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CHAPITRE I. — ANCIENNES FONTAINES

Moyennant cette somme, il devait fournir les bois destinés ü la fabru-ation des eorjis. les entourer de et'irles en fer, les forer, exéeuter le bassin suivant lin modèle convenu.

L» C.hainbre adopta cette proposition; elle noninia, le 2tl octobre suivant, une C.ommission chargée de s'entendre avec l’artiste qui devait exécuter une statue de Jupiter et un aigle destinés à être (ilacés, comme décoration, sur le piédestal de la fontaine.

I,e ii mai i()20, la Chambre de ville délibéra en outre que les tuyaux de conduite seraient prolongés jusqu’à la rue au-dessous du grand bourg (place Sainl-tieorges), pour y créer une sei'onde fontaine.

Enfin, le 20 juillet même année, il fut statué ipie les cor|is recevraient un prolongement nouveau qui permît d’éhiblir une troisième fontaine sur la place des Cordeliers.

Il paraît que l’on renonça au projet de décorer par un Jupiter accompagné de ion aigle la fontaine de la Sainte-Chapelle, car on voit que, le 12 mars 1721, une discussion eut lieu entre la ville et le sieur Mauriw Baron , fondeur.

Ce dernier s’engageait à fondre, et sans fournir la matière, un Hcnmle gaulois que l’on devait élever sur la fontaine de la Sainte-CJiajielle.

Il demandait ôtKI francs; la ville n’en octroyant que 100, le. maix^hé ne put avoir lieu.

Il fut repris et suivi d'exécution dans la mémo année.

La ville fit mettre en pièces deux canons pour cet usage; le modèle, créii par Barthélemy Philippeau, fut payé 190 francs et le fondeur reçut l.'iO francs.

La longueur du conduit qui amenait les eaux de la source de Montmiisard au bassin de la Sainte-Chapelle était de 772 toises.

ra*liii <pii réunissait la place de la Sainte-Chapelle à la place du bas du bourg oITrail un développement de 20i toises.

de Dijon , et près desquelles s'ébaltail dans un largo bassin le marsouin de madame ta duehesse , que son mari lui avait envoyé de Flandres, il y en avait encore deux autres publiques, les unes dites de Saint-Philibert, situées rue de Cluny (aujourd'hui rue t'.azoUe) .sur le cours du ruisseau de Haines, elles secondes rue du Marché-aux-Porcs (rue Verrerie), alimentées par la fontaiue du Uiamp-Daraas (délibération des 11 janvier 1.744 et 19 août t54B). Le 8 juillet Idlfi, la ville avait aehelé d’CMo Oouhay, nioyeniiaril AOl) hvres, un bâtiment au-stessus de, la nie des Petils- Oharops, pour y établir déjà des étuves.

50 HISTOIRE DES ÏX)>TA1NES PI BLini'ES DE DIJON. — 1~ PARTIE.

Enfin, la longueur comprise entre ceUc dernière et celle de la place des Cordeliers était de 7 1 loist‘s.

J'ai parlé de la décoration de la fontaint; de la place de la Sainte-Chapelle.

Les fonlaines des places Sainl-Ceorges et des Cordeliers se composaient de deux bassins d'un diamètre intérieur de 8 pieds, offrant dans leur partie supérieure une moulure renversée. Ces bassins étaient surmontés de {)iédeslau,\ (|ui supportaient les armes du duc de Ibdlegarde, gouverneur de la province, du marquis de Mirebeau et de la ville.

On voit, par une déliWration du 27 août 1624, que les fontaines du bourg et de la place des Cctrtleliers ne coulaient plus depuis longtemps, et que ce fait était attribué à la négligenw des fontainiers.

la- 17 octobre 162.5, il y eut. même, prise de corps contre le fontainier Girardin à cause de .son incurie.

Enfin, le 18 août 1628, on se lassa de poursuivre des fontainiers fort innocents, je crois, du mal (|u'on leur imputait et l’on mit en vente les bassins di»s fontaines du bourg et des Cordeliers; les matériau.\ de cette dernière furent définitivement abandonnés, le 7 avril 16.34, aux Minimes de Notre-Dame-del’Étang pour la décoration de leur fontaine.

La fontaine de la Sainte-Chapelle dura quelques annéi-s de plus; elle fut définitivement détruite le 10 février 1640. Quant à la statue de l'Hennde, on offrit à M. de Commarin de l'acheter; mais il paraît qu'elle devint la propriété de M. le prince de Coudé, qui la fit transjmrter à Chantilly.

bi fontaine de la Sainte-Chapelle, créée eu 1619, fut donc détruite en 1640; elle dura environ vingt ans.

Ca-IU-s du bourg et de la place des Cordeliers ayant été démolies en 1628 ne servirent aux habitants que (M-ndant neuf ans.

En 1619, on eut encore le projet de doter la place Saint-Jean d'une fontaine; le modèle du bassin et du piédestal fut soumis à la Chambre de la ville , mais ce projet ne reçut aucune suite.

On s’aperçut probablement que la différence de niveau ne permettait d'y conduire aucune source. On avait pensé, je suppose, aux sources de Raines ou des Chartreux.

En résumé, il a existé successivement et à des époques comprises entre l’année 1445 et 1640, six fontaines publiques à Dijon :

mAPITRE I. — ANCmNNES fWTAINES

l* Vers la tour Saint-Nicolas;

2” Au Chainp-Dama» (ou rue du Champ-de-Mars);

3° Sur la place Sainl-Mich(‘l;

4* Sur lu plaee de la SainUMlhapelle (Saiiil-Klienne);

5° Au bas du grand bourg (place Saint-Georges);

6° Sur la place des Cordeliers.

Les deux premières étaient alimentées par la Ibiilaine de la Ribotlée, acluellemenl Boudronnée, située près des bâtiments recouvrant les caves de M. Hingat, brasseur.

Sur le bassin de cette source, (ju<! l'on avait eiivirouiié d nue enceinte en maçonnerie, on éleva un petit bâtiment (pti ne permettait pas d’en altérer les eaux.

Üaiis ce bassin on fil descmidre la fontaine des Lochères, que l’on trouve près du mur de Monlmusard, fMTf)cndiculaire â la roule de Gray, ainsi qu une source dite de Saint-Apollinaire et qui prend naissance à environ lüO mètres au nord de la route de Gray.

On avait également recueilli quelques suintements, le long de la route de •Saint-Apollinaire, pour les faire arriver au bassin de la fontaine de la Ribotlée.

La fontaine de la place Saint-Michel recevait les eaux de la source de Champ- Maillot , actuellcmeul appelée fontaine des Suisses (').

Elle fut recouverte d'une voûte et circonscrite dans un bassin en pierre.

On introduisit encore dans ce bassin une petite source qui prenait naissance à quelques toises et celle dite du chemin de Quetigny.

El comme les vignerons se plaignaient de la privation d eau, on répara pour leur usage une petite fontaine qui se trouvait près de la maison du conseiller fierbis.

Les trois dernières fontaines étaietit alimentées par la source de Monlmusard, à laquelli- on réunit celles des Lochères et de Saint-Apollinaire qui étaient restées sans usage depuis la destruction des fontaines de Saint-Nicolas et de Champ-Damas.

Quel était le débit de ces sources?

Il devait être bien faible si l’on en juge par le soin ejue l’on prenait de réunir

{') C'est sur le plateau oü elle prend naissance quo s'établirent les trente mille Snisses qui. sous les ordres de Jacques de Watteville. assiégèrent Dijon du 8 an 13 septembre 1513.

as HISTOIRE DES FONTAINES FUHUQIIES DE DIJON. — I" PARTIE.

aux fonlaines principales tous les petits .suintements que l'on pouvait rencontrer dans leurs environs.

Cette conclusion doit encore être tirée du petit diamètre donné aux corps qui les conduisaient à Dijon : ce diamètre était évidemment calculé de manière à amcuer au moins tout le volume (pi'elles pouvaient produire dans les temps de sécheresse. Or, le tuyau placé entre la source de la Boudronnée et la place de Champ-Damas n’avait qu’mi diamètro intérieur de 2 pouces, ou fl’ ,054.

lùi effet, j’ai retrouvé un marché passé le 5 octobre 15tH entre la ville et Philibert de Froé, maître des œuvres de charpenterie du roi en Bourgogne.

Philibert de Froé s'engageait, moyennant 21 gros par Iflfl pieds de corps de bois de verne ou de chêne :

1° A les forer suivant un perluis de 2 pouces de diamètre, les morceaux ayant au moins I» è 7 pieds de longueur;

2" A les asseoir sur des traverses de 3 pieds de longueur, rondes dessus, plates dessous, pour 1a stabilité:

3“ A les réunir par des frottes en fer placées à chaque assemblage.

Ia's fournitures devaient être faites par la ville.

Comme ce marché fut passé en 1.501 et <ju’il avait pour but l’entière nffwtion des conduits <pii, à cette époque, n’amenaient plus d'eau à la place de Champ-Damas, on voit que leur diamètre avait dé être calculé d'après l'expérience actjui.se.

Il est donc permis de supposer que ce calibre était sufli.sant; voyons ce qu'il pouvait amener A la ville.

La source de la Boudroiméa; est à .5“, 040 au-<lcssus du trottoir de. la borne.

à l’angle des nies Verrerie et Champ-de-.'Iars, ci 5“,040

A déduire pour la hauteur à laquelle jaillissaient les eaux . . 1“,000

Reste pour la charge 4”,010

la longueur étant de fiOt» toises 7 pieds 1/2 ou 1 4.5ü'",00, on a pour la pente par inèln* ir,0027.

Ur, le débit en litres jtar seconde est donné par la formule

dans laquelle B exprime le rayon et i la js.-nte.

(') Voir la valeur de 6, dans la Ut* Partie.

OUPITRE I. — ANQRNHES FONTAINES.

On aura danc pour lu débit, loules substitutions faites, (>“‘,7.

Nais la formule précédente a été calculée j)our des tuyaux eu fonte parfaitement calibrés: je me tiendrai donc évidemment au-dessus de la vérité en dinûnuant de moitié le débit précédent, qui doit s’op»irer par des tuyaux en Itois mal forés et mal joints.

fl viendra définitivement, pour le maximum d’eau que la fontaine de ( liami)- Danias donnait aux linbitnnts, 21 litn;s par minute.

'' Faisons le même calcul pour la fontaine de la place. Sainl-Mieliel et pour celles de la Sainle-€lmpelle.

Nous supposerons que les conduits étaient de même iliamélre, ce qui est fort yirobnblo, puisque les sources qui les aliinentaieiil u’élaieul pas plus abondantes que les précédentes.

La source de la fontaine des Suisses est à fl",01 au-di*ssus de la place Saint-

Michel, près du piédi-stal du puits artésien, ci

A déduire, pour la hauteur A laquelle jaillissaient les eaux. . . . l”,(»ü Reste pour la charge 7", 41

La longueur du conduit étant de 3,781 pieds, ou 1330" ,00, on a pour la pente par mètre 0",0055 : et pour le débit 1 litre, (pie je réduis à 0'“ ..'iO, ou 30 litres par minute.

La source de la fontaine de Montmusard est à 3",824 au-dessus du trottoir de la borne-fontaine de la salle de spectacle, ci. 3“,821

A déduire pour la hauteur à laquelle jaillissaient les eaux. . . 1",000

Reste pour la charge 2", 224

La longueur du conduit étant de 5,790 pieds, ou l,880“,fM)0, on a pour la pente, par mètre, 0",00118; on aura donc pour le débit 0“'' que je réduis 4 ü'“-,25, ou 15 litres par minute.

Il ré.sullc des calculs précédents qu’en supposant que le débit des fontaines de la Boudronnéc;, de Saint-Apollinaire, des Lochères, des Suisses et de Montmusard fût tel quelles pussent livrer au tuyau tout h; volume que sou diamètre permettait de porter à Dijon, cette ville recevait : 1° aux fontaines de Oiamp-Damas et de Saint-Nicolas, 21 litres par minute; 2“ à la fontaine de la place Saint- Michel, 30 litres par minute; 3* aux fontaines de la Sainte-f.lmpelle, de la place Saint-Georges et de la jilacc des Cordeliers, 15 litres par minute.

Mais il faut remarquer: que la fontaine de Cbamp - Damas et celle de Saint-Nicolas, créées en H45, avaient cessé d'exister en 1531; que la fontaine de Saint-Michel, créée en 1531, fut détniite en 1630; que celles de la Sainte- Chapelle, de la place Saint-Ccorgeset de la plact' des Cordeliers, construites en lOl'J, furent démolies en 1010.

Ainsi : 1* de 1115 i\ 1531, le débit maximum des eaux de sources qui arrivaient à Dijon était de 21 litres par minute (fontaine Saint-Nicolas); 2* de 1531 é 1019, le débit inaximuin est de 30 litres par minute (place Saint-Michel); 3" de 1019 à 1030, 30 litres par minute (place Saint-Michel); 15 litres par minute (places de la .Sainte-Chapelle, SainWleorges et des Cordeliers); 1' de 1030 à 1010, 15 litres [wr minute (places de la Sainltî-Chapelle. Saint-Georges et des Cordtdiers).

■Mais ces quantités sont des limites que l'on devait bien rarement atteindre, et, sans aucun doute, les fontaines devaient être presque entièrement taries lorsque les mois d'août et de septembre arrivaient.

l'ai fait procéder, le 11 septembre 18 10, au jaugeage, de toutes les sources dont il vient d'étn? parlé, et j'ai reconnu que:

1" Les sources de Saint-Apollinaire, des Lochères et de Montmusard étaient entièrement à sec;

2“ La fontaine de la Boudronnée et celle des .Suisses coulaient encore ;

Iji première prodiii.sait par minute 2'“’,50

Lu deuxième — — 0 ,20

folal 2'i>-,70

Iaî volume minimum des eaux arrivant aujourd bui à Dijon est, par minute, d'environ 1,000'''-, (Ml.

Je ferai remarquer, en terminant ce, chapitre, que les évaluations relatées dans les marchés qui y sont rapportés ne présenteraient que peu d'intérêt, si l'on n avait pas les moyens de trouver i\ |X!U près le rapport existant entre la valeur <l<! l'argent dans les siècles passés et dans le temps actuel.

O'ite valeur, en elTet, a singulièrement diminué; il en résulte qu'une somme, considérée isolément, ne peut donner aucune idée du prix actuel des choses quelle était destinée è acquérir, si on ne la multiplie par un coefficient déjMmdant de l'épo<pie à laquelle elle était comptée.

Ln roi puissant. Edouard III, dit M. Michel Chevalier, dans son Traité de»

CHAPJTRE I. — ANCIENNES FONTAINES.

monnaies, servait à sa fille, en la mariant, une rente de 2,700 francs. Vers 1e même temps, suint Louis donnait lu sienne au roi de Gislille avec une dot en capital de 6,000 livres, représentant poids pour poids 1H,000 francs environ.

Est-ce à dire que Ips dots des filles de rois n’étaient pas supérieures aux dots ordinaires de notre temps dans les familles aLsées?

Non, mais cela signifie que lu valeur de l’argeul a eonsidératilemenl diminué de nos jours.

Or, M. Michel Chevalier u eu l’extrême ohligeniur, et je ne pouvais m adresser à un homme plus eomp)''tent, de m'indi<pier la déeroissaiiœ de lu valeur de l'argent pour les siècles uux(|uels se rapportent les marchés ruj)pelés dans ce chapitre.

La valeur de l'argent, comparée à celle du hié prise pour type et considérée, ainsi qu'on le fuit souvent, comme une mesure fixe ou la moins variable (ü la condition de prendre une moyoïiiie d'une série d'années à chaque fols), lu valeur de l'argent, rapportée à celle du blé, jieut s'estimer ainsi qu'il suit, pour les époques dont il a été qm^stion :

.4n 1 L'y), 1 1 grammes <)’argent lin pour I hectolitre de blé.

Id.

Id.

Id.

Id.

Id.

Id.

Depuis 1800 jus({u à nos jours, le prix de 1 lu'ctolilre est de !)0 grammes d argimt Un.

Nous appliquerons ces donmVs dans la note B ndativc au marché pas.sé en

On voit, au reste, qu'il n'-sulte de la série précédente, qu'un revenu de 10,000 francs en 1150 équivaut é un revenu de 14,516 francs en 1550; à un revenu de 40,009 francs en 16.50; A un revenu de 13,636 francs eu 1750; à un revenu de 81,818 francs aujourd'hui.

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