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M. le (loelcur Jules Tessier-Uolaiid, bien ooimu par les travaux reeonimandabbîs qu'il a publiés à l'occasion de la Rrande question d»'s fontaines de Nîmes, sexprime ainsi sur la belle source de celle ville :
« En 1S22, une sécheresse extraordinaire ul'lligea une partie de l'Europe et le midi de la France en particulier. Dans ces fûchcuses conjoncture.s, l'autorité sujx'rieure crut qu'il serait utile de connaîtn^ le minimum d'eau que la source de Nîmes fournissait et elle chargea de cette «Hude une Commission spéciale.
« Le 9 .septembre 1822. .son débit fut trouvé égal i\ .'>88 litres par minute au niveau le plus élevé que les eaux puissent atteindre pendant leuréliage extrême. La Commission jiensa ensuite qu’il s<;rait inlércs.sanl de connaître le produit (|uc l'on obtiendrait en dérivant les eaux au point le plus bas possible : elle ne doutait pas que ce produit ne fût considérable. Pour que le service public ne fût pas interrompu, malgrt- rabaissement qu’on allait produire, il fallut prendre certaines dispositions qui ne furent terminées que le 17 septembre, et, malheureusement, il était tombé le 15 vingt-cinq millimètres de pluie qui avaient dé avoir de l'intlueuce .sur la source.
« r>e 17 au matin elle paraissait revenue à son état pn'‘ccdent; cependant, pour donner plus d'exactitude au rapport cherché entre les fournitures mesurées A deux niveaux dilférenl-s, la Commission voulut répéter l'cxpérienef' de l'eau pri.se au-dessus de la digue et la rapprocher autant ejue possible de celle qu elle allait tenter sur l'eau prise en des.sous.
« Elle jaugea donc de nouveau, le 17, à neuf heures du malin, les eaux qui s’épanchaient de la brf’che du déîvcrsoir, et, toutes pertes comprises comme la première fois, elle obtint 783 litres IJ7 centilitres, ou 58 pouces 7!>', pour le produit total, qui avait ainsi notablement augmenté sous l'influence de la pluie depuis le jaugeage du t) du môme mois. *
« Aprèseetleépreuve, les vannes furent ouvertes, tes eaux s'abaisst’renl graduellem<*nl, mais avec bien plus de lenteur que ne l'exigeait l'étendue de la surface du bassin, ce qui dénoterait qu'il existe sous les roches des réservoirs invisibles ÜS.SC7, considérables (*). La Commission avait cru pouvoir exécuter le même jour son mesurage à niveau inférieur; mais, A la nuit, les eaux sortaient encore avec trop d'abondance et elle remit son opération au surlendemain, 19 sep-
(') Celle conjecture a clé confinneo par Ic-s recherches périlleuses tlo ,M . le capitaine DernarJ.
mSTOlUF, Dhïi lONTAINES HUIILIQIES DE DIJON. — !'• l’AUTIE.
trmbrp. Los mesures prises au niveau du pavé des bains, c est-à-dire h 1” 30 plus bas que les |)reniiéres, donnèrent un produit de 1.110'“ 20' par minute, ou 83 pouces 27 de fontainier, sans déi>crdili(in à ajouter.
« Voilé tlone- ipi'un abaissement de 1"30, dans le point de dérivation des eaux, augmente bmr produit de pn'-s de moitié, c'est-à-dire 21'' 18' sur .IS'' 70'.
« Il est bon de remarquer que le niveau de la fontaine à cette époque, ainsi que dans les temps de grande sécheresse, m; peut point dépns.se,r ou ne dépasse que de 2 ou 3 centimètres le niveau qui permettait d'obtenir 783'“- 07.
« On peut croire, dit .M. Tessier, ipie ce pliéiiomène tient ù ce que les déja-rditions qui se font à cette hauteur, à travers les murs ou les roches du creux de la fontaine, équivalent à .son produit; les commissaires trouvent plus raisonnable de penser que c'est la ligne de surface liquide des réservoir intérieurs i leur étiage. »
M. Tessier combat cette opinion ; « (jui nous dit, ajoute-t-il, qu'à la hauteur que l’eau refuse de dt'-passer il n’y a pas de fissures telles qu’elles absorbent le produit peu abondant d’un étiage extrême? On observe des fuites au travers de la digue romaine, pourquoi n'y en aurait-il pas au travers du rocher ? »
M. Tessier me parait avoir parfaitement raison et l'assertion des commissaires .semble inadmissible. Lu eÜ’et, en supposant, ainsi qu'ils le pré-tendent, que 1a source soit alimentét! par un vaste réservoir à niveau fixe, il faudrait pour que les deux écoulements de 78l'“- et I,lll"‘- par minute, ou 13 et l'J litres par seconde pussent coexister sous l'influence de la pression qu'il exerce; il faudrait, dis-je, conformément aux principes précédents, que tes équations suivantes, dans lesquelles x exprime ta charge inconnue en vertu de laquelle s'opère l'écoulement de 13 litres pur seconde, fussent simultanément satisfaites :
d'où d'oi'i
(') K est un coefficient analojuie à celui dont l'expression a été donnée pages 144 ot 145; ici n'ulement les conduits no sont iKiinl circulaires : leur forme c-sl absolument ignorée, mais les
K.ya;=13''‘- (’), Kl^x-f-l'“30=19i“-;
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cnAPiTRE III. — pwrrs artmiens.
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Ainsi le niveau du réservoir intérieur serait, e« •iiipposanl un réservoir « uireiiH constant, i\ 1” 15 + l" dû, ou â" 15 au-dessus du pavé des bains, ou à 1 " 15 au-dessus du niveau que les eoimiiissaires lui assifrneiit. Mais indépeiulaniiiieiit de ce calcul, iluquel ou p«'ul induire que la source de Mmes nVst point Ibiiriiie par un bassin dont le niveau fixe serait de 1" .‘10 environ au-dessus du pavé des bains, il paraît certain, comme ou va le voir, (|iic cette source est alimentée par un canal souterrain dont l'enveloppe fracturée lui a donné naissance, et di-s lors, d'après la théorie que j’ai essayée sur les puits artésiens, la bailleur piézométriipie i\ laquelle si's divers débits sont dus, au lieu d'ôlre constante, doit diminuer avec l'augmentation de son volume, cette nugmeiitalion aex-roissant les frottements dans les conduits souterrains.
Voici comment M. Arago établit que 1a fontaine de IS'îmes doit sa naissanw à un cours d'eau souterrain :
« .S’il paraissait nécessaire d'ajouter encore quelque chose aux preuves ipie je viens de donner de l'existence de rivières souterraines rapides dans des terrains oii, naguère, on était certainement loin de les soupçonner, les phénomènes de la célèbre fontaine de Kîmes mériteraient d'étre* cités.
a Dans les grandes sécheres.ses, le produit de cette fontaine se réduit quelquefois à l,;i30 litres par minute; mais qu'il pleuve fortement dans le nordouest de 1a ville, jusqu ù 10 à 1,200 mètres de distance, et très-promptcnwiu, d'après ce que M. Valz m'écrit, une crue de lu fontaine se manifeste et à son faible débit de l,:i.‘10 litres par minute en succède un de 10,000 litres, et, malgré csïlle énorme augmentation de vedume, la température de l’eau ne varie presque pas.
« En résumé, il pleut seulement au loin dans la direction du nord-ouest, et la fontaine de IS’îmcs augmente; ainsi son eau vient de loin, par de longs canaux, ce que confirme d'ailleurs la constance de sa température dans les crues les plus fortes et les plus subites. La crue succède ù la pluie à de courts intervalles ;
Cquatioas ci-dc.ssus sont vraies, quelle que soitcctlo forme. Un peut donc, au mojen de quelques expériences, les appliquer aux sources nalurclles, comme jo les ai appliquées aux puiU artésiens dont les rayons du tubage variaient suivant des lois inconnues. Avec un Iruisiémo jaugeage on aurait pu reconnaître si les charges génératrices de ces débits successils partaient ou non d'un niveau fixe.
184 HlSlX)niE PES FONTAIMLS PÜBUQÜES DE DIJON. — I" PARTIE.
ainsi l'eau a framiii rapidement de frrand.s espaces, ce (pii nesl nullement le caracItTc d'uni' llltrution, nuelquc perméabiliUl qu'on voiildt d'ailleurs atlribuer au terrain. La l'ontaine de Nîmes est doue alimentée par une ou plusieurs fontaines souterraines. »
Je bornerai iei mes explications sur l’avantage que présente l'abaissement du niveau des sources et je passerai à la seconde partie de cet ouvrage, relative à la description détaillée des travaux exécutés pour la fourniture d'eau de Dijon.