XII. —Conclusion
Il nous faut donc renoncer, et définitivement, nos plus chères erreurs, en liquidant les partis — tous les partis sans exception — qui les exploitent.
Leur vocabulaire n'a pas de signification
252 LE NOMBRE ET l'oPINION PUBLIQUE
positive. Il n'y a qu'une volonté sociale : c'est l'ordre. Il n'y a qu'une aspiration : c'est le progrès. Et il n'y a de liberté, de prospérité, de concorde, de progrès que dans l'ordre. S'il a fallu^ parfois, le despotisme pour le maintenir, ce ne fut que pour un temps; car l'ordre est éducateur. L'anarchie, au contraire, est tyrannique avec frénésie, de plus en plus, et jusqu'à la subversion totale de toute socialité.
Auguste Comte, l'immortel fondateur de la sociologie, a déterminé les conditions statiques et cinématiques auxquelles les Etats ne se soustraient que pour se désagréger. Il n'y a qu'à s'y reporter.
— La politique ne doit plus être de l'éloquence et de la brigue, mais un art guidé par une science, la sociologie; l'administration et le gouvernement, une curée ou un (( droit » pour tous d'y participer, mais une fonction et un devoir pour qui en assume la charge. Science des plus ardues, art des plus difficiles, et qui ne seront jamais accessibles
l'opinion publique 253
qu'à ceux qui, ayant la vocation, s'y sont préparés laborieusement.
— Le suffrage universel est une mystification aussi oppressive qu'anarchique.
— Les désirs ne sont pas des opinions. Les désirs du plus grand nombre, même formulés dans les lois, ne modifient en rien le cours naturel des phénomènes sociaux.
— La représentation des intérêts particuliers — aussi parfaite qu'on la suppose — ne peut constituer l'organe essentiel de Tmtérêt public : un gouvernement.
— Une direction quelconque ne saurait procéder de plusieurs chefs, encore moins d'une assemblée délibérante. La décision provient toujours d'une tête.
— L'origine et la distribution des pouvoirs sociaux importent bien moins que de régler ces pouvoirs et d'assurer leur utile exercice.
— Les questions de personnes sont négligeables. Il n'y a pas de parfait fonctionnaire. II n'y a que des institutions qui favorisent le
pire en l'empirant ou qui sont propices au meilleur en l'améliorant.
— 11 ne peut subsister de société sans gouvernement. Le meilleur est celui qui remplit le mieux sa fonction. Plus celle-ci apparaît complexe, plus les conditions d'indépendance, d'unité et de pérennité s'imposent rigoureusement.
— Continuité pour prévoir, unité pour décider et pourvoir, indépendance pour retenir, propulser et contenir. Et donc pour le temporel, monocralie ; mais contenue, stimulée, conseillée, sanctionnée, réglée enfin par une puissante démocratie spirituelle.
Pages Avant-Propos i
Le Suffrage universel.
I. Le principe de la guerre civile — IL La souveraineté du peuple. — IIL Mystification oppressive. — IV. Les partis. — V. Le meilleur choix. — VI. L'élection donne le pire.
— VII. Du pain et des jeux. — VIII. Les intérêts particuliers coalisés contre l'intérêt général. — IX. Indépendance et concours.
— X. De la vertu comme principe de gouvernement. — XI. L'appel des passions par
les erreurs. 1
Le Gouvernement.
I. Le nombre dans la guerre. — IL Du meilleur gouvernement. — IIL Les dangers de Tinstabilité. — IV. Les lois de la physique so-
ciale. — y. Confusion du temporel et du spirituel. — VI. Les jacobins — VII. Inflation budgétaire. — VIII. Pléthore légale. — IX. L'étatisme 46
L'Administration.
I. Incompétence. — II. Inertie agitée. — III. Bureaucratie. — IV. Le gâchis. — V. L'administration subordonnée à la politiquerie.
jj
Législatif et exécutif.
I. Légistes et anarchistes. — II. La législation contre les institutions. — III. Le moyen pris pour la fin. — IV. La présidence. — V. Hérédité sociocratique. — VI. Tyrannie par en bas. — VII. « Chacun son pape, chacun son empereur». — VIII. La peste 92
Le Parlement.
I. Le contrôle parlementaire. — II. Le Parlement et la finance. — III. Le congiaire. — IV. Sinistre incurie. — V. Impuissance délibérante. — VI. Nos fautes. — VII. Les morts sauvent les vivants 119
La Démagogie.
I. Socialisme électoral. — II. Mortelle surenchère. — III. Les serviteurs de l'ennemi. — IV. Félonie politicienne. — y. Quand la France se reprend. — V'I. Réaction vitale. Vil. Ignominie électorale. — VIII. Le péril politicien. — IX. Pour que la France vive. — X. Le remède est surtout moral. . 144
La Presse.
I. L'anarchie n'a que deux moyens : corrompre ou terroriser. — II. La presse vénale. — III. La presse esclave. — IV. La presse complice. — V. Puffisme de presse. — VI. La presse à la solde de l'étranger. — VII. Jusqu'à la trahison. — VIII. La presse d'affaires, danger national. — IX, La vraie liberté de la presse 182
L'Opinion publique.
I. Filles de lettres. — II. Dictature spirituelle. — III. La leçon de la victoire. — IV. Commander ou obéir pour servir. — V. Fonction
sociale du nombre. — VI. L'organe de la démocratie vivante. — VII. L'inapte pédantocratie. — VIII. Insuffisance de la contrainte. • — IX. Puissance de l'opinion publique. — X. Ranimer l'esprit social. — XI. Les forces sociales disciplinées par les forces morales. — XII. Conclusion
ACEEVÉ D'IMPRIMER le dix-huit août mil neuf cent dix-neuf