis je voudrois avoir une larrière bien lonque, laquelle tarrière aurait au bout de derrière une douille creuse, en laquelle je /dantcroù un tHiinn. auquel y auroit, par l'autre bout, un manche au travers, en forme de tarrière, et ce fait, j'irois par tous les fossés tle mon héritage, auxquels je planterais mu tarrière, jusques à la longueur de tout le manche, et l’ayant tirée dehors du trou, je regarderais dans la cavité, de quelle sorte de terre elle auroit apporté, et l avant nétoyée, j'ôterois le premier manche, et en mettrais un beaucoup plus long, et remettrois la tarrière dans le trou quej'aurois fait premièrement, et percerais la terre plus profond, par le moyen du second manche; et par tel moyen ayant plusieurs manches de diverses longueurs, Ton ponrroit wivoir quelles sont les terres profondes, et non-seulement voudrois-je fouiller dans les fossés de mes héritages, maisau.ssi par toutes les parties de mes champs, justju'à ce tiue j'eusse apporté au bout de mu tarrière quelque témoignage de ladite marne, et ayant trouvé quelque apparence, lors je voudrois faire en icelui endroit une fos.se telle comme qui voudroit faire un puits.
0 TitÉoHioLE. V oire, mais s'il y avoit du roc au-dessous de ces terres, comme I on voit en plusieurs contrées que toutes les terres sont foncées de rochers?
n Pratioüe. a la vérité, cela seroit fâcheux; toutefois, en plusieurs lieux les pierres sont fort tendres, et singulièreinenl quand elles sont encore en terre ; pourquoi me semble qu’ime tarrière les percerait aisément, et après la tarrière, on pourrait mettre l'autre tarrière, et par tel moyeu on ponrroit trouver des terres de marne, voire des eaux pour faire puits, lesquelles bien souvent pourraient^ monter plus haut que le lieu où la pointe de la tarrière les aura trouvées: et cela se pourra faire, moyennant quelles viennent de plus Imut que. le fond du trou que tu auras fait.
« ThéoUiol'F.. Je trouve fort étrange de ce que tu dis que si le roc m'empêche de percer la terre, qu’il faut aussi p<îrcer le roc; et si c'est du roc, qu 'ai-je faire de le pt-rcer, vu que je cherche de la marne?
ŒAprrHE ni. — DES CœRCœm.S de .sources anciens et modernes. 119
« Phativle, Tu as mal enleiidu, car nous savons iju'tm plusieurs lieux les lerres sont faites par divers bancs, et en les fussoyant. on trouve quebiucfois un banc de terre, un autre de S!d)le, un autre de pierre, et un autre de terre argileuse... »
Celte description de rinstruinenl de Bernard Palissy, dit M. de Tburj, ne convient-elle pas à la première ébauche d'une sonde, et ne semble-t-elle pus être lu preuiièn^ idée de lîi'bn <pii a dû en être rinventenrî Kn elfet, pour que riuslruuient prenne b^ nom di‘ sonde, il suffira de elianger ses allonges de bois en liges de fer, et cl'en joindn: plusieurs ensemble; quant è l'art de s'en servir pour obtenir des eaux jaillissantes, le langage de Pali.ssy est assez positif pour que riionneur et la priorité de cet art lui soient accordés.
Dtï nos jours, où la magie est un peu à l'ombre, celui qui vent découvrir dans les entrailles de la U-rn- b»s nap(M's d'eau ou les richesses minérales (|u'elles recèlent s'adresse, avei- plus de confiance à la sonde de Palissy ipi'à la baguette de coudrier : elle, ist moins portative, il est vrai, mais elle a le grand avantage de tourner sans le moindre caprice entre les mains de quiconque veut l'employer.
Lorsqu'on est parvenu à savoir qu'un terrain renferme des couches aijuifères, on peut en réunir les eaux par les procc'aiés suivants :
1° Si elles coulent souterrainement au fond d'une vallée étroite, il convient d'arn'‘ler leur cours ;\ l'aide d'un corroi ou d'un Ix’touage descendant jusqu'aux couches relativement imperméables. Cest le moyen que je pro[>ose (deuxième partie, l" chapitre), pour accroîtr»!, si on le désire, le produit de raqueduc de Dijon.
2" Si lu couche aquifère descend suivant l’inclinaison d'une colline, ou peut recourir au modo indnpié par Rélidor (page 5I>), en ayant soin d'enraciner la culée d'aval que l'on rendra étanche, ilans le terrain imperméable.
On peut aussi soutirer l'eau au moyen de pierrées dont les culétïs perméables et la voûte également perméable comprennent nn radier et une cuvette imperméables.
Du reste, dans ces natures de terrains, toute piem'c amènera nécessairement de l'eau, car elle fonctionnera comna' un drain. L'ii mol inainlenant sur la possibilité que donne le drainage d'obtenir artificiellement des sources, et sur I a|>plicalioii de le protédé aux fournitures d'eau des villes,
HISTOIRE DBS KONTAlïIBS PUBLIQUES DE DIJON.— I" PAHTD;.
uns MOYENS UOin’EMH ARTIFICIELLEMEM DES SoîllCES.
1,(> drainaiio il drjà |irfHl(iit, sous rapport, dos ri'-sultats qui pri-si'iiUuil un InVvif iutôn'l.
E, O. Ward listj. sVxpriiuo ainsi, daus uno hrixdiuro iiitiUiléo : iloyeude créer des sources arli/iciellcs d'eau pure pour ( ul'imaitai 'ion des villes :
a E'l••lu polablo ne doit pus seulement ùtn^ cuiulnite et distribuée par des canaux arliliciids, tdle doit aussi tMre recueillie |iar un réseau di' tuyaux urtilieieU pour c|ue, daus tout son parcours, à partir de lu terre oùellu IoiiUm" jinaju au ndiinet on elle se consomme, elle soit à l'abri des altéruliuns uiTideiilelles. » Iles tuyaux colkTleurs sont à ses yeux, pour l'exlrémité rurale ije ra(|ueduc, CO <|ue sont |iour son extrémité urbaine les tuyaux ilislribiileiirs, et de même ipie l'aipieduc est une rivière artiiieielle, de même ces tuyaux nourriciers sunt dus sources artilicielles : posés dans des sables siliceux, à 4 ou .à pieds de prorondeur, ils recueillent l'euii du pluie au point de su plus grande pureté, au jmint où elle s'est débarrassée pur la liltrution de toute imprégnation atmosjiliériipie , sans avoir eu le temps d’absorluT des impuretés terreslres.
A Farnbam, à Itugby, ù .Sandgate, à Otlery-Sainl-Mary, ce système a été pralitpié; la disposition des tuyaux de drainage destinés à recueillir 1 eau varie selon lu cunligiiraliüii du sol. Fin général, il convient de faire monter les Inyaiix principaux dans le sens de la pente du terrain, en dirigeant les embranchements à droite et i\ gauche : «luelipiefois on entoun* une colline d'un tuyau collecteur en suivant les contours de sa basi* et en dirigeant un embranchement vers son sommet, le long de chaque pli creux; (luelqiielois , coiuiue sur la bruyère de Furidium, un simple drainage en patte d oie, posé sur un plateau très-légèrement incliné, fournit une massu d'eau (pii dépasse toutes prévisions.
• On ne saurait rhn préciser à l'avance sur le coût du n''sean collecteur : il variera évidemment aviv la configuration du sol et avec sa nature.
M. \\ ard fait tdiserver que lorsqu'on peut se ménager, à l'amont des drains, un plateau sablonneux convenablement incliné, la pluie ipii y tomlie et s'y inlillre est dirigée vers le tuyau, de sorte ipu.» le drainage d'un seul hectare sert à recueillir 1 eau due à une .surface lK'aucou|> jdiis grande, ('.est ainsi (pi à fnrnluim, le drainage de I hectare de bruyère suflit à l'alimentation de 1 , .'RIO personnes.
aiAPITHE III.— DES MOYENS f>0|(TENm AIlTlFICtKI.I.EMBN 1’ DES SOIUCES. 131
L'iiifliii'Hi'ii (ie i-ollp rirconsimici* s'i'st piirrilli'im’iit •manitVsliM* d'unp iminii*n> frappanli' à Kiifiby <'l à .''andgatr, diMix villes, coiniiH' on Ta vu, nlimcnléi’s [mr lies sonnvs arlilinelli's semblablos A itIIi's de rnrnbani. I,a popiilatinn de üwjhij eslde lfl,0(H1 Aines, et pour la desservir, on projeta nn n'-s*'aii eolleeleur de 1,IMHJ acres (10i,(i7 lipctares). M. Rnnmiel eoninieiiea par poser «n Inyau prinei|inl pour recevoir b's ('mbranehemenls secondaires; mais. A son grand^loiinemenl,ce prciniertnymi.siifiilseiil Araliinontalionde tonte la ville: iv tuymi.qni est A joints ouverts cüinmo les tuyaux de drainage onlinnires, a fl pouces {ii'.Wi) de diamèlre et 18.5 yards (l(ifll",(iO)de développement. A ,'sandgate aussi le premier tuyau du réseau suffit, sans embranchement aucun, A la l•on8omlnuliondo la ville.
I.a disposition, le degn' d'inelinaison des terrains colleideurs inlUient d'ailleurs sur un autn* élément de la dépense de l'opération entière, c'esls\-ilire sur la capacité des rési'rvoirs A établir pour rnpjtrovisionnement de l eau versiN' par les drains. e
A Farniiam, remiuagasinage naturel de l'eau dans les subies est tellement coin* plet, le régime de celle conduite par les drains est tellement régidier, que tout le senice de la ville a pu se faire sans inconvénient, au moyen dune simple citerne de 2.50 mètres cubes de capacité.
I.'entrctien du terrain colleclmir avec son réseau tubulaire n'exige en général que de très-faibles sacrifices : M. Ward dit qu'A Farnham le soin des tuyaux collecteurs est confié A un seul homme, A un vieux draineiir qui lui a assim'" que cette iH’sogne ne lui prenait en moyenne qu'une journée de travail par mois : ce travail consiste principalement dans l'enlèvement du sable qui entre dans les Iu3'aux et qui tombe dans de petites fosses ménagées de distance en distance pour le recevoir.
•M. Word décrit ainsi la nature des terrains qu'il a rencontrés dans les environs de Bruxelles ('), et qui lui semblent favorables aux opérations précitées: f Sable perméable d'une profondeur d'un demi-mètre A 1 mètre, dont le
(') M. Want |>ropos.iil de tirer Au drainage l'cau néces.saire à l'aUmentatian de Bruselles. mais cette idée a été écartée. Des sources d'nnc extrême abondance et ilVsccUcnlc qualité, qui dest^endent des plalcanx de Waterloo, seront conduites dans la ville au moyen d'nn aqundne. M. le Imurgmestre de tlrnuckère, qui m’avait consulté sur le projet de fourniture d'eau de Bruxelles, a partagé l'opininn que j'avais cru devoir exprimer sur l'opporlunilé de préférer de* iourees créftt.
HISTOIRE DES FONTAINES POBMOrES DE DIJON. — I" PARTIE
quart supi^rirur csl iioirti pur iiii mélange de terre végétale résultant sans douU‘ de la déeoinposilioii des ravines de la bruyère;
i" Aiwlessousde cette bande nuire se présente, en général, au moins un demimetn- de sable pur, prfTisément l épaisseur désirable pour la filtration de l’eau ;
3" Sous ce filtre natund, bande de sable durci, cs|>èce de crcrtte ou d agrégat, évidemment inijierméable A l'eau : un sous-scd exacleimmt jHireil existe sur une grande partie des bnivèri*s anglaises, et c’est sur sa surface, au fond de la coiM'he sablonni'use, ipfil convient de placer les tuyaux colliH'teurs.
Sir f.harles i.yell, dans sa Monographie sur la gi'adogie compari'c de l’Angleterre et de la Belgique, s'exprime ainsi :
« A'omnic toute, ces sables (les lcrrainsci-<lessus déi'rits) m’ont rappelé parleur aspect et par leur l'aractère minéral une grande [lartie do la division ferrugineuse du lower green snnd, dans le suil-cst de l’Angleti-rre. » ('.'(‘st pn'‘cisément. ajoute M. Word, le lower green sand qui fournit l'eau pure et déliciinise dont jouissimt les habitants de Fambam ; on comprend, au reste, qu'une pareille eau, qui ne traverse ipie des sables siliceux, insolubles, et circule sur des terrains de même nature, doit jouir d'une grande pureté. L'aphorisme de Plini^ : « Taies sunt O aquæ quales sunt terne per quas (luunt, » est vrai de nos jours comme de son temps; d'autres natun-s de terrains collecteurs influeraient donc sur la ((ualité di« eaux versées ilans les drains.
Je liTininerai cet exposé par (|uelques mots sur lu superficie (pic le terrain collecteur doit offrir.
S’il s'agissait, par exemple, d’obtenir un volume d'eau annuel (*gal à V, on remarquerait que le terrain collecteur doit offrir une surface telle , qu’en la multipliant par la hauteur de pluie qui tombe annuellement, on obtienne le volume précité; mais évidi'inment on ne doit pas prendre la hauteur entière de la pluie ipii tombe; l’évaporation et toutes les autres causes de perle doivent faire n'duire d’un quart cette hauteur, suivant les ingénieurs anglais : je trouve même le eoeftieient 0,75 un peu faible, et je crois qu’il vaudrait mieux calculer sur moitié de perle.
Appelant H la baulenr de la pluie qui lomlie, S la surface cherclur, on aura :
Sx 0.5(1 H = V.
d’où
0,50 Jt ■II-
OIAPITRE III. — nF.S MOYEN.S D’OBTENIR .\RTIFICIEI,IÆMHNT DES SOCRCES. 1.13
Jo vicas de dire que l'on ne devrait rompter que sur inoilié de la Imiileur de la pluie qui tombe, pour la en^lion des l'onlnines urtilicielles; M. Babiiiel, de riiislitiil, a adopté la même proportion.
Dans un e.xcellent article ayant pour titre : i Arrosnneiil du globe, et [mbliiS par ce savant dans la Revue des Deux-Mondes, il raconte ni précise en c<-s termes l'idée connue de Bt'rnard l’ali.ssy sur la création des fontaines artificielles (') :
« Dans la France, et notamment dans les environs de Paris, 2 hectares n'çoivenl A p'u près jiar an 10,000 mètres cubes d'eau, dont la moitié put être iitilisih: pour la fontaine artificielle, c'est-à-<lire environ ,â,000 mètres cubes. Or. ce que les fontainiers appellent pouce d’eau est une fontaine (pii fournirait aisément aux Iwsoins de deux forts villaps, hommes et iM'stiaux. l ue fontaine donnant un demi-pouce d’eau fournit par an 3,(>.50 mètres culw's d'i'au (A raison de 20 mètres cuIm-s par jour pour le pouce d'eau); c'est beaucoup moins que b's.'S.tKIO mètres mibes d'eau de pluie que l'on pmil utiliser avec deux hcctari's, en admettant um> perte de moitié. Il faudrait donc biiui moins de 2 hectarts pn''par('‘s. comme nous allons le dire, d'après M. Sei'uin, pour obUmir infailliblement une belle et utile fontaine. Voici, en un mot, mon extrême conclusion. »
« Choisis.sez un terrain de 2 lieclares ou de 1 hectare et dimii, dont le sol soit sablonneux, comme le bois de Boulogne et les autres bois qui (mtourent Paris, et (pii offre, de plus, une légère pntc vers un edté quelconque pour fournir ensuite un écoulement aux eaux. Faites, dans tonte sa longueur cl au plus haut, une tranchée de 1 mètre 1/2 à 2 mètres de profondeur sur environ 2 mètres de large. Aplanis.sez le fond de celte tranchée cl rendez-le imprméable par un pavé, un macadamisage, un fond de bitume, ou, ce ([ni est plus simple et moins coùleux, par une couche de t(‘rre glaise, substance commune dans les environs de Paris. .\ cùlé de celte tranchée, faites-en une autre pareille dont vous r(?jeterez la terre pour combler la première, et ainsi de suite jusqu'à ce (|ue vous ayez, pour ainsi dire, rendu tout le sous-s(d de votre terrain imperméable A l'eau de pluie. Piaulez le tout d'arbres fruitiers, etsurlout d'arbres A busse lige, qui ombragent le lerraiu sablonneux et arrêtentles courants d'air qui tendraiiuU A réabsorber la pluie; enfin pratiquez, dans la partie la plus basse du terrain, nneespiVe
P) le inarcchal do Vautinn avait eu la même pensée en ejamin.iiit un jour les suinleroeuls qui s’échappaient , durant tout un été, d’un remblai fait pendant l’hiver.
ni.STOniF. DES FOiYTAINES PCÜLUJOES DE DUO?». — 1>‘ l'AnTtE.
do mur oii eunlrc-forl on piorro avec uno issue au miliou. Vous mirez inl'aillitdeineiil une Imniio ol liollo soiiroo, (|iii onulera sans iiilerniillonoo et siiflirn aux bi'soins irnn village oiilior ou d'un vaste cliùlemi. Je n'ai pus sons les yeux le [irix do revient ealeulé d'aprAs le prix de la main-d'teuvre et îles transports pour Paris et les dé|mrleinents, mais je me souvii'iis Iri's-liien que eelle dépense élait aix essilde à toutes les fortunes des particuliers dans Vaisanee et de toutes les communes privtV-s d'eau. I.a spéculation pouvait même s'en emparer pour faire le bien publie avec, l’utilité privée. Dans la forêt de Fontainebleau, si pauvre de fonloini's pour les hommes et pour le gibier, où le sol est si sablonneux et la terre glaise si i\ proximité, comment n’a-t-on point encori' pratiqué de. fontaines artificielles (')? Dans un voyage que j’y fis vers I81.'), je croyais avoir fait adopter cette idée i\ plusieurs des notables iiabiianfs ou des uiilorités de cette délicieuse résidence {’). Il est mille autn's localités des environs de Paris que je pourrais également indiquer. Le sol, bien loin d’étre rendu infertile par ces opérations, eu devient plus meuble, plus facile à amender, et les arbres ipi’il porte pour le protéger contre l'évaporation sont d'un bon produit et plantés dans les conditions les plus avantageuses. Tout particulier, toute commune, toute administration qui aura établi, n'importe i\ quels fraisel sur quelle écbclle, une fontaine artificielle, et qui pourra dire é tous : Faites comme moi, et même mieux que moi, en évitant les inconvénients que j’ai rencontrés et que je vous signale, aura bien mérité de la société entière, et pourra se dire : J ai fait quelque chose d'utile! »
Dex moyens d'élever les sources. Lorsque Ton veut utiliser une source qui émerge nuturellemcnt à la surface du sol, ou que Ton a découverte pur Ton des modes jin'-i (‘domment indiqués, ou bien que Ton a pour ainsi dire créée, à l'aide des procédés ci-dessus décrit.s, il jK'Ut arriver qu'il soit nécessaire d en relever le niveau à une hauteur déterminée.
Je n'entrerai h cet égard dans aucun détail; les moyens de monter les eaux sont tro|) connus pour qu'il soit niVessaire de son occu|ht ici, même succincte-
(') Le drainage conduirait proliahlcinent atiwi à de lions résultats.
(*) Cnst surtout en Hollande que Ton dcvTail construire les toDlaincs artiririclles do Bernard Palissy, dans ce pays san.s ronlaine.« ,
Qu.V Balavi rmUcin nescit areiia soU, suivant Teipressiou Irès-exacto d'iluygens le père.
CIIAPlTnE 111. — DES*M01XNS nOBTENin AUTinCIF.LLT.MENT DfîS SOURCES. 135
molli; (•(■(toiiilant, jo iiio poriuottrai (Inpiiolor ruUoiilioii du loctour sur un apparoil iiigoiiioiix auquel un peut riTuurir dans boaucouii do oas, lursquo le volume d’eau i\ l'dever est |h>ii considérable.
J ai vu fonolioiiner col appareil, exéoulé par .M. Hurand, dans une propriété apparleiianl à .U. Vuilry, aiieien député (Saiiit-Donnin. prés .Moiitereuu, Soiiieet-Marne): il consiste dans un polit moulin à vont élevé, au moyeu de quatre jambes de force, à la bauleiir de 12 mètres environ. Te moulin s’oriente de luiniénie, et l'on peut, suivant l’étal <lu vent, diminuer on amplilier la siirtuee de ses six ailes (').
l’ar un vent rétuilier et soutenu, sans être violent, le produit du moulin de .M. Vuilry est de ,'«llà (’>U lurtolilres par heure; il sélève parfois à 100 lieelolitres: il est seulement de quelques hectolitres (|uand le moulin ne tourne <pià île rares intervalles; dans des temi»s calmes, il peut y avoir évidemnient chomaiie comjilel. Cependant il est rare que de temps en temps il ne sélève pas quelque brise léjrère, dont un est sûr de profiter, sans s'occuper don rendre 1 action utile, puisque le moulin s’oriente smil. Le plus Ions ebèmage constate par .M. Vuilry a été de soixante heures (’). Sou appareil élève les eaux è la
(*) l‘n rapport do l'Académie de« sciences rend compte do celle mameuvre, t|ui sopîrc à l'aido do moyens tlifTéronls dans le moulin amélioré par M, Durand.
(«j Au sujet de la duree imssille du chômage de cel appareil, je donnerai lexirail d’une IcUrc écrite h rAcadéinio des sciences par M. Meleil, maire de I ancienne petite \ille de (.icrlH.Tov (|io|iulaliun 3 à 4110 âmes].
« La pasition de Gerberoy présentail des difficultés parliculiérw , et a fourni ainsi un ponre d'oxpérimentation i|ui ne peut .se rcucontror que rarcmenl. Le puits d ou I eau devait être extraite, profond tie fi."» mètres, est éloiRné de 13 mètn‘,s du |ioint le plus rapproché sur lequel le moteur ail pu être plaei ; de là est résultée la nécessité d’employer des renvois de moux emcul qui donnent à vaincre les frotleincnts de douze articulations, sans emploi, dans un cas ordinaire.
• l'no autre difficulté so rencontrait ilans uno mauvaise exposition au vent qui devait donner lo luüuvumeut à tout l'ap|iareil : si liant <iu’on ait pu placer cet appareil , il so trouvo cnlièrcmeiil iiias<[uc au midi par uuo vaste cplise qui le dépasse de toute la hauteur do sa toiture. Ainsi privée du veut du sud, rocovaiil mal celui du nord qui manque d’écoulement, la machine qui produit notre fontaine doit cependant essuyer les assauts du vent d’ouest, qui vient fondre sur nous en touniiente , resserré qu'il est par le corps de l'église.
• C’est dans ces condilions et par ce moyen que l'ancieunc (lulilo ville Je (lorbero) est parrciiuo à se procurer une foulaiiio qui, depuis laiilét dix ans, affranchit ses habitants de la dure obligation où ils avaient toujours été d'élevor leur eau à force do bras.
« Une particularité importante reste à signaler, parce qu'elle ré|H>nd péreinptniremciit au
13C HISTOIRE DES FOPfT AINES PDBUQUES DE DUOIf.— I” PARTIE.
hmitcur de S mètres ('). Les cliùniages, quelque rares qu’ils soient, rendent uèeessain- la ecnistnietion d'un ri'servüir. la- moulin de M. Vuitry sert à arroser: i“ Tn potager d’une rontenance de 1 hectare;
i" l’n jardin d’agn’uneni de 1 lieelare 1/3, eoinprenant 1/2 lieetaa- de gazon et plate-bande,
l,e produit du moulin sul'tit largement aux besoins : on pourrait même 1 utiliser au printemps, en prati(|uanl l’irrigation sur l hectare de terre convertie en prt'-s {’).
Le prix de l'aiqiareil est de 2,100 francs, savoir:
Moulin l,3.'>0fr.
Pompe A50
t'.hevalet, acci'ssoires, pose, etc. , . . ir>0
Total pareil 2,400 fr.
Je reviens maintenant à la possibilité d’accroître le volume des .sonrws en abaissant leur niveau.
J’ai déjà indi(iuê, page 113, les causes qui déterminaient cet accroissement; mais, pour bien préciser ce qui me reste à dire, à ce sujet , je considérerai d’abonl les ]>hénomènes hyilrauliques que présentent les puits artésiens ; il est possible de déduire certaines conséquences de l’application du calcul à ces derniers, à raison de la connaissance que l'on a de la longueur et du diamètre du conduit vertical (jui eoinmnnicpie avec le canal souterrain d’où s'élance le liquide ipii arrive au jour,
reproche de longs chômages adressé au vent, et (juo réduit Ii sa jasie valeur la réunion des circonstances ilvfavoraLle.s qui existent à Gerberoy. Cotte |iarticularité est qu'il a sufli d'un simple approvisionnement de 100 titres par habitant pour assurer à la couiniunc une atimeutatlou d’eau régulière et non interrompue, »
d) La plus grande hauteur à laquelle les eaux oui été élevées par l'appareil d<- M. Durand est de SO mètres.
M. Durand pose en fait qu'avec de l’eau prise ù 1 mètre en conlre-lms du sol, on |ieut pratiquer l'irrigation sur une surface d'environ 16 hectares, à raison d’une couche d'eau de 1 eentiniètrc par jour; cela équivaut, pour le moulin, é un produit de 1.600 unités dynamiques d.vns les vii)gt-<|ualrc heures.