‹ Les Fontaines PubliquesChapitre 4 sur 211 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

^ y LHAIMTRE I.

"'^\.NC1E>NES KONTAINES.

Grégoire do Tours, dans son hisloin- dos Froiios, donne do Dijon la doscriplion suivante:

« C'est une place forte, dit-il, entourée d épaisses inurailles. Elle est bâtie au milieu d’une plaine riante dont les terres sont si fertiles et si productives que les champs, labourés une seule fois avant la semaille, se couvrent de riches moissons. Au midi, coule la rivière d'Oiiehe, qui est trés-ptiis-sonneuse; du nord vient une autre petite rivière(') (jui entnipar une des portes, passe: sous un pont, ressort par une autre porte et entoun: les remparts de son eau paisible (*); devant

(•) .Suzon.

(•) Les traducteurs de ÏHûtoirt Kclétiastique des Francs, MM. Guadel et Ta/.anue (1836), ont cru devoir substituer le mot rupida au mot placida qui se trouve daus te leste : le mol rapida convenant mieus, disent-ils, au régime du cours de Suzoo. Ces messieurs n'ont point remarqué que les eaux étaient retenues par des barrages dans les fossi'« de la ville, qu elles ilevaient «lonc

14 HISTOIRE DF*S FONTAIMES PllBLIQljES UE OIJON. — I" PARTIE,

cette derniiire porte, elle fait tournerdes moulins avec une merveilleuse rapidili^. Dijon a (piatre entrées louriu'>es vere les ipiatre parties du ciel; ses murs sont flanqués de trente-trois tours; jusqu’à vinjçl pi(als de hauteur, ils sont exécutés en pierre île taille, lr;s parties sujH'rieures sont eunstniites en moellons, ils ont en tout trente pieds de hauteur et <|uinz)^ [lieds d’épaisseur. Je ne sais pourquoi, ajoute-t-il, ce lieu no porte pas le nom de ville. Il y a dmis les environsdes sources jirccictises (']. Du cdté de l'oreideut .sont des montagnes très-fertiles, qui fournissent aux habitants un si noble falerne (|u’ils ne font aucun cas du vin d’.Vscalon. Les anciens disent qu<! Dijon fut bâti par l’empereur Ann-lien. »

t'irégoin* de Tours vint au inonde le dernier jour de novembre .">39; \ Histoire ecrlcsiasiiiiue des Francs est le dernier ouvrage (pi’il (composa; on voit tlonc (jue la description ci-<lessus se rapporte à l'état de Dijon vers la lin du sixième siècle.

Ainsi, A celte époque, il existait déjA des moulins sur le torrent deSuzou, dans l'enceinte de la ville. On rencontrait aux environs des sources précieuses, mais il paraît que l’on ne s'élait point encore occujié de les utiliser dans l'inti-rèt des habitants.

Franchissons maintenant rintervalle qui sépare la tin du sixième siècle de rannéc 1772, et nous trouverons, dans ralmanach de la province, un mémoire du père Chenevel dans lequel cet historien, après avoir parlé de 1a riviènd Ouclie et des ditTcrentes modifications que les magistrats de la ville avaient fait subir au cours de Suzon, aux abords et dans l’enceinte dr> Dijon, donne, au sujet des fontaines siluéi-s sur le territoire de celtia laimmuiie, les details qui vont suivre ;

«Indépendamment de ces deux rivièn's, Dijon possède encon- dans scs environs plusieurs fontaines dont quelques-unes, par la bonté de leurs eaux, soutiennent la réputation qu’elles avaient du tcnqis de Grégoire de Tours. » Douze cents ans aupaiwant.

Iz-s plus connues sont celles dites de Sainte-Anne, de r.hamji-lllaillot, de la Motte-Saint-Médard, de Raines et des t'.hartrenx. (elles des Chartreux sont au nombre de sept, dont les eaux, aprî-s avoir servi de lavoir aux gens de 1a ville.

ètro «n repos, et qu*ell(*s s'échappaient ensuite de ces biefo pour faire louraor, conlraireniefit aux lois de la mécanique, les uiuulius de la ville avec une uivrvuiUevsu raindilé.

<') Voit la note A.

rj|\PiTHK J. — ANQENNF-S KONTAINF.S.

IS

rorment bient/tl un étang uss«k étendu. fontaine de Rainea, voisine de eellesHà, s’approelmiil des murs de la ville, au pied d'une tour t|ui en porte le nom. se communique aux (juartiers des rues Sainl-Philila*rl et de Suiiit-Jeun, pour s<î jeter ensuite dans le Ut de .Suzon.sous It; pont Arnaud ; les eaux de cette fontaine, t^ue les plus anciennes chartes appelaient /'on* regiwf. et d autres /bus ranariow, passaient autrefois par le monastère de Saint-Ih'nigne <)u'elles arrosaient, et lorsqu'on en détourna le cours, en 13,5S, pour lui donner celui qu elles ont à présent, l'ubbaye de Saint-Benigiie en lit un de ses griefs contre les maire et éclievins, lors du démêlé qu'ils eurent ens<unl)lc, et qui fut terminé par une transaction homologuée au Parlement de Paris, le 1 1 juillet 13Kt5.

Les eaux de. ces différentes fontaines et de plusieurs autres qui se trouveid autourde Dijon formèrent ces belles fontaines, armées de bassins et de figures en relief, qu’on voyait autrefois sur les places de Sainte-Aune, de Saint-, Virliel et des Cordeliers. Les temps de calamité et de peste que l'on éprouva vers la fin du siècle dentier (dix-septième siècle) les firent négliger, et dès lors elles cessèrent: on a voulu les rétablir, nuiis les dé/tenses excessives qu’il aurait fallu faire pour en venir à bout mil forcé les magistrats de les supprimer, et de détruire ces précieux monuments, qui faisaient l’éloge de nos pères.

Ainsi, vers la fin du sixième siècle, il n’existait aucune fontaine à Dijon, et vers lu fin du dix-septième, a;llcs qui avaient été construites dans l'intervalle n'existaient plus.

11 m’a paru intéressant pour la ville de rechercher:

Quelles sources avaient été jadis amenées à Dijon pour le besoin de ses habitants;

Dans quels points de la ville elles versaient leurs eaux;

Quel était le débit de ces .sources;

Qtiels procédés on avait employés pour les conduire ;

Les documents n-latifs à lu dépense approximative que ces travaux avaient exigée ;

Les motifs qui avaient fora' les magistrats municipaux de renomx-r A eidr«‘tenir des ouvrages construits à grands frais pour l'alimentation de la ville.

Lu première délibération de la Chambre de la ville, relative à rétablissement de fontaines à Dijon, a été pris»; à la date du 29 novembre lliâ; il s agissait de foire arriver au Champ-Damas, dans l’emplacement ixxuipé aujourd hui par la

rue du Champ-<le-Murs, les sourecs dites de la RiboUée el des Lookères, qui surgissent pnS> Mnntmusard.

Os travaux nvunuit leur extVutioii ('). Ils se enmposaient d'uii eorps en bois d'une longueur de 5911 toises; les eaux, k leur arrivage, étaient reçues ilnns une auge en pierre d'Is-siir-Tille surmontée d un lion en pierre.

. .Mais ces ouvrages exigeaient de fréquentes réparations, principalement dans la partie, comprise entre la porte Saint-.\ieolas el le ('hamp-l)amas : les tuyaux, posés presqn'ù la surface du terrain, étaient disjoints, rompus à cliaque instant, el It.'s eaux se perdaient avant d'arriver au bassin.

.\ussi, le 11 juillet 1.51.5,1a Chambre de ville déliU'ra que la fontaine de Champ- Hamas serait reportér; vers la tour Saint-Nicolas, devant la maison des religieux de Konlenuy.

linlin, les réparations devenant trop onéreuses, malgré la modification précédente, le 21 août 1.531 la fontaine de la tour Saint-Nicolas fut définitivement supprimée.

ün voulut une dernière fois rétablir les conduits qui amenaient les sources.

L'n rapport fut adressé h cet efi’et, le 2.5 avri I I -513 è la Chambre de la ville : les maçons consultés déclarèrent ipi'il fallait remplacer les corps en bois par des corps en pierre d'Is-sur-Tille et éviter de se servir de la pierre de Dijon, qui gèle, ou d'.Vsnières, (jui tombe en poussière.

.Mais ce projet n'eut aucune suite.

I.es fontaines de Cliam|>-l)amas ou de la tour .Saint-Nicolas furent donc créées vers l’année 1 i 1.5 et détruites en 1 .531 ; leur dunh- a été de (]uatre-vingt-neuf ans.

(À* fut en 1.51)1 que la ville s’ot'cupa. pour la première fois, de la question de savoir s'il était possible de faire arriver sur la place Saint-Michel 1a fontaine de Chain|>- .Maillot.

f rente années s'écoulèrent avant que l'on doniiût suite à ce projet, et le 28 août 1.531 la ville ayant pris une résolution définitive, le marché fut passé le 31 août avec le sieur Jehaunot Collin, fonluinier.

Il était tenu de faire- un bassin autour de la source; de creuser les fossés pour enfiîrrer les tuyaux; de les percer el de les poser; de les fixer les uns aux autri's {lar des tendes tm fer.

t') '' oir, aolp. B. le leilc du marché lrès-<;uricuv passé à ce sujet avec un charpentier de Talant.

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