CHAPITRE m — DES CHERCHEURS DE SOURCES ANCIENS ET MODERNES. I2.S
«n a.sp«T dess(^‘h<S la végétation est peu vigoureuse, les arbn>s rares et rachitiques; aussi M. l’abbé Pnrnmel à peine entrevoit-il et* terrains qu’il s’empresse de dire ; Il n'y a rien ô faire ici, n'allons jhis plus loin.
Cette conclusion négative, chacun l'avait déjà prononcée.
Lorsque le relief du terrain annonçait au contraire, d’après les indications précihlentes, un sous-sol de marne ou d'argile imperméable, il était rare, dit M. Parandier, que M. Paramel n’nnnonçAl pas l’existence d’une source, ou du moins la cliancede la découvrir en tel ou tel point qu'il indi((uait ntéme d'assez loin, .soit dans un vallon, soit dans un pli du sol.
Cette allégation reposait sur des bases aussi probables (|ue la décision négative dans le cas précédent.
En effet, le sous-sol, dans la nouvelle hypothèse «pii nous occupe, est presque toujours recouvert d'un terrain détritique, ne fùt-ce que de terre végiHale, ou bien d'un terrain de transport soit ancien, soit fluviatile, pinson moins moderne; les eaux pluviales y pénètrent et arrivent par suintementsjuscpiesurlesol vierge où elles circulent eu suivant la pente qui tend A les réunir dans le thalweg des plis de ce sous-sol. Elles arrivent ainsi jusijvi'aux parties inférieures du vallon où elles coulent sous la mas.se du sol. et <|uel(|uefois le détrempimt jusqti'A le rendre marécageux.
Alors M. l'abbé Paramel dirigeait ses pas vers l'origine du vallon; s’arrêtait au point où il supposjvit son profd le plus resserré et où. en même temps, l'épaisseur du sol détritique ou diluvien lui semblait la moins grande, puis il prescrivait en ce lieu l'exécution d'une tranchée perpendiculaire A la direction du thalweg du vallon et la construction d’un mur imperméable descendant A une profondeur qu’il déterminait A peu près. Enfin, pour couronner l'eeuvre, il annonçait qu’en plaçant im tube à travers ce mur il en sortirait une source grosse comme le petit doigt, le pouce ou l'avant-bras, suivant l'étendue du ba.ssin sur lequel il opérait.
C’est par une longue habitude que .M. Paramel est parvenu A apprécier rapidement, non-seulement h-s formes du sous-sol im|»erméablcet, jusqii'A un certain point, l’épaisseur des terrains modernes, alluviensou détritiques qui le recouvrent, mais encore par l'étendue des vallons, bassins nu dépn-ssions, la quantité d eau quon pouvait faire surgir sur un point choisi.
Pour un vallon secondaire creusé dans l’aftleurement de puissantes assises
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d'argile ou de marne, au-dessous des esrarpemenis abruptes qui dominent me Yslliie principale, les circonstances sont les niAmes ainsi que la méthode d'investigation; — seulement, dans ce m, l'épaiss<;ur des terrains d'éboulis oti d’anciims dépôts de moraines peut mettre le chercheur de sources en défaut; — «juehjuefois, au contraire, lorsqu’au-dessus des vailuns explorés, un [di des terrains supérieurs y verse des sources masquées sous les dépôts, le succès des recherches dépasse toute esp^irance.
On voit donc que guidé, comme il l'est en effet, par les considérations précédentes, M. l’ahbé Paraniel peut souvent réassir dans ses .recherches.
I> autres foi-s des dislocations inaperçues ou de grands éhoulements déplaçant les masses argileuses jettent l’abbé Paromel dans l’erreur. Il doit arriver encore qu’en 0()t‘raul sur un vallon dont le sous-sol n'est imperméable que sur une zone bornée par l’aflleurement d'une assis(( marneuse d’épaisseur médiocre, les indications portent en dehors de sa limite cachée par des dép<its superficiels. Les inU-resatis, du reste, ont souvent k s'imputer de leur côté la cause des uonsuccc's ; au lieu d’approfondir assez leurs tranohéeA et d'enraciner convenablement le mur dans le sous-sol imperméable, ils s'arrêtent avant le moment convenable, et en ne descendant pas assez les fondations du mur par une économie mal entendue, ils lais,sent échapper les eaux par-dessous sans les intercepter cl les recueillir.
Les recherches de M. l'abbé Paramcl sont donc exposi^es à bien des causes d’erreur qui peuvent tromper les prévisions ; toutefois, on comprend que les déceptions sont bcauixnip moins fréquentes dans des localités à sous-sol franchement massif, argileux, marneux, imperméable.
M. Parandier n'a point vu M. Paramel explorer le.s tiTrains massifs primordiaux ;mais, ainsi que cet ingénieur en chef me le fait observer, ces derniers sont généralement très-peu perméables: les sources y partent des sommets des montagnes à l'état de simples filets; elles y sont souvent masqué‘i>s par une certaina épaisseur d’arkose ou de roche décomposée <pii absorbe les eaux à la manière des terrains détritiques : on sait que cette décomposition se prt-senle dans les masses granitiqu)>s A base de feldspath. En conséqueni'e, h>s terrains primordiaux présentent, en ce qui concerne, l’existence et la marche des nappes souterraiiu-s, les mêmes propriétés générales que les formations A sou.s-sol argileux ou marneux, et lu inèiiie mode d'exploration peut encore leur être appliqué.